Vision

Un matin d’hiver
brumeux
comme du froid qu’on vaporise.

 

Se voir marcher dehors
frissonnant
avec sur la tête

 

une marmite
d’eau bouillante
qu’on rêverait de se verser dessus.

 

La vitesse foudroyante du café.

 

_ _

E.C. 2016

Un point sur l’agenda

Mes prochaines lectures publiques :
– 18/03/2017 : Veurey Voroize (38), stage d’écriture et mise en voix + lecture. Partenariat  avec la Maison de la poésie Rhône-Alpes. Infos.
– 25/03/2017 : Domène
(38), médiathèque Jules Vernes à 10h. Partenariat  avec la Maison de la poésie Rhône-Alpes.
– 30/03/2017 :
Lyon (69), NTH8. Infos.
– 02/04/2017 : Dijon (21), librairie La Fleur qui pousse à l’intérieur dans le cadre du festival Éclosion.

 

Des électeurs tentés par le FN sont plus intelligents que les poutres d’une maison

  1. Des électeurs tentés par le FN sont plus intelligents que les poutres d’une maison.
  2. Des jeunes disent « le FN, avant c’est raciste. Plus maintenant, j’crois pas. »
  3. Il y a des jeunes qui votent FN.
  4. Alors qu’un sympathisant FN est interviewé par une journaliste, quelque part, une bibliothèque est ouverte. Ailleurs, un couple s’aime mais va tout de même consulter un conseiller conjugal pour « s’en sortir ».
  5. Des électeurs tentés par le FN disent l’être pour essayer.
  6. Ce n’est pas bien de se moquer.
  7. Un professeur de l’Éducation nationale observe une corrélation entre la baisse selon lui des niveaux scolaires et l’augmentation du vote FN.
  8. « On a tout essayé. Les autres ça marche pas. »
  9. Un adhérent du FN dit avoir peur. Il n’y a pas que les autres.
  10. « Je connais quelqu’un à qui c’est arrivé. »
  11. Deux électeurs FN sont sur un bateau. L’un tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? L’autre.
  12. Un électeur tenté par le vote FN traite deux abstentionnistes d’« absurdes connards ».
  13. Les gens qui votent FN ont une famille.
  14. Une personne qui vote FN vient lui aussi d’une famille.
  15. Cet électeur séduit par le FN a des enfants.
  16. Ils ont honte de leur sang. Mais le sang n’y est pour rien. Sinon, un jeune en scooter et plus malin qu’une limonade ne voterait pas FN. Il dit « on fait rien pour nous. On n’a pas d’aides car y’a trop d’assistés ».
  17. Les électeurs tentés par le FN sont plus intelligents que les objets.
  18. Il existe partout des objets.
  19. Quelque part, une personne va voter FN pour voter contre les autres candidats, et non pour voter FN.
  20. Au FN, ça ne les dérange pas plus que ça.
  21. Quand on écrit FN, sans point derrière chaque capitale, il faut tout de même prononcer « èffe-ènne ». Sinon ça ferait « fneu ».
  22. « Vote fneu » n’est pas un slogan qui séduirait un jeune. Sauf bien sûr s’il est moins cultivé qu’une limonade ou que sa paire d’écouteurs.
  23. « Avant c’est raciste. Maintenant, j’crois pas. »
  24. Le chroniqueur dans l’émission dit qu’ils plafonnent à 25 %.
  25. Quelqu’un vient d’inaugurer sa chaîne YouTube.

Paris-Dakar

Près du foyer accueillant des personnes en situation de handicap moteur, je remarque ce gars dans son fauteuil électrique
au bord du trottoir en train
d’attendre
le p’tit bonhomme passer au vert
pour traverser sur le passage piéton
en chantonnant cette chanson de Renaud
« 500 connards sur la ligne de départ… »

_ _

E.C.

Un poème qui commence comme une blague mais qui n’est pas une blague

Trois poètes sont invités à un événement de poésie
à lire leurs poèmes. Ils trônent en un rang
de-trois-chaises placées derrière-le-micro-à-l’avant-scène
et passent l’un-après-l’autre-dans-des-sets-de-5-à-10-minutes-chacun.

Il y a comme un ancien ordre qui se déploie
quand l’un d’entre eux se lève pour aller déclamer.
Le pied de micro n’est pas réglé à sa hauteur. Il se débat, seul, contre lui.
Aucun régisseur ne l’aide.

Les deux autres à l’arrière préparent leur corps à écouter. L’un
se relâche et s’affaisse. L’autre
se raidi sur sa chaise, la main sur le menton il tend l’oreille.
Parfois les yeux se ferment, rarement en même temps.
Tout ça sur scène
dans la lumière des projecteurs
derrière celui qui lit
comme s’ils faisaient partie de son show.

