23 & 24 juillet à Sète

Ce week-end, je serai au Festival Voix vives à Sète, en compagnie des éditions la Boucherie littéraire. Retrouvez-moi sur La place du livre :

SAMEDI 23 JUILLET
11h : invité avec Hélène Dassavray et Patrick Dubost à un entretien animé par Michel Baglin autour des éditions la Boucherie littéraire. Je donnerai une lecture.
18h-19h : Rencontre-signature sur le stand de la Boucherie littéraire.

DIMANCHE 24 JUILLET
11h-12h : Rencontre-signature sur le stand de la Boucherie littéraire.

 

San Pellegrino

en cette matinée en flammes
j’ai baissé les volets
fermé les fenêtres
me suis séparé du dehors
je ne souhaite rentrer dans rien
et rien ne doit rentrer en moi
à part le son du ventilateur
et ma San Pellegrino

_ _

19/07/2016

Realpoetik N°6

Capture

Je crois que je viens de franchir le « next step ». Je goutte comme un robinet qui a mal tourné depuis que je sais que je suis publié dans le dernier Realpoetik, n°6 à lire sur http://www.realpoetik.fr/

Capture

Avec en Realpoesi Perrin Langda qui vous raconte la vie de manière exhaustive, Emanuel Campo qui cachetonne comme figurant, puis en Reproduction Mr Heim qui refait Oui-Oui, puis en Masse Critique François-Xavier Farine qui déclare sa flamme au peintre David Hockney et Laurent Bouisset qui refait le Centre International de Poésie de Marseille à coups de rouleau compresseur.

La chose est illustrée par Sara Laè, c’est pour ça que c’est beau.

J’y ai lu entre autres un poème de Perrin Langda que je lui envie. Très fier de figurer dans ce numéro. Merci aux tôliers Sammy Sapin et Grégoire Damon.

Violon’ Fridge Performance par Ilimitrof CPG

Cette année, j’ai intégré la compagnie Ilimitrof CPG en tant qu’auteur et comédien. Retrouvez-nous ce week-end à Lyon les 8, 9 & 10 juillet 2016 pour notre création Violon’ Fridge Performance :
Spectacle pour 3 frigos à géométrie mobile + violon & dispositif electro
Performance sonore pour l’espace public

Un spectacle au croisement des corps, des voix et des textes dans un aller-retour permanent entre intérieur(s) et extérieur(s) ; des univers hybrides et libres ; une juxtaposition de situations décalées, composites -in et off- suggérées par le public qui découvre et choisi le fil d’Ariane des traversées possibles.

Vendredi 8 juillet – Place Colbert / Lyon 1er / 18 h & 20 h / Gratuit
Samedi 9 juillet – Parc Roquette / Lyon 9ème / 18 h & 20 h / Gratuit
Dimanche 10 juillet – Parc Popy / Lyon 4ème / 18 h & 20 h / Gratuit

Direction artistique, conception dramaturgique, mise en scène et en actes : Bertrand Dessane
Conception et scénographie, régie : Némo
Création musicale et interprétation musicale : Pierrem Thinet
Écriture et jeu :  Emanuel Campo
Création chorégraphique : Anita Mauro
Interprétation : Annette Labry
Développement plate-forme SMS : Loïs Drouglazet
Relation publique & communication : Manuèle Berry

Production, diffusion : Yizhuo Lun, Kévin Savary
Site de la compagnie : www.ilimitrofcpg.net
https://www.facebook.com/ilimitrof.cpg.violonfridgeperformance/

 

ILIMITROF CPG
Un groupe d’artistes, danseurs, comédiens, auteurs, plasticiens, performers, musiciens et vidéastes, tous animés par le désir d’exploration au-delà des frontières, qu’elles soient physiques ou intérieures, intimes ou géographiques, sociales ou culturelles et qui travaillent dans une convergence de préoccupations sociales, politiques et humaines…

Au sommaire du Microbe n°96

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Je n’avais pas publié en revue depuis l’année dernière. C’est désormais chose faîte car je suis au sommaire du nouveau Microbe, revue belge pilotée par Eric Dejeager et Paul Guiot. Ce numéro a été confié à Antoine Gallardo, l’éditeur de la Boucherie littéraire, qui m’a invité à y participer. Au sommaire : Jean Azarel, Brigitte Baumié, Boris Crack, Sadou Czapka, Tarek Essaker, Robin Decourcy, Mireille Disdero, Estelle Dumortier, Alain Fisette, François-Xavier Farine, Frédérick Gambin, Armand Le Poête, Cédric Lerible, Lionel Lathuille, Natyot, Claire Rengade et moi-même.
Photos : Antoine LnP

