21/10/2014 : lecture publique à Torcy (71)

world wide web,

Le pôle enfance et jeunesse de la Ville de Torcy (en Saône-et-Loire, à côté du Creusot) m’a invité à passer quelques jours à la Maison des Familles de la commune.

Une bonne raison pour moi de donner une lecture publique ce mardi 21 octobre 2014 à 18h30. J’y lirai – entre autres – ce texte écrit pour l’occasion.

Puis je travaillerai trois jours avec les quelques unes et quelques uns qui le souhaitent sur une forme qui sera présentée publiquement vendredi 24 octobre à 18h30, même lieu.

Maison des familles de Torcy, Avenue de l’Europe, 71210 Torcy.

 

The F word

ce que je

ressens au

fond de moi

un nuage

d’A7 bouchée

un 15 août

je crois

savoir

ce que ce que

c’est

c’est que

j’ai besoin de vous

le dire

debout en bout

j’y suis

presque

je suis presque

certain

que ce matin

cela soit cela

le cri de la tétine crachée

la bouilloire ratée

un baiser renversé

mais c’est telle-

ment bon

comme une tartine au jambon

dès le

matin

j’ai envie de vous

l’écrire

à tous Porthos et Aramis

afin que vous le sa-

chiez plastique

aucune trace

de périphrase

je ne

trouve pas la

formule parfaite

je n’ai vu

que sur le pé-

riph’ des mots

alors comment

mais comment

le dire autrement

que par ce geste

_ _

14/10/2014

3 poèmes dans la revue Ce qui reste

Ce qui reste est une revue de poésie en ligne qui publie quotidiennement trois à cinq poèmes en moyenne du même auteur ou poète. J’y lis des choses vivantes de femmes et d’hommes vivants que je ne connais pas personnellement. Aujourd’hui une envie de partager spontanément deux découvertes. Spontanément car je pourrais en choisir d’autres mais je n’ai pas le temps de tout relire. Alors voici : Mélanie Leblanc et Perrin Langda.

Ce lundi 29 septembre 2014, c’est pour ma pomme : à mon tour d’être accueilli dans les pages numériques de Ce qui reste. Un grand merci à cette revue.

3 poèmes à lire ici : http://www.cequireste.fr/emanuel-campo/

Bisou.

25/09/14

L’instant s’accroupit à ma hauteur

et me presse

 

mes doigts sur le clavier

ne suivent pas

sa cadence

 

dans la précipitation j’écris « opème »

 

au lieu du méga

poème power

que complotent

tout bas

plus bas

 

mes chaussettes

Autopromo – « Quand j’étais petit je croyais que la Bande de Gaza c’était un groupe de rock. » (extrait)

En février 2014, je me suis à nouveau penché sur l’écriture d’un recueil en chantier intitulé Quand j’étais petit je croyais que la Bande de Gaza c’était un groupe de rock. Son écriture débuta en 2010 voire 2009 pour un des poèmes. Cette année, j’ai complètement repris sa forme : beaucoup de poèmes ont sauté laissant ainsi de la place à des écrits plus récents correspondant mieux à ce que je souhaitais : une liste de notes, de phrases dites, de mots post-it d’où surgissent ici ou là des poèmes. C’est un tout nouveau texte qui a déboulé.

Dernièrement, j’ai eu l’occasion de le lire avec les comédiennes Agathe Marchal et Maryline Fournier lors de la première édition des Agapes littéraires à Lyon.

Aujourd’hui, le collectif Bêta qui anime la revue Fuite (que je trouve en passant excellente) a choisi de publier un extrait de ce texte sur sa plateforme en ligne sans tiroirs ni rangement lancée cette année. Je les en remercie chaleureusement.

Et pour lire cet extrait de Quand j’étais petit je croyais que la Bande de Gaza c’était un groupe de rock veuillez suivre ce lien :

http://sanstiroirsnirangement.tumblr.com/post/97720201313/quand-jetais-petit-je-croyais-que-la-bande-de-gaza

 

Les compagnies Kat’chaça et Tenseï à la Biennale OFF de la danse 2014

 

Samedi 13 septembre à 14h à Lyon sur le parvis René Descartes à l’ENS (dans le 7e, dans le cadre de la Biennale de la danse OFF au Croiseur) la compagnie Kat’chaça présente la première de « Cabines » création dont j’ai vécu les prémices lors de notre résidence commune en février 2014 au Creusot (organisée par les Initi’arts). Vous y entendrez notamment un poème que j’ai écrit et confié à Natacha Paquignon, chorégraphe du projet.

Autre date : 8 octobre à 20h30 au Toï Toï à Villeurbanne.

+

Toujours dans le cadre de la Biennale Off, ne manquez pas non plus « Pres’K » par la compagnie Tenseï. J’ai eu la chance cette année de créer avec le chorégraphe de cette compagnie, Rafael Smadja, une forme courte mise en scène par Eric Massé à Ferney-Voltaire (Quelques photos ici). Rafael est danseur et chorégraphe. Il a souvent de bonnes intuitions dans le travail. J’ai été séduit par son enthousiasme dans la recherche à l’endroit du plateau. Il me semble que l’interdisciplinarité motive son travail. Chaque création est prétexte à progresser. Un jeune artiste en mouvement et intègre, dans le corps et dans la tête. Le vendredi 19 septembre, j’irai découvrir son spectacle « Pres’K » qu’il jouera avec son équipe à 20h30 au Croiseur à Lyon.

Louis Calaferte dans « Paraphe »

« Poème du 16 novembre 1972.

C’est un matin froid
Les rues sont presque vides
Les rares passants marchent vite
Au bord du fleuve roulant et lourd j’allume une cigarette
L’air glacé me brûle les narines
J’ai une faim d’écriture, de beauté, d’expression
Un ardent désir de poésie
Malgré les soucis d’argent que me vaut cette liberté nouvelle que je me suis voulue pour me sentir être conforme à moi-même

En marchant sur le quai
Tout à coup
J’ai eu un instant de bonheur. »

 

Extrait de Paraphe, Louis Calaferte, Denoël, 1974.

Mec, tu sers à rien

dois parler avec aplomb d’un sujet important

c’est important le plomb

dans la bouche chewing chewing gum bada boum

des phrases comme des comètes

griffant le ciel des yeux ébahis

des gens impressionnables

 [un temps]

la foule se masserait pour m’écouter

prophète 2 point 5 grammes

en T-shirt à manches longues

mais aux tirades courtes

et percutantes comme les lattes d’un vieux lit d’hôtel

la foule se masserait pour m’écouter

prophète 2 point 5 grammes

répéter les mêmes choses nuit après nuit

bar après bar de square en square

répéter ces choses importantes

elles doivent être dites

sinon qui va les dire ?

 

la punition du 19/08/2014 porte le nom de CTRL+C CTRL+V

Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
Je trouve le monde sein ; rien n’y est débile.
(Ad lib)

(P-P* à répéter en faisant la vaisselle, en changeant une couche, en écrivant un poème, en se donnant du courage, en écoutant le dernier album de Lily Allen… puis à compléter selon le temps disponible).

*P-P : Prière-Punition.

14/08/2014

l’été bleu gris

les travaux du bâtiment d’en face

depuis deux ans

ne masquent pas les cris des visages

 

tenir bon

 

les musiques que j’écoute sont des éclats d’alarmes

au milieu des courants d’air

volets claquent et portes grincent

 

[son de bébés qui pleurent]

 

Papa traverse la fenêtre

du regard

lui aussi a faim

 

_ _

(Rien à voir mais) écrit en écoutant ce titre :

Le Creusot featuring Beyoncé

je la vois Beyoncé

étendue lascive sur la plaine des Riaux

fumante irradiante et bruitiste

 

passant ses nuits Areva

d’un Jay-Z en Cheminée de la Forge

minaret laser surplombant leurs draps

 

le Pilon à l’entrée sud

micro suçant les vocalises d’auto-tune

des harmonies automnales

 

et les vibrations du trafic

journalier motivant un booty shake

tant fragile que régulier

 

les fours de l’ancienne cristallerie

soutien-gorge de fou

sont deux cônes écrasés dans le cendrier du R’n’B

 

le sein droit un théâtre le sein gauche une chapelle

la poitrine entourée de canons

la scène et les cieux se défendent par les armes

 

ses courbes collantes à celles de la Saône

plus à l’Est à celle du Morvan plus au Nord

dans la vielle à roue d’un moustachu d’Anost

 

j’espionne la Société nationale d’étude

et de construction de moteurs d’aviation

qui secrètement garde les plans « B »

 

au-delà des barbelés de Safran

je perce la surveillance

libre parce que personne ne me connaît

 

découvre « Creusot in Love »

tube à fumée sorti de la chaudière

de la loco 241P17

 

pensant détenir une exclu j’avertis les médias

hashtag J.S.L. Le Creusot

mais pas une ligne dans leurs pages

 

votre ville featuring Beyoncé

« best kept secret » il me semble

est un fantasme bien gardé

 

aujourd’hui il pleut sur la plaine des Riaux

c’est l’écume du clip « Drunk in Love »

que boit la ville à l’apéro

 

quand Le Creusot est bleu gris

c’est pour mieux ressembler à la tenue de « B »

lors de son show aux Grammy le 26 janvier 2014.

 

_ _

E.C. 2014.

Sapin, ou La Chambre haute de Luc Dietrich

« Je passais mes jours à me demander s’il fallait être seul ou passionné du monde, naïf ou retors, généreux ou rétréci d’avarice, fréquenter et se servir des fleurs ou s’en abstenir, dire la vérité ou ne pas la dire.

Dans le fond, je crois bien que je vais passer ma vie en cherchant ce qu’il me convient. Je ne suis pas seul, je ne suis pas seul. »

Sapin ou La Chambre haute, Luc Dietrich, éditions Éoliennes, 2014.