_ _

E.C.

Vous avez la carte du magasin ?

Vous avez la carte du magasin ?
Ça dépend. Elle me permettrait de sortir en douce par la porte de service ?
Pas du tout.
Alors non. Je ne l’ai pas.
De toute façon, elle ne vous aurait pas non plus aidé à terminer ce poème, me dit-elle en se retournant pour arracher un sac en matière recyclée à 0,05 centimes.
Puisque vous avez le dos tourné, j’en profite pour me jeter sur vous puis vous visser mes écouteurs dans les oreilles. D’accord ? Je mets le volume à fond. Entendez l’orchestre.

Voyez ce qui me rend dingue dans ce morceau : la nappe à la dérive
qu’on entend
dès le début puis qui disparaît
brusquement à 3:00 min.
Écoutez jusqu’à la fin les clients attendront. La file va jusqu’au rayon des sirops, c’est dire.
Ce morceau peut diriger tout un monde. Un monde cartographié.
La musique, un GPS ? Vous avez quatre heures.

_ _

E.C.  09/03/2017.

Sans titre au 06/01/2017

L’industrie de la musique et moi nous ne nous
connaissons pas Il semblerait que je sois
au-delà d’un périphérique Trop Loin
dans la province Seul en selle
des étoiles aux talons et l’estomac
sous un ciel d’éperons s’étire dans un hamac
le barman s’appelle sifflement
Il me sert de l’eau qui pique On étanche
notre soif quand on peut
comme on veut Nos joies sont du stress
que nous distribuons aux plateformes de streaming
Elles garantissent entre nous le respect
de la distance de sécurité On s’éloigne bien les uns des autres
Où sont-ils les corps dans tout
dans tous ces zéros et ces uns, hein ? Pourquoi
croyez-vous que je rêve tant de pyramides humaines ?
Où sont les corps Sont-ils ? Je travaille.
Le milieu est comme une image
sans mot sans chair sans fabrication faite main
un nuage comme une poésie française Où ?
Où sont vos corps et je cherche toujours
Le mien ne traîne pas loin.

_ _

E.C. 06/01/2017

« Maison. Poésies domestiques » édition revue et augmentée

Ne trouvez-vous pas que le p’tit dernier a pris du poids ?

Après deux premiers tirages à 200 exemplaires désormais épuisés, une nouvelle édition revue et augmentée de mon recueil Maison. Poésies domestiques aux éditions la Boucherie littéraire est  disponible en commande en librairie depuis janvier. C’est à vous.

Maison. Poésies domestiques — nouvelle édition revue et augmentée, Emanuel Campo, collection Sur le billot, éditions la Boucherie littéraire, 68 pages, décembre 2016.
Prix de vente : 12 €

I.S.B.N. 978-2-9551283-8-1

« Maison. Poésies domestiques » : Réédition revue et augmentée

Il y a un an jour pour jour sortait en librairie mon premier recueil aux éditions la Boucherie Littéraire. Aujourd’hui, je suis heureux et fier de vous annoncer sa réédition revue et augmentée (oui avec de nouveaux textes…).

Un gros « Big Up » aux lecteurs, à mes proches, aux amis, aux arbres, à Antoine Gallardo l’éditeur de ce livre, aux revues de poésie, aux libraires, aux assos et festivals qui m’ont invité, aux personnes qui l’ont offert ou qui ont relayé l’info. Un grand merci enfin aux poètes et aux chroniqueurs qui en ont parlé dans leurs blogs ou qui ont écrit un article en revue, à savoir Frédérick Houdaer, Patrice Maltaverne, Jean-Pascal Dubost, Philippe Chauché, François-Xavier Farine, Patrick Joquel, Isabelle Boucher-Doigneau, Michel Baglin, Eric Dejaeger… Retrouvez ici leurs articles.

L’histoire des travaux racontée par l’éditeur sur le blog des éditions la Boucherie littéraire :

Il y a un an très exactement paraissait Maison. Poésies Domestiques, le premier recueil de poésie d’Emanuel Campo. Le tirage était de 200 exemplaires, il s’agissait du 3ème titre publié aux éditions la Boucherie littéraire et le deuxième paraissant dans la collection Sur le billot.

Emanuel Campo était parfaitement inconnu et je pensais sincèrement que son livre mettrait au moins deux ans à s’écouler.

Mais contre toute attente, les chroniques encourageantes pleuvaient, les librairies jouaient le jeu, notamment la libraire La Voie aux chapitre à Lyon, et Emanuel Campo défendait bec et ongle ce premier livre. Tant et si bien qu’il fallut effectuer un deuxième tirage à 200 exemplaires au début du mois de mars.

Nous en avions profité pour corriger les coquilles qui trainaient et pensions être tranquille pendant au moins deux ans.

Début novembre, Serendip Livres – notre distributeur – appelaient, alarmiste, m’annonçant qu’ils ne leur restaient plus que 4 exemplaires et s’étaient mis à appeler les libraires pour faire des retours des rares exemplaires invendus  pour pouvoir honorer les commandes en cours.

Sur le pied de guerre en prenant contact avec Emanuel, je lui proposais non pas de faire une 3ème impression, mais bel et bien un nouveau livre avec une édition revue et augmentée.

Ainsi, avec un nouvel I.S.B.N., un gros travail de mise en forme et de nouveaux textes retravaillés au pied levé, nous sommes heureux de vous annoncer qu’un nouvel étage a été créé à la maison d’Emanuel.

Une place plus importante a été faite à la famille, aussi quoi de plus naturel en ce premier jour d’hiver, et à l’approche galopante des fêtes de Noël que de vous annoncer que la 3ème édition de Maison. Poésies domestiques sortira le 25 décembre ! Il est imprimé à 500 exemplaires et est le 9ème titre aux éditions la Boucherie littéraire.

Je ne connais pas beaucoup de jeunes auteurs de poésie qui peuvent se vanter que leur premier livre ait été imprimé à 900 exemplaires la première année.

Tout cela grâce à lui, grâce aux lecteurs, grâce aux libraires, aux chroniqueurs, aux organisateurs de salon et de festival de poésie. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Merci à tous et joyeux Noël ! Antoine Gallardo.

 

Maison. Poésies domestiques — nouvelle édition revue et augmentée, Emanuel Campo, collection Sur le billot, éditions la Boucherie littéraire, 68 pages, décembre 2016.
Le livre sera disponible commandable début janvier en librairie.
En attendant, vous pouvez le commander directement à la maison d’édition.
Prix de vente : 12 €
Frais de port (France) : 3 €
Frais de port (Belgique & Suisse) : 1 €

Un texte publié dans la revue Basse_déf_ n°2


Crédit photo : collectif Bêta

Je publie un texte inédit, On est entre nous, dans le tout frais n°2 de l’étonnante revue Basse_déf_ une  aventure éditoriale originale et exigeante portée par le collectif Bêta.

Une revue de feuilles volantes glissées dans une feuille pliée. Je suis très heureux de me compter parmi les poèmes et les créations de Maxime Actis, Nadine Agostini, Walter Benjamin X Ernesto, Raphaëlle Bouvier, Claude Favre, Quentin Léric, Patrice Luchet, Benoît Toqué, Yoann Thommerel, et Alban de Tournandre.

La revue est à prix libre tout comme les autres petits livres que le collectif Bêta édite, imprime et plie à la main.

Informations et commande : http://association-beta.blogspot.fr/

 

Voyage de classe

En Irlande, nous avions quinze ans.
Une journée sur la plus grande
des Îles d’Aran au large de Galway.
Nos professeurs : « Surtout ne vous approchez pas des falaises. »
Les vélos
qu’on avait loués pour nous
nous y amenèrent déjà
sans même connaître la destination
nous pédalions
sur les chemins de pierre
entre les murs de pierre
qui enfermaient des vaches
vivantes
comme nous. Elles nous regardaient
grandir et nous essouffler
contre le vent qui nous repoussait :
« N’y allez pas, c’est dangereux »
nous soufflait-il en celtique.
« Que d’la gueule, on parle pas celtique ! »
Ça devenait de plus en plus difficile de pédaler
mais une force nous incitait à découvrir un secret.
Les derniers mètres furent les plus pénibles.
Il faisait beau. Froid, beau et chaud, toutes les dix minutes.
« Mer ! Mer à l’horizon » cria un de mes camarades.
Bordel que c’était bon. La route s’arrêta net.
Une falaise de cent mètres et devant nous
l’Atlantique.

 

Mon premier réflexe a été de mourir.
De m’abandonner. Déverser mon bric-à-brac
dans l’océan. Puis,  je suis revenu à la vie.
Tout s’est passé très vite. J’ai toujours la photo.
On me voit assis
comme sur une chaise. Les pieds dans le vide
les bras détachés du corps
comme si je priais
mon ami de se dépêcher de prendre la photo.

_ _

E.C. 17/11/2016

Le bide en vigilance orange

Une tempête
s’est abritée
en plein dans
l’estomac

hier avec
les copains on
devait juste
boire un verre

et me voilà
dans un tunnel
prêt à vo

le bide en vi-
gilance orange
gilance orange
prêt à vo

dans un tunnel
avec au bout
la bassine et
un Coca.

_ _

E.C. 22/11/2016