Pour commander ou vous abonner, c’est sur le blog d’Eric ou par son mail : ericdejaeger@yahoo.fr

07/07 à la librairie Vivement Dimanche, Lyon 4

En écho à la création « Violon’ Fridge Performance » (8, 9 et 10 juillet à Lyon) à laquelle je participe en tant qu’auteur et comédien au sein de Ilimitrof CPG, je donnerai une lecture de mon recueil Maison. Poésies domestiques (éditions la Boucherie littéraire) jeudi 7 juillet à 19h à la librairie Vivement Dimanche (4 Rue du Chariot d’Or, 69004 Lyon). Inscription demandée à l’adresse contact[@]vivementdimanche.com

Le site de la librairie Vivement Dimanche.
Le site de la compagnie Ilimitrof que j’ai intégrée cette année.
La page Facebook de la création Violon’ Fridge Performance.

Critique de « Maison. Poésies domestiques » dans Texture

Nouvelle critique en ligne de mon recueil paru à la Boucherie Littéraire. Merci à son auteur Michel Baglin qui anime la revue Texture.

Premier recueil de son auteur, ce deuxième titre de la collection Sur le billot de la toute jeune maison d’édition La Boucherie littéraire (voir ci-dessus) sait manier la dérision et l’autodérision : « Tu me dis que tu aimes bien la poésie. / En particulier ces courts poèmes japonais / Les sudokus. »
L’humour y décape et y malmène le conformisme domestique, mais chacun y reconnaîtra un peu de ce qui fait l’ordinaire des jours à la fois boiteux et attachant. Car c’est le quotidien qui est ici caricaturé, moqué et secrètement célébré, entre le biberon du gosse, les SMS, les engueulades, la poubelle et une lecture publique pas très convaincante…
« Tenir / au milieu des formulaires / dans le bruit des machines domestiques / avec l’appréhension du chômeur / en fin de droits / la chaleur ruisselante de ce début d’été / qu’on n’a pas vu venir / qui salement s’est plantée sous les bras / alors qu’on traînait dans l’appart’ / les fringues de la veille / et la coupe du lendemain. »
Emanuel Campo, 32 ans, Français et Suédois, jette volontiers des ponts entre les disciplines, puisqu’il est à la fois poète, musicien, performeur, comédien, etc. Les poèmes qu’il livre – ou lâche dans une « mise à flow » – doivent à ces divers domaines leur énergie, leur rythme, leur qualité de mises en bouche. Ils sont un vrai reflet de notre dérisoire modernité et de « l’inachevé qui nous traverse. »

Le lien vers la critique.
Le lien vers la revue Texture.

C’qui est dingue

c’qui est dingue
avec la vie
mon petit
c’est que la vie
elle efface la mémoire
elle va rayer de nos têtes
ce matin de merde
où ni toi ni moi
voulons nous écouter
tu sais
tu vas finir par le boire ton biberon
et ce T-shirt
tu vas t’le mettre
alors me prend pas la tête
arrête de chialer
comme un bébé de 9 mois
c’est bientôt l’heure d’aller à la crèche

c’qui est dingue
avec la vie
ma belle
c’est que la vie
elle efface la mémoire
elle va rayer de nos têtes
cette soirée de merde
où ni toi ni moi
voulons nous écouter
tu sais
tu vas finir par le voir en replay
ton feuilleton
mais le match ?
un match ça se regarde en direct
en même temps que les autres humains
alors me prend pas la tête
comme j’sais pas quoi
c’est l’heure du coup d’envoi

c’qui est dingue
avec la vie
mon pote
c’est que la vie
elle s’efface
pendant nos moments de faiblesse
elle nous laisse nous démerder
puis nous fait nous éloigner
les uns des autres
mais un jour
un coup de super glue
nous refixe tout ça
dans le désordre certes
mais au moins c’est l’occas’ de refaire
ensemble
le puzzle
alors voici ta jambe et ton oreille droite
que j’ai tenté de recoller suite à notre dispute de l’autre fois

E.C. 16/06/16

Ce samedi 4 mai au C2 à Torcy

Ce samedi 4 juin je donnerai une série d’intervention lors du cabaret de révoltes et d’utopies, dans le cadre du C.L.U.B. (communauté libre des urgentes batailles).

Le principe : « confier votre révolte à un artiste le jour dès 11h, il vous la transformera en spectacle le soir! »

Au centre culturel le C2, Torcy (71). Programme.

Marlène Tissot – Lame de fond

P1080277Un jour, j’ai pas dormi de la nuit,
j’ai relu.

