Derniers achats / futures lectures

Je suis revenu du salon “Les beaux jours de la petite édition” à Cadenet (qui avait lieu ce week-end) avec tout ça

mes achats à Cadenet

Une belle pile de livres à ranger sur mon actuelle pile des livres en cours ou qui m’attendent à savoir la bio d’Ezra Pound et le Comment lire de ce dernier, La Dernière fête de Gil Scott-Heron, le Tais-toi ou meurs de Mark Oliver Everett (le chanteur de Eels), Rap indépendant de Sylvain Berthot, Pimp de Iceberg Slim, le dernier numéro de la revue Ouste, celui de la revue Muscle, aux dernières ficelles, il doit aussi y avoir un Christian Bobin et un Kateb Yacine qui se baladent là-dedans, mon Dieu quand aurais-je le temps de relire Septentrion ?

Steven Cohen – extrait d’interview

« J’étais devenu un membre parmi d’autres de la couche moyenne du milieu de la danse : un désastre. Sans doute me faut-il envisager de quitter la France à présent. Ici, faire de l’art est devenu mon métier, et a cessé de signifier un risque, de faire aventure. »

Steven Cohen, performer sud-africain, Mouvement n°73 mars-avril 2014.

Publié dans le n°16 de la revue Cohues

Couverture de Thibault Bourgoing

 Je chausse mes gants de boxe, le gauche sur le pied droit et le droit sur le pied gauche et rejoins le sommaire du n°16 de l’aventureuse revue Cohues, “revue dédiée aux arts et à une écriture neuve, générationnelle, atypique.”

J’ai 3 poèmes publiés entre ceux de Jaoa, Stéphane Poirier, Guillaume Petroux, Gabrielle Jarzynski, Jacques Cauda, les nouvelles de Brice Haziza, Mathias Daval, Sylvain Ré, Stéphane Bernard, Heimski, Perrin Langda et les créations visuelles de Thibault Bourgoing.

Des auteurs et poètes que je ne connais pas et qui écrivent des choses terribles. Je découvre.

Ce numéro 16 est GRATUIT et à lire sur le site http://www.cohues.fr

Pour une débénabarisation du quotidien #175-194

Suite du feuilleton de poésie qui traverse l’hiver comme un bébé gazelle qui apprend à marcher. L’épisode précédent écrit par Grégoire Damon est à lire sur son blog.

175) Les discours officiels ainsi que certaines poésies me font penser au JT de 20h sur TF1. Y’a un truc louche qui se trame là-dessous.

176) C’est que, comment dire. Quand je vois un fleuve, je vois un fleuve. Point barre. Je ne vois pas comment le cycle de l’eau pourrait intervenir en ma faveur ou tenir des discussions télépathiques avec les auteurs.

177) La voie de bus, par exemple, n’est pas en train de remettre en cause son identité de voie de bus. Même à force de se faire rouler. Dessus.

178) Le mégot qui tombe est un mégot qui tombe. Le trottoir se fissure. Et alors.

179) Depuis ma fenêtre, un flic dans son uniforme de civil reste un homme raide parmi les passants et les joggeuses.

180) L’angle de la station-service indique une station Velo’V.

181) Le bord de l’autoroute demeure le bord de l’autoroute. Un bord certes, mais de l’autoroute.

182) Le temps que l’on se donne pour observer des phénomènes reste du temps que l’on se donne pour observer des phénomènes.

183) Quand je vois la kinésithérapeute positionner ses mains en Kamé Hamé Ha en direction de mon fils, puis lui écraser ses années d’études sur la poitrine, je vois clairement quelqu’un qui fait son job.

184) Quand je vois mon enfant pleurer de douleur, c’est sans chichi. C’est que ça résiste et que ça ne se laisse pas faire là-dedans.

185) Un parking, j’avoue, me fait penser à des mots-croisés ou à un texte à trou.

186) Mais généralement la vie reste la vie.

187) Je ne sais pas lire entre les lignes.

188) Je pense avoir un problème avec l’abstraction.

189) Bien que je vois parfois du lien entre les choses.

190) Longtemps, j’ai cru que certaines des choses pas claires que j’entendais, étaient bonnes. Je tombais dans le panneau parce que justement elles n’étaient pas claires.

191) Aujourd’hui, quand j’entends un truc du genre « […] l’infini de ton souffle […] » spontanément je pense à une crise d’asthme. Ou peut-être à un genre de slam en apnée. Il y a des choses que je lis, que j’entends, que je ne comprends pas. J’avoue. Mais longtemps je ne savais pas que je ne savais pas. Du coup, je trouvais tellement de trucs géniaux.

192) Aujourd’hui, j’aime bien des choses comme les angles, la concision des panneaux directionnels et la poésie de leur disposition,  l’espace entre la rame et le quai, les places libres dans le bus, le ciel rose au-dessus du balcon, les formes courtes, et les listes à compléter :

193) __________________________________________________________________________________________________.

194) Enfin voilà, juste quelques questions ce soir. Parce qu’une journée c’est aussi ça.

Pour une débénabarisation du quotidien #161-166

Suite du freestyle poétique “Pour une débénabarisation du quotidien”. L’épisode précédent (du #149 au #160) proposé par Sieur Damon est à lire avant d’enchaîner ce qui suit. Il date d’hier et vous attend ici.

161) Puis reviens m’asseoir sur le clic-clac en position clac à tes côtés. Tu regardes la télé. Je m’échoue en silence sur le rivage de tes hanches en veillant à ne pas renverser l’écume de ma bière – il y a des essences que je ne gaspille pas. Je tente d’exister le moins possible afin de ne pas te déranger.

162) Là, assis, sans trop bouger. L’extérieur de ma cuisse contre l’extérieur de la tienne et nos bras qui s’effleurent. C’est comme si je venais de trouver le plein emploi. Tout concorde. Une bulle de la gorgée précédente me remonte à la gorge en faisant un léger bruit. Je ferme la bouche. Ne sais jamais si t’entends ou non. Dans l’instant, tu me dis toujours que non. Des jours après, tu me dis qu’en fait t’avais entendu. T’es sympa, c’est mignon. Mais je n’existe toujours pas, là, ne veux pas te déranger. Tu es concentrée. Tu focus sur le drame qui se joue devant toi. A l’écran. Alors qu’à côté, je complète en pensée ma liste de choses que j’aurais pu faire. Ça ne veut pas dire que je mets de côté ma liste de choses à faire pour te ravir, mais c’est que ma priorité ici et maintenant est de m’enfoncer au plus profond de ce canapé-lit, sentir éventuellement le clic et le clac dialoguer avec la raie de mon cul et accompagner dans son affaissement contre le matelas la lente décrépitude de mon dos de jeune père. Tout un programme qu’aucun magazine télé ne saurait décrire clairement dans ses pages. M’effacer suffisamment de ta présence pour n’en devenir plus que l’unique spectateur. Te regarder regarder. M’annuler sous ton épaule. En finir avec l’existence existante. Au moins pour ce soir. Pendant que les jambons dorment. Tu te fais ton film et moi je renonce à lire pour te mater en buvant ma 8.6. En action même passive. Les yeux à la fois dans ta tête et devant. Même assise t’es debout. La vie comme le sentier évident qui mène à l’autoroute du soleil. Putain c’que je voudrais être cet acteur américain.

163) Un temps.

164) Si là tu me demandais « demain on fait quoi ? » je ne saurais pas quoi répondre. Rien qui nous satisferait tous les deux. Sérieux. Parfois, je m’en veux de n’avoir ni folie prévisionnelle ni spontanéité différée. En revanche, si tu me demandais « on fait quoi là ? » je n’aurai plus qu’à te réciter le paragraphe 162. Je te rejouerai cette scène en boucle comme si c’était le jour de la marmotte dans Un jour sans fin. Mais comme nous nous aimons, comme nous nous réveillerons demain matin l’un à côté de l’autre, la boucle temporelle sera rapidement brisée. Un nouveau jour plus un nouveau jour plus un nouveau jour.

165) Pour ne plus qu’atteindre le léger.

166) Attend un peu Greg. Je rewind un instant sur le paragraphe 160. 8.6… A moins que cela ne soit pas une bière que tu t’en allais ouvrir mais bel et bien 8.6 le département ? Ou l’année 86 ? Tu faisais quoi en 86 ? T’arriverais vraiment à ouvrir en deux une année entière ?

