les acteurs ne regardent jamais la caméra

Harriet Andersson dans « Sommaren med Monika » d’Ingmar Bergman.

« Il faut avoir vu Monika rien que pour ces extraordinaires minutes où Harriet Andersson, avant de recoucher avec un type qu’elle avait plaqué, regarde fixement la caméra, ses yeux rieurs embués de désarroi, prenant le spectateur à témoin du mépris qu’elle a d’elle-même d’opter volontairement pour l’enfer contre le ciel. C’est le plan le plus triste de l’histoire du cinéma » Jean-Luc Godard.

Élections

Quelque part dans les états-unis d’Internet
un homme se fait mordre par un serpent.
Je ne voudrais pas être
à sa place, alors je passe
la journée à regarder des vidéos de serpents
des plus gros aux plus dangereux
en comparant les morsures :
les yeux :
les mouvements :
les écailles :
les venins :
les infos de la radio en fond sonore.

23h25

à peine tu reviens
peine tu reviens
d’une semaine de répétitions dans la Drôme
que le tracklisting du dernier album de
Kendrick Lamar tape à ta porte
et se mêle à la bière qui s’ouvre
aux souvenirs du pays Diois
aux volets mi-clos à la fenêtre décapsulée
gorgée du soir bonsoir
streaming-intra-vénéneuse rien d’autre ne passe
folle musique beaucoup plus bonne que la plus bonne

 

Paul Wamo & Emanuel Campo 07.04.2017 Ambérieu-en-Bugey

Vendredi 7 avril 2017 / Ambérieu-en-Bugey
20h / Espace 1500 / entrée libre

réservation : mediatheque@mairie-amberieuenbugey.fr /04 74 38 37 31
événement Facebook

« On est là » réunit Paul Wamo, poète kanak venant de Nouvelle-Calédonie et Emanuel Campo, poète résidant à Lyon. Deux poètes performeurs venant de lieux diamétralement opposés, mais appartenant à la même génération, partageant la même langue et créant dans les mêmes domaines artistiques, à savoir l’écriture, la musique et la scène.
A les entendre sur scène justement, ça chante, ça scande, ça pousse des bruits, ça bouge, ça discute avec le public et c’est toujours en mouvement. Une poésie du « ici et maintenant » qui tend vers l’action. « On est là » est une poésie de la rencontre qui mêle poèmes écrits à deux et textes provenant de leur correspondance étalée sur l’année 2015.
A Partir de 11 ans. Infos sur le site de la Médiathèque.

 

Extrait


Reportage sur la résidence 2015


Interview décembre 2014

Écriture, conception et jeu : Paul Wamo, Emanuel Campo. Aide à la mise en scène : Florent Fichot. Coproductions : Centre culturel le C2 – Mairie de Torcy, compagnie Etrange Playground (Lyon).
www.paul-wamo.fr
www.ecampo.fr

Lecture-perf’ et concert jeudi 30 mars au NTH8 à Lyon

Toutes les infos et bios ici.
Événement Facebook à partager.

Le Nouveau Théâtre du 8e à Lyon, m’a proposé une carte blanche. Il y aura donc un concert de  PapierBruit, le groupe dont je fais partie. Avant cela, j’ouvrirai la soirée par une lecture de mes textes, suivie par une lecture-performance de l’excellent poète Igor Myrtille que vous pouvez entendre dans le morceau TFLM de PapierBruit. Rendez-vous à 20h au 22 Rue du Commandant Pegout à Lyon.

Écouter PapierBruit.

Igor Myrtille : Poésie-Textes-Performances-Images-Analogique-De-La-Fusion-Numérique-De-La-Démerde. Né en 1991. Il fait de la poésie en testant tous les moyens, y compris et surtout par l’écoute et la régurgitation. Se retrouve dans des revues (BoXoN, Frappa, Printed Web), des traductions insoumises, des performances publiques, sur internet. Il cherche comment parvenir à parler des langages qui nous appartiennent, nous-groupe-vivants. Publication : In The Eternal World of Dub (SILO, 2016). Le site d’Igor Myrtille.