Pour reprendre le premier vers d’une série de poème que Marlène Tissot publie sur son blog. Ma colocataire au sein des éditions la Boucherie littéraire a publié son dernier livre Lame de fond. Un livre de proses que je considère comme un copain de voyage.

Un extrait :
« Je voudrais écrire mieux. T’écrire avec assez de légèreté planquée sous le masque rigide de la syntaxe pour que l’histoire soit tissée d’autre chose que de mots, pour que tu puisses me lire même si tu n’es plus là. Je voudrais t’écrire mieux et ne surtout pas faire de toi un mythe, un monstre, un banal héros de fiction. Écrire comme on souffle sur les braises. »

Les livres de la Boucherie littéraire se trouvent ou se commandent en librairie.

Benoît Jeantet – Et alors tout s’est mis à marcher en crabe

P1080275 Nouvel ouvrage publié aux éditions Le pédalo ivre dont la collection « poésie » joue un rôle de « Pascal le grand frère » pour bon nombre de lecteurs. Aujourd’hui, dingue ! Le recueil de proses Et alors tout s’est mis à marcher en crabe de Benoît Jeantet. Rare que la première page d’un livre me rentre dedans de la sorte :

« Cette gare est une plaine. Une plaine de visages maigres et de rêves qui empestent la vieille pisse. Des rêves tristes et sombres. Des rêves aux amours jaunes. Des rêves assoupis sous la poussière de la ville. La ville est rousse. Rousse et pelée comme une chienne. Une chienne inutile et malade. J’ai aimé cette ville. Si vous saviez comme j’ai aimé m’endormir dans les bras pleins d’histoires de cette ville. J’ai aimé cette gare. Oh, à un point que… Et puis il a fallu que ça arrive ; que ça nous arrive. »

Plus loin :
« Il me semble que les yeux ne suffisent plus, de nos jours, à séduire les filles. Il y a pourtant des tas de saules tortueux, et même des tas de branches lambda qui rêvent encore de remettre les pendus à l’heure. »

Ici :
« L’anxiété, l’alcoolisme, la paranoïa ne sont que des symptômes. Le mal dont souffre ce matin est bien plus profond en vérité. Ce matin voudrait qu’on s’occupe de lui. Qu’on fasse attention à ses frasques d’ado attardé. Voilà encore un matin qui a besoin d’amour. »

Là-bas mais pas tout à fait à la fin :
« C’est durant un face à face assez insoutenable avec un kilo de carottes en colères que je me suis fais cette réflexion. Cette réflexion la voici : je n’ai pas toujours été cet homme de 43 ans avec des tas de rêves roulés en boule – tout chiffonnés  au creux des poches. Et voilà pour cette réflexion. »

C’est un livre qu’on s’offre. Pour le commander c’est ici.

 

VERY DICK

(histoire vraie du jeudi 26 mai 2016)

à Frédérick Houdaer

le bus arrive à l’arrêt
les contrôleurs nous attendent
je descends vers eux un livre à la main
celui de droite me demande mon ticket puis
« vous lisez quoi ? »
je lui montre la couverture
Pardon my French un recueil de poésie
il me rend mon ticket « ah c’est très bien ça »
ah vous connai… ?
il contrôlait déjà le passager suivant
l’afflux de gens pressés m’avait éloigné de dix mètres
si seulement j’avais fraudé
nous aurions pris le temps

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E.C.
Commandez ici Pardon my French de Frédérick Houdaer, éditions Les Carnets du dessert de lune, 2016.

François Jullien « Nourrir sa vie »

Picasso me paraît même fournir le meilleur commentaire […] : « Chaque être possède la même somme d’énergie. La personne moyenne gaspille la sienne de mille manières. Moi, je canalise mes forces dans une seule direction : la peinture, et lui sacrifie le reste – vous et tout le monde, moi inclus. » Quiconque a dessein de faire œuvre devrait, je crois, l’inscrire en exergue à sa vie pour résumer son exigence : la condition de cette œuvre est de ne pas « gaspiller » mon souffle-énergie et, pour cela, de me retirer volontairement (ascétiquement) de tous les investissements ordinaires entre lesquels va se dispersant ma vitalité et de les sacrifier – immoralement (« égoïstement »), jugera-t-on du dehors – pour me concentrer sur ce seul objet. Car c’est bien à ce niveau foncier du vital et de son économie, et non, comme on croit, à celui du talent, du génie, de l’inspiration ou, selon l’autre versant, de la patience et du travail (tout cela n’est que conséquence), que l’œuvre trouve sa possibilité effective et commence à se développer sans forçage artificiel, parce que ayant enfin trouvé son fonds propre alimentant généreusement la création.

François Jullien, Nourrir sa vie à l’écart du bonheur, page 80, éditions du Seuil, 2005.