1 poème graphique publié dans Méninge n°2

Deuxième publication pour moi en 2015 ! Il s’agit d’un poème extrait d’un ensemble intitulé “MONDE” que j’ai confié l’année dernière à Rémi Santiard, photographe et infographiste à Lyon, que je connais depuis longtemps : il est l’un des fondateur de la revue Némésis à Dijon pour laquelle j’œuvrais avec d’autres il y a quelques années à Dijon. Rémi a su recréer graphiquement le poème et celui-ci se voit aujourd’hui publié dans le n°2 de la revue Méninge dont le thème est “Street art et arts de rue”. C’est une revue numérique à lire en ligne ci-dessous.

Ont participé à ce numéro : Aliénor Samuel-Hervé, Chloé Dubini, Éléna Lebrun, Emanuel Campo, Évelyne Charasse, Fabrice Farre, Jennifer Bomboy, Jérôme Pergolesi, Linda Talbot, Nicolas Girard, Pablo Cordoba, Perrin Langda, Rémi Santiard, Theombogü & Thomas Le Gloahec. Retrouvez les liens vers les blogs ou sites des participants directement dans la revue.

Découvrez le premier numéro de Méninge et l’appel à texte pour le prochain : http://www.revuemeninge.fr/

Le travail de Rémi Santiard sur son site : http://naminonaka.com/

Retour sur le cabaret poétique du 25 janvier à Lyon

Dimanche 25 janvier 2015, j’étais invité à participer au Cabaret poétique animé par Frédérick Houdaer au Périscope à Lyon. Nous étions 4 à lire : Maryse Vuillermet, Grégoire Damon, NatYot accompagnée musicalement par Denis Cassan, et moi-même. Bravo et merci à eux pour ces bons moments. Content – enfin – d’avoir eu l’occasion de lire à Lyon (où j’habite bordel) !

Retrouvez les photos de cet événement par Denis Svartz, sur le blog de Frédérick Houdaer.

“d’origine” de Grégoire Damon aux éditions Le pédalo ivre

D’origine, le nouveau livre de Grégoire Damon vient de paraître aux éditions Le pédalo ivre. Plusieurs poèmes m’ont touché. Beaucoup de ses lignes me parlent… J’ai eu du mal à en choisir un extrait sans spoiler. Par exemple, ça, ça me plaît beaucoup :

Un extrait du poème “Awards”

le vide il y en a que ça terrifie
quand ils en trouvent dans le jardin ils le remplissent d’eau et ça fait une piscine
ils invitent les voisins à prendre des photos
pas nous

nous
nous sommes bons
à rien
très bons même
excellents
primés dans tous les festivals
au salon international
de la déprime saisonnière
nous sommes pour la soirée
solaires
habillés maquillés coiffés personnellement
sur tous les tapis rouges par tous les Lagerfeld
car on va nous remettre le prix
cette année encore nous avons été les meilleurs
à que dalle
à rien
[…]

d’origine se commande ici.
Un premier article élogieux sur Poebzine.
Le blog de Grégoire Damon.

ACHETEZ LA POÉSIE DES VIVANTS.

Publication “papier” du n°6 de 17secondes

Je vous annonçais dernièrement la parution du n°6 de la revue numérique 17secondes, numéro dans lequel je me sens bien au chaud page 54. Vous pouvez aujourd’hui commander ICI la version papier de l’ouvrage.

Revue 17secondesRevue 17secondes

Sommaire : Dominique Dumont, Colette Daviles-Estinès, Louis Raoul, Cédric Landri, Morgan Riet, Christophe Bregaint, Christelle Mas, Julien Boutreux, Cathy Garcia, Benoit Jeantet, Anne Jolly, Patrick Beaucamps, Daniel Birnbaum, Séverine Landry, Sophie Lagal, François Teyssandier, Anne Solange Gaulier, Elodie Agnesotti, Dominique Saint-Dizier, Laurence Marino, Frédéric Lefebvre, Jérôme Pergolesi, Agnès Cognée, Lydia Padellec, Sabrina-Ambre Biller, Aliénor Ovale, Emanuel Campo, Georges Thiéry, Laity Ndiaye, Chantal Delcroix, Sophie Nicol, Marielle Seznec, Antonella Fiori, Perrin Langda.