2 émissions de radio

Ce jeudi 23 mars, j’ai été l’invité de l’émission l’Oreille au poste sur Radio Dijon Campus autour de mon parcours et de mon activité. 45 minutes où nous avons parlé poésie, écriture, langue, musique, répondu à un questionnaire pop déjanté, écouté PapierBruit, lu des extraits de mon recueil Maison. Poésies domestiques aux éditions la Boucherie littéraire et annoncé 45 000 fois ma lecture du dimanche 2 avril à 17 à la librairie La Fleur qui pousse à l’intérieur dans le cadre du festival Éclosion à Dijon. Réécouter l’émission du 23 mars.

Ce dimanche 26 mars, invité cette fois à l’émission BlaBlaMix sur Radio Canut avec mon collègue Julien alias Eskimo J pour parler PapierBruit, passer nos morceaux, répondre aux questions d’une équipe accueillante et sympathique et annoncer notre concert du jeudi 30 mars au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon. Réécouter l’émission ici.

Vision

Un matin d’hiver
brumeux
comme du froid qu’on vaporise.

 

Se voir marcher dehors
frissonnant
avec sur la tête

 

une marmite
d’eau bouillante
qu’on rêverait de se verser dessus.

 

La vitesse foudroyante du café.

 

_ _

E.C. 2016

Un point sur l’agenda

Mes prochaines lectures publiques :
– 18/03/2017 : Veurey Voroize (38), stage d’écriture et mise en voix + lecture. Partenariat  avec la Maison de la poésie Rhône-Alpes. Infos.
– 25/03/2017 : Domène
(38), médiathèque Jules Vernes à 10h. Partenariat  avec la Maison de la poésie Rhône-Alpes.
– 30/03/2017 :
Lyon (69), NTH8. Infos.
– 02/04/2017 : Dijon (21), librairie La Fleur qui pousse à l’intérieur dans le cadre du festival Éclosion.

 

Des électeurs tentés par le FN sont plus intelligents que les poutres d’une maison

  1. Des électeurs tentés par le FN sont plus intelligents que les poutres d’une maison.
  2. Des jeunes disent « le FN, avant c’est raciste. Plus maintenant, j’crois pas. »
  3. Il y a des jeunes qui votent FN.
  4. Alors qu’un sympathisant FN est interviewé par une journaliste, quelque part, une bibliothèque est ouverte. Ailleurs, un couple s’aime mais va tout de même consulter un conseiller conjugal.
  5. Des électeurs tentés par le FN disent « pour essayer ».
  6. Un professeur de l’Education nationale observe une corrélation entre la baisse des niveaux scolaires et l’augmentation du vote FN.
  7. « On a tout essayé. Les autres ça marche pas. »
  8. Un adhérent du FN dit avoir peur. Il n’y a pas que les autres.
  9. « Je connais quelqu’un à qui c’est arrivé. »
  10. Deux électeurs FN sont sur un bateau. L’un tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? L’autre.
  11. Un électeur du FN dit merci à deux abstentionnistes qui passaient par là.
  12. Les gens qui votent FN ont une famille.
  13. Une personne qui vote FN vient lui aussi d’une famille.
  14. Cet électeur séduit par le FN a des enfants.
  15. Ils ont honte de leur sang. Mais le sang n’y est pour rien. Sinon, un jeune en scooter et plus malin qu’une limonade ne voterait pas FN. Il dit « on fait rien pour nous. On n’a pas d’aides car y’a trop d’assistés ».
  16. Ce n’est pas bien de se moquer.
  17. Les électeurs tentés par le FN sont plus intelligents que certains objets.
  18. Il existe partout des objets.
  19. Quelque part, une personne va voter FN pour contrer un autre candidat.
  20. Au FN, ça ne les dérange pas plus que ça.
  21. Quand on écrit FN, sans point derrière chaque capitale, il faut tout de même prononcer « èffe-ènne ». Sinon ça ferait « fneu ».
  22. « Vote fneu » n’est pas un slogan qui séduirait un jeune. Sauf bien sûr s’il est moins cultivé qu’une limonade.
  23. « Avant c’est raciste. Maintenant, j’crois pas. »
  24. Le chroniqueur dans l’émission dit qu’ils plafonnent à 25 %.
  25. Quelqu’un vient d’inaugurer sa chaîne YouTube.

Paris-Dakar

Près du foyer accueillant des personnes en situation de handicap moteur, je remarque ce gars dans son fauteuil électrique
au bord du trottoir en train
d’attendre
le p’tit bonhomme passer au vert
pour traverser sur le passage piéton
en chantonnant cette chanson de Renaud
« 500 connards sur la ligne de départ… »

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E.C.

Un poème qui commence comme une blague mais qui n’est pas une blague

Trois poètes sont invités à un événement de poésie
à lire leurs poèmes. Ils trônent en un rang
de-trois-chaises placées derrière-le-micro-à-l’avant-scène
et passent l’un-après-l’autre-dans-des-sets-de-5-à-10-minutes-chacun.

Il y a comme un ancien ordre qui se déploie
quand l’un d’entre eux se lève pour aller déclamer.
Le pied de micro n’est pas réglé à sa hauteur. Il se débat, seul, contre lui.
Aucun régisseur ne l’aide.

Les deux autres à l’arrière préparent leur corps à écouter. L’un
se relâche et s’affaisse. L’autre
se raidi sur sa chaise, la main sur le menton il tend l’oreille.
Parfois les yeux se ferment, rarement en même temps.
Tout ça sur scène
dans la lumière des projecteurs
derrière celui qui lit
comme s’ils faisaient partie de son show.

_ _

E.C.

Vous avez la carte du magasin ?

Vous avez la carte du magasin ?
Ça dépend. Elle me permettrait de sortir en douce par la porte de service ?
Pas du tout.
Alors non. Je ne l’ai pas.
De toute façon, elle ne vous aurait pas non plus aidé à terminer ce poème, me dit-elle en se retournant pour arracher un sac en matière recyclée à 0,05 centimes.
Puisque vous avez le dos tourné, j’en profite pour me jeter sur vous puis vous visser mes écouteurs dans les oreilles. D’accord ? Je mets le volume à fond. Entendez l’orchestre.

Voyez ce qui me rend dingue dans ce morceau : la nappe à la dérive
qu’on entend
dès le début puis qui disparaît
brusquement à 3:00 min.
Écoutez jusqu’à la fin les clients attendront. La file va jusqu’au rayon des sirops, c’est dire.
Ce morceau peut diriger tout un monde. Un monde cartographié.
La musique, un GPS ? Vous avez quatre heures.

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E.C.  09/03/2017.

Sans titre au 06/01/2017

L’industrie de la musique et moi nous ne nous
connaissons pas Il semblerait que je sois
au-delà d’un périphérique Trop Loin
dans la province Seul en selle
des étoiles aux talons et l’estomac
sous un ciel d’éperons s’étire dans un hamac
le barman s’appelle sifflement
Il me sert de l’eau qui pique On étanche
notre soif quand on peut
comme on veut Nos joies sont du stress
que nous distribuons aux plateformes de streaming
Elles garantissent entre nous le respect
de la distance de sécurité On s’éloigne bien les uns des autres
Où sont-ils les corps dans tout
dans tous ces zéros et ces uns, hein ? Pourquoi
croyez-vous que je rêve tant de pyramides humaines ?
Où sont les corps Sont-ils ? Je travaille.
Le milieu est comme une image
sans mot sans chair sans fabrication faite main
un nuage comme une poésie française Où ?
Où sont vos corps et je cherche toujours
Le mien ne traîne pas loin.

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E.C. 06/01/2017

« Maison. Poésies domestiques » édition revue et augmentée

Ne trouvez-vous pas que le p’tit dernier a pris du poids ?

Après deux premiers tirages à 200 exemplaires désormais épuisés, une nouvelle édition revue et augmentée de mon recueil Maison. Poésies domestiques aux éditions la Boucherie littéraire est  disponible en commande en librairie depuis janvier. C’est à vous.

Maison. Poésies domestiques — nouvelle édition revue et augmentée, Emanuel Campo, collection Sur le billot, éditions la Boucherie littéraire, 68 pages, décembre 2016.
Prix de vente : 12 €

I.S.B.N. 978-2-9551283-8-1

« Maison. Poésies domestiques » : Réédition revue et augmentée

Il y a un an jour pour jour sortait en librairie mon premier recueil aux éditions la Boucherie Littéraire. Aujourd’hui, je suis heureux et fier de vous annoncer sa réédition revue et augmentée (oui avec de nouveaux textes…).

Un gros « Big Up » aux lecteurs, à mes proches, aux amis, aux arbres, à Antoine Gallardo l’éditeur de ce livre, aux revues de poésie, aux libraires, aux assos et festivals qui m’ont invité, aux personnes qui l’ont offert ou qui ont relayé l’info. Un grand merci enfin aux poètes et aux chroniqueurs qui en ont parlé dans leurs blogs ou qui ont écrit un article en revue, à savoir Frédérick Houdaer, Patrice Maltaverne, Jean-Pascal Dubost, Philippe Chauché, François-Xavier Farine, Patrick Joquel, Isabelle Boucher-Doigneau, Michel Baglin, Eric Dejaeger… Retrouvez ici leurs articles.

L’histoire des travaux racontée par l’éditeur sur le blog des éditions la Boucherie littéraire :

Il y a un an très exactement paraissait Maison. Poésies Domestiques, le premier recueil de poésie d’Emanuel Campo. Le tirage était de 200 exemplaires, il s’agissait du 3ème titre publié aux éditions la Boucherie littéraire et le deuxième paraissant dans la collection Sur le billot.

Emanuel Campo était parfaitement inconnu et je pensais sincèrement que son livre mettrait au moins deux ans à s’écouler.

Mais contre toute attente, les chroniques encourageantes pleuvaient, les librairies jouaient le jeu, notamment la libraire La Voie aux chapitre à Lyon, et Emanuel Campo défendait bec et ongle ce premier livre. Tant et si bien qu’il fallut effectuer un deuxième tirage à 200 exemplaires au début du mois de mars.

Nous en avions profité pour corriger les coquilles qui trainaient et pensions être tranquille pendant au moins deux ans.

Début novembre, Serendip Livres – notre distributeur – appelaient, alarmiste, m’annonçant qu’ils ne leur restaient plus que 4 exemplaires et s’étaient mis à appeler les libraires pour faire des retours des rares exemplaires invendus  pour pouvoir honorer les commandes en cours.

Sur le pied de guerre en prenant contact avec Emanuel, je lui proposais non pas de faire une 3ème impression, mais bel et bien un nouveau livre avec une édition revue et augmentée.

Ainsi, avec un nouvel I.S.B.N., un gros travail de mise en forme et de nouveaux textes retravaillés au pied levé, nous sommes heureux de vous annoncer qu’un nouvel étage a été créé à la maison d’Emanuel.

Une place plus importante a été faite à la famille, aussi quoi de plus naturel en ce premier jour d’hiver, et à l’approche galopante des fêtes de Noël que de vous annoncer que la 3ème édition de Maison. Poésies domestiques sortira le 25 décembre ! Il est imprimé à 500 exemplaires et est le 9ème titre aux éditions la Boucherie littéraire.

Je ne connais pas beaucoup de jeunes auteurs de poésie qui peuvent se vanter que leur premier livre ait été imprimé à 900 exemplaires la première année.

Tout cela grâce à lui, grâce aux lecteurs, grâce aux libraires, aux chroniqueurs, aux organisateurs de salon et de festival de poésie. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Merci à tous et joyeux Noël ! Antoine Gallardo.

 

Maison. Poésies domestiques — nouvelle édition revue et augmentée, Emanuel Campo, collection Sur le billot, éditions la Boucherie littéraire, 68 pages, décembre 2016.
Le livre sera disponible commandable début janvier en librairie.
En attendant, vous pouvez le commander directement à la maison d’édition.
Prix de vente : 12 €
Frais de port (France) : 3 €
Frais de port (Belgique & Suisse) : 1 €