Auberge de jeunesse

Source : Google Map.
Source : Google Map.

 

À Tadoussac

légèrement à l’est du centre

en aval du fleuve

existe

une dune de sable

qui se déverse dans l’eau

depuis la route

où nous avions garé la voiture.

 

En pleine nuit d’été

nous étions un groupe de jeunes

serrés les uns contre les autres

lancés en une boule qui

dégringolât du haut de la dune

dessinant la courbe future de notre niveau de vie.

 

Nous roulions dans la pente noire de la nature

tous exaltés

par un jaillissement nouveau

qui en bas fut freiné

par les vaguelettes froides du Saint-Laurent.

 

Nous campâmes là

une heure pas plus

le temps de finir les bouteilles

et de répondre par des fantasmes

aux soufflements des baleines qui s’approchaient du rivage.

 

Des selfies

un ou deux couples

des amitiés ambiguës

et des « toi, tu viens d’où ? »

 

Au bout d’un moment

tout ça retombe quand même

il faut rentrer même si personne n’explique jamais clairement pourquoi

il faut rentrer.

 

La remontée

plus rude

donna tout de même ses barres de rires

car il fallait en porter une qui trop bourrée s’était blessé la cheville.

 

Dernier coup d’œil vers la plage derrière qui nous quittait

du feu dans le frais de nos corps pacsés à des grains de sable

les shoes en miettes j’y laissai un bout de Converse.

Pour une débénabarisation du quotidien #143-148

Suite du feuilleton poético-collaboratif avec Grégoire Damon. Pour l’épisode précédent, c’est ici.

143) Pendant ce temps, j’ai deux gnocchis en body dans le salon qui gigotent et qui tapent sur un synthétiseur jouet à l’aide du couvercle de leur boîte de céréales. Ça crie. L’un tape sur l’autre. Ça pleure. Qu’ils s’éduquent seuls. Un instant. Sans le géniteur.

144) Moi géniteur, m’isole parfois derrière le mur blanc pour développer mon individualisme le temps d’une vidéo sur Youtube. Moi géniteur, ne pensais pas une seconde à l’avenir lorsque j’ai lâché les chevaux. Moi géniteur, ne vois plus que rarement le soleil de minuit. Moi géniteur, tiens toujours plus ou moins l’alcool mais ne tiens plus le temps. Moi géniteur, écoute avec conviction ce que les jouets qui heurtent mon sol ont à dire. Moi géniteur, ne crois plus au plastique. Moi géniteur, tout comme mes enfants, préfère les jouets qui n’en sont pas. Moi géniteur, ne comprends pas toujours les braillements du tapis de change. Moi géniteur, n’aime plus le papier. Moi géniteur, regrette ne pas avoir publié plus tôt un livre dont mes enfants auraient pu déchirer puis grignoter les pages. Moi géniteur, trouve tout de même le temps de me reposer devant une bouse bien chaude chiée entre deux pubs. Moi géniteur, me dois d’inventer continuellement des solutions au changement de notre quotient CAF, au manque de sel, à l’égarement du doudou et au continuum familial. Moi géniteur, adore boire de la bière avec d’autres géniteurs. Moi géniteur, me sens parfois à l’étroit entre le rôle de père et celui de fils. Moi géniteur, m’emmerde parfois, agace aussi, m’en fous souvent. Moi géniteur, avec la génitrice trinquons à cette deuxième journée qu’on appelle la nuit. Moi géniteur, te caresse le crâne quand tu dors – à 20h30. Moi géniteur, cultive ma nuit. Moi géniteur, aime le miel. Moi géniteur, vous aime en vrai comme une tache. Moi géniteur, prend deux ans en six mois. Moi géniteur, a donc inventé la machine à avancer le temps. Moi géniteur, n’est pas monté à Paris pour tenter une carrière dans le milieu des géniteurs. Moi géniteur, est resté en région et prépare sa marinade. Moi géniteur, inquiété par votre silence soudain, ressors de ma cellule. Moi géniteur, reviens m’accroupir à vos yeux. Moi géniteur, vous récite le premier vers du célèbre poème « Zone » d’Apollinaire.

145) Vous les gnocchis, me répondez par un « adia ». Vous les gnocchis, n’avez pas idée de la galère que c’est d’essayer de vous comprendre. Vous les gnocchis, me montrez du doigt d’un air interrogateur. Vous les gnocchis, considérez tous les livres comme des recueils de poésie tellement vous les ouvrez de manière aléatoire. Vous les gnocchis, la situation en Ukraine c’est un cas trop simple pour vous ; vous qui dès les premiers jours de la grossesse aviez réussi à vous séparer l’un de l’autre, je l’espère, pour mieux vous aimer. Vous les gnocchis, en avez à revendre du désir de vie.

146) Un désir qui, dans le désordre, coule. Déborde. Se lâche. Tache. Mémorise grossièrement. Rampe. Se tient aux meubles. Fuit. Chante. S’essuie. Pousse. Perce. Chancelle. Pointe du doigt. Régurgite. Babille. Se mouche. S’endort. S’équilibre. S’étale. S’assoit. Brûle. Se lève. Tombe et crache.

147) Un désir qui, dans le désordre, nous recolle, nous rappelle, nous aime, nous agrippe, nous fatigue, nous débranche, nous fait nous engueuler, nous marginalise, nous universalise, nous ouvre en deux, nous plie en quatre, nous rend exigent, vigilent, nous maintient tout en virgule, souplement, nous réveille, un peu souvent, mais nous réveille.

148) Aujourd’hui, je dois manger avant de partir. Mais c’est bientôt l’heure. Et la vaisselle, elle, tapie au fond de l’évier m’attend, un couteau à la main.

Otis

www.youtube.com/watch?v=BoEKWtgJQAU

vraiment trop cool

ces deux mecs ont fait du T-shirt blanc un véritable drapeau

ils démontent et recollent la soul comme des constructeurs automobiles

puis nous jettent l’écran dans les yeux

 

ça rappe

si facilement

dérape aussi

 

Ashley Sky et ses copines mannequins

à l’arrière dans la vie comme dans cette Maybach versifiée

s’amusent et se marrent

on les envierait presque

de ne vivre qu’en deux dimensions

sur un support plat

l’existence doit être écrasante

 

nous

on se prend ça

sur le visage on jubile

ben ouais c’est le rêve américain

un poster froissé par l’éloignement

dans une chambre provinciale

 

sur nos cannes on habite le jour loin des capitales

la fin de « Try a little tenderness » dans le corps

et ses GOTTA-GOTTA-NAH-NAH-NAH

en guise de réconfort

la poésie sonore du jeune Otis Redding

me rappelle qu’ado nous nous soignions en nous persuadant être plusieurs.

 

_ _

E.C.

Pour une débénabarisation du quotidien #130-135

Un nouvel épisode du feuilleton poétique de votre hiver (la contribution précédente du #123 au #129 par Greg Damon c’est ici) :

130) Ça crame. Il y a des jours où des mecs en crament d’autres. Et ils filment. Ils filment puis montent les images. Font des ralentis. Des incrustations. Et font une réalisation tape-à-l’œil-du-plus-faible-et-fox-news qu’ils mettent en ligne. Ça se diffuse tout seul. On dit nous avons décidé de ne pas vous montrer les images du mal. On dit nous avons décidé de ne pas vous montrer les images du mal. On dit nous avons décidé de ne pas vous montrer les images du mal. Mais à force de le répéter, et bien un mal grandit quand même. Il infuse puis se disperse. Opération commando. En ligne.

131) Quel est l’équivalent contemporain de la ligne Maginot de 1940 ?

132) Quelles sont les lignes à ne pas franchir ? On veut savoir. Parce qu’on a l’impression qu’en la matière, il y a pas mal de fluctuations. Certains peuvent. D’autres non. Selon les passifs, l’actualité ou les thèmes électoralistes. On voudrait savoir. Ce n’est pas pour chercher la merde. C’est pour vivre sans être inquiété de ce qui pourrait

133) tomber.

134) J’ai des enfants.

135) Ça caille. Il y a des jours comme aujourd’hui où la ville neige de droite à gauche. Le vent. De droite à gauche. Ça ne tiendra pas. Mais on sort tout de même – debout – une trace de morve sur la veste au niveau de l’épaule.

1 poème graphique publié dans Méninge n°2

Deuxième publication pour moi en 2015 ! Il s’agit d’un poème extrait d’un ensemble intitulé “MONDE” que j’ai confié l’année dernière à Rémi Santiard, photographe et infographiste à Lyon, que je connais depuis longtemps : il est l’un des fondateur de la revue Némésis à Dijon pour laquelle j’œuvrais avec d’autres il y a quelques années à Dijon. Rémi a su recréer graphiquement le poème et celui-ci se voit aujourd’hui publié dans le n°2 de la revue Méninge dont le thème est “Street art et arts de rue”. C’est une revue numérique à lire en ligne ci-dessous.

Ont participé à ce numéro : Aliénor Samuel-Hervé, Chloé Dubini, Éléna Lebrun, Emanuel Campo, Évelyne Charasse, Fabrice Farre, Jennifer Bomboy, Jérôme Pergolesi, Linda Talbot, Nicolas Girard, Pablo Cordoba, Perrin Langda, Rémi Santiard, Theombogü & Thomas Le Gloahec. Retrouvez les liens vers les blogs ou sites des participants directement dans la revue.

Découvrez le premier numéro de Méninge et l’appel à texte pour le prochain : http://www.revuemeninge.fr/

Le travail de Rémi Santiard sur son site : http://naminonaka.com/

Retour sur le cabaret poétique du 25 janvier à Lyon

Dimanche 25 janvier 2015, j’étais invité à participer au Cabaret poétique animé par Frédérick Houdaer au Périscope à Lyon. Nous étions 4 à lire : Maryse Vuillermet, Grégoire Damon, NatYot accompagnée musicalement par Denis Cassan, et moi-même. Bravo et merci à eux pour ces bons moments. Content – enfin – d’avoir eu l’occasion de lire à Lyon (où j’habite bordel) !

Retrouvez les photos de cet événement par Denis Svartz, sur le blog de Frédérick Houdaer.

“d’origine” de Grégoire Damon aux éditions Le pédalo ivre

D’origine, le nouveau livre de Grégoire Damon vient de paraître aux éditions Le pédalo ivre. Plusieurs poèmes m’ont touché. Beaucoup de ses lignes me parlent… J’ai eu du mal à en choisir un extrait sans spoiler. Par exemple, ça, ça me plaît beaucoup :

Un extrait du poème “Awards”

le vide il y en a que ça terrifie
quand ils en trouvent dans le jardin ils le remplissent d’eau et ça fait une piscine
ils invitent les voisins à prendre des photos
pas nous

nous
nous sommes bons
à rien
très bons même
excellents
primés dans tous les festivals
au salon international
de la déprime saisonnière
nous sommes pour la soirée
solaires
habillés maquillés coiffés personnellement
sur tous les tapis rouges par tous les Lagerfeld
car on va nous remettre le prix
cette année encore nous avons été les meilleurs
à que dalle
à rien
[…]

d’origine se commande ici.
Un premier article élogieux sur Poebzine.
Le blog de Grégoire Damon.

ACHETEZ LA POÉSIE DES VIVANTS.

Publication “papier” du n°6 de 17secondes

Je vous annonçais dernièrement la parution du n°6 de la revue numérique 17secondes, numéro dans lequel je me sens bien au chaud page 54. Vous pouvez aujourd’hui commander ICI la version papier de l’ouvrage.

Revue 17secondesRevue 17secondes

Sommaire : Dominique Dumont, Colette Daviles-Estinès, Louis Raoul, Cédric Landri, Morgan Riet, Christophe Bregaint, Christelle Mas, Julien Boutreux, Cathy Garcia, Benoit Jeantet, Anne Jolly, Patrick Beaucamps, Daniel Birnbaum, Séverine Landry, Sophie Lagal, François Teyssandier, Anne Solange Gaulier, Elodie Agnesotti, Dominique Saint-Dizier, Laurence Marino, Frédéric Lefebvre, Jérôme Pergolesi, Agnès Cognée, Lydia Padellec, Sabrina-Ambre Biller, Aliénor Ovale, Emanuel Campo, Georges Thiéry, Laity Ndiaye, Chantal Delcroix, Sophie Nicol, Marielle Seznec, Antonella Fiori, Perrin Langda.

Pour plus d’informations :
http://revue17secondes.blogspot.fr/