Pour plus d’informations :
http://revue17secondes.blogspot.fr/

Cabaret poétique à Lyon 25 janvier

10805634_10153024948298872_6209464992052259452_n

Dimanche 25 janvier 2015 : Un grand merci à Frédérick Houdaer de m’avoir invité à lire au prochain Cabaret Poétique sur la scène du Périscope à Lyon. J’y serai en compagnie de NatYot, Maryse Vuillermet et de Grégoire Damon.

C’est gratuit, la bière y est brune ou bonde, le vin rouge ou blanc, le soda comestible et c’est au 13 de la rue Delandine, Lyon 2e, dans le quartier Perrache côté Rhône.

Plus d’infos

Pour une débénabarisation du quotidien #118-122

L’épisode précédent de la débénabarisation du quotidien (du #111 au #117) c’est ici, sur le blog de Grégoire Damon. La suite écrite à l’instant c’est là :

118) tard c’est compliqué, les yeux qui piquent ;

tard le silence se déporte ;

tard ailleurs ;

tard ailleurs c’est proche ;

tard c’est à la fois la fatigue du jour et celle du lendemain ;

tard seul dans le salon qui veille ;

tard tu dors ;

tard on prépare l’avenir devant l’ordi ;

tard on boit à la bouteille, les verres sont dans la cuisine et la cuisine est trop loin ;

tard demain c’est très proche ;

tard jag är stel i nacken ;

tard tu tousses dans ton sommeil malade ;

tard le périph’ est vide ;

tard je le vois depuis ma fenêtre ;

tard frisson ;

tard pas de froid mais de fatigue ;

tard à force de préparer l’avenir ;

tard je me suis assis sur le potentiel de situation ;

tard j’ai le cul tout raide ;

tard bizarre pour un cul ;

tard c’est peut-être le signal pour aller m’aplatir contre la ronfleuse ;

tard à demain, même heure, même bouteille.

119) Une véritable guerre s’est déclarée durant notre sommeil. Ça doit bien les faire marrer maintenant les sonneurs d’alarmes. Enfin… Pas marrer. Pire. Depuis des années que leurs bras se soulèvent, certains ont-ils renoncé à leur engagement ? D’autres voient-ils dans l’actualité un nouvel élan ? Sentiraient-ils que les puissants seraient enfin prêts à les soutenir ? Les sonneurs d’alarmes. Acteurs associatifs. Habitants. Agents de proximités. Certains artistes. Journalistes indépendants. Un iceberg vient d’émerger. A l’écran. Uniquement à l’écran. Les vivants, eux, savaient.

120) Et de nouveau, une étrange intuition que des têtes vont tomber. Pas les bonnes. Que les défenses se dressent. Autour de nous. Qu’à vouloir des enfants libres. On les veut parfaits. Qu’à force de créer des explications. On découvre notre fragile équilibre. Notre complexité. Une étrange intuition que des fenêtres s’ouvrent. Mais que les serrures se ferment. Que des forces sont en mouvements. Depuis, depuis, depuis. Que le progrès du monde n’a pas de mémoire. Que l’on cherche un mode d’emploi. Alors qu’il s’agit uniquement de vivre. Vivre et tenir. Debout. Pas d’emploi. Qu’après des siècles de littératures et de philosophies, certains en sont encore à se poser des questions déjà résolues. Que les mots se vident. On les épuise. Qu’on les dérègle à force de les crier. De les exploiter. De les débiter. De les. De les. Un mot comme une petite Terre sur laquelle on vit à crédit.

121) Réveil. Je me réveille. Oh merde. C’était quoi ça ? La ronfleuse, t’es où ? Dans la salle d’eau, tout va bien. Chez nous. Je suis chez nous. Chérie, tu me croiras jamais, j’ai rêvé que je parlais comme…

122) RECOMMENCER. Et s’y TENIR.

– –

Pour une débénabarisation du quotidien est une liste écrite par Grégoire Damon (son blog) et moi à suivre sur nos blogs respectifs. Les nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs trouveront des explications ici.

Dan Fante “IRAK” (poème)

Dédicace de Dan Fante. Merci à Adélaïde pour l'attention.
Ma petite dédicace de Dan Fante… (demandée pour moi par Adélaïde)

IRAK

 

Ce matin

cap sur un nouveau job

de démarchage par téléphone

– j’ai surplombé Topanga Canyon

en bagnole

et les nuages formaient une nappe de coton blanc

contre la chemise de travail bleue poivron du grand Jésus

 

Comme le brouillard se levait

je me suis éloigné de la côte

et enfoncé dans les collines

J’ai avalé mon café

puis éteint la radio

pour varier les plaisirs

 

Apparemment

notre inénarrable Georges a décidé que ça commençait à bien faire

et que le moment était venu pour ces mecs coiffés de serpillières

de se muer en une vaste flaque de pétrole unilatéral dans le désert

 

et moi

toujours fier d’être américain

je me dis

hé tout va bien

 

J’inspire et j’expire – ici et maintenant

je suis un homme blanc

libre

et j’ai vingt et un ans

c’est ça

et

ma précieuse sécurité nationale est préservée

par un monsieur à la voix douce persuadé que faire cramer

quelques centaines de milliers de bébés

c’est pas cher payé pour un indice de popularité de 58%

ça

On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs – pas vrai ?

 

Alors merci Georges de Beuliou pour ta vision d’une singulière

radicale

impeccablement inimaginable

stupidité

 

Et

au fait

 

quand ton programme chargé

à la Sécurité Nationale tout ça

te laissera une seconde

 

SUCE-MOI

 

Dan Fante, Bons baisers de la grosse barmaid, 13e Note éditions, 2009.

Pour une débénabarisation du quotidien #101-105 et #106-110

Pour une débénabarisation du quotidien du #101 au #105 par Grégoire Damon c’est ici. La suite écrite ce matin par mes soins, c’est juste là :

106) TENIR. REFAIRE. Tenir et refaire. Tenir en refaisant. Refaire en tenant. Woua la langue est riche quand même. Tellement riche qu’elle coûte chère. Qu’on s’en serve ou qu’elle nous empêche.

107) TENIR. Je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain. Hop tous ensemble « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » ouais c’est ça, allez les amis plus fort « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » je ne vous entends pas « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » tous ensemble « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » youhou « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » unis « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » qui parle de dictature du rire ? « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » faisons du bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » réveillons nos collégiens indignes « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » Nicolas, Pimprenelle, vous aussi « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » oui il y a école aujourd’hui, mais aujourd’hui est un jour spécial « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » bruit bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » bruit bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » bruit bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » OK c’est bon pour aujourd’hui. Demain, on fera la même, mais sans prononcer les voyelles.

108) TENIR. Debout dans le bruit du plat écran qui est le mien. TAPER ON VEUT SE TAPER ET FAIRE LA PAIX ET FAIRE LA PAIX EN SE TAPANT ET SE TAPER CONTRE LES MOTS DES AUTRES CAR LES AUTRES NE PARLENT PAS COMME ON ET QUE SI ON NE PARLE PAS COMME ON BEN ÇA POURRAIT DIRE QU’ON EST CONTRE IL FAUT VÉRIFIER SI L’AUTRE EST CONTRE ALORS ON TÂTE LE TERRAIN AVEC DES QUESTIONS QUI N’EN SONT PAS ON CONTRÔLE L’AUTRE POUR SAVOIR SI ON PEUT PARLER LIBREMENT VULGAIREMENT COMME LORS D’UN REPAS DE FAMILLE ES-TU DE MA FAMILLE CAR IL Y A UNE FAILLE DANS LA FAMILLE QUAND ON NE L’AIME PLUS SI ON ENLÈVE LE « M » TANT AIMÉ DU MOT « FAMILLE » CELA DONNE « FAILLE » IL FAUT SE LA DONNER CONTRE LES MALENTENDUS SORTIR LE SNIPER ESPÉRER LA PAIX CAR ÇA PUE DANS LA BOUCHE DES MICROS ÇA PUE SUR LES TOUCHES DES CLAVIERS ET SUR LES ÉCRANS DES TABLETTES LES CHAÎNES DE MAILS QU’ON REÇOIT SANS RIEN DEMANDER PUENT ET LES OREILLES SE BOUCHENT POUR NE PAS QUE ÇA SE BOUSCULE DANS LA TÊTE POUR NE PAS QUE ÇA RENVERSE LE SYSTÈME DE PENSÉE QUE L’ON S’EST FABRIQUÉ DEPUIS TANT D’ANNÉES ÇA PREND DU TEMPS DE SE CONSTRUIRE UNE FAÇON DE PENSER UNE FAÇON DE PARLER DE NOS JOURS ÇA MET PLUS DE TEMPS QUE DE SE FAIRE UNE OPINION ÇA REPRÉSENTE DES ANNÉES DE LECTURE OU D’ABSENCE DE LECTURE DES ANNÉES DE SOIRÉES RUQUIER OU CANAL + ET DES DIZAINES DE REPAS DE FAILLE ET DE FAMILLE DES HEURES DE BOULOT CUMULÉES ALORS POURQUOI RISQUER DE FOUTRE TOUT ÇA À LA POUBELLE – ON Y REVIENT – POUR UNE COMPLEXE HISTOIRE DE DIGNITÉ INTELLECTUELLE ?

109) TENIR. Se réveiller avec la voix de Rita du film Mulholland Drive qui susurre « Silencio… Silencio… » puis « go with me somewhere ».

110) TENIR. Je veux bien, mais pour aller où ma belle ?

– –

Pour une débénabarisation du quotidien est une liste écrite par Grégoire Damon (son blog) et moi-même en une forme de “passe-passe” : l’un complète l’autre. Les nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs trouveront des explications ici.

2 poèmes publiés dans le n°6 de la revue 17secondes

J’ai l’immense plaisir d’être à nouveau publié dans 17secondes, revue en ligne dirigée par l’artiste Jérôme Pergolesi. Deux poèmes inédits “corbeille” et “ça gratte” (sur fond de Velvet Underground) calés dans un sommaire qui ressemble à ça : Dominique Dumont, Colette Daviles-Estinès, Louis Raoul, Cédric Landri, Morgan Riet, Christophe Bregaint, Christelle Mas, Julien Boutreux, Cathy Garcia, Benoit Jeantet, Anne Jolly, Patrick Beaucamps, Daniel Birnbaum, Séverine Landry, Sophie Lagal, François Teyssandier, Anne Solange Gaulier, Elodie Agnesotti, Dominique Saint-Dizier, Laurence Marino, Frédéric Lefebvre, Jérôme Pergolesi, Agnès Cognée, Lydia Padellec, Sabrina-Ambre Biller, Aliénor Ovale, Emanuel Campo, Georges Thiéry, Laity Ndiaye, Chantal Delcroix, Sophie Nicol, Marielle Seznec, Antonella Fiori, Perrin Langda.

Découvrez ce numéro ci-dessous :

Ce numéro est également disponible en version papier sur le blog de la revue au prix de 18€.

Retrouvez mes autres textes publiés par la revue 17secondes dans le n°3 et le n°4 (extrait d’un court ensemble de textes intitulé Pulsar).

Le blog de la revue : http://revue17secondes.blogspot.fr/

A l’aube

Gozertron Fleet #14; Création Légo de Crimso
Gozertron Fleet #14. Création Lego de Crimso

 

un texto cosmique
écrit à l’encre fraîche
dans le ciel mis à jour du matin

« Vous n’êtes pas prêts. Nous reviendrons plus tard. »
signé
« Une délégation de diplomates du système [inscription cachée par un nuage] venus sur Terre pour évaluer votre capacité à recevoir nos connaissances. »

Retro 2014

Voici une sélection de mes travaux en 2014. Un grand merci à celles et à ceux avec qui j’ai eu plaisir à bosser, jouer, écrire, dire, animer… Je vous souhaite le meilleur pour 2015.

Poésie, lecture, publication :

– Les Agapes littéraires au Croiseur/Scène7 à Lyon : membre du comité de programmation et lecture de mon texte Quand j’étais petit je croyais que la Bande de Gaza c’était un groupe de rock avec les comédiennes Agathe Marchal et Maryline Fournier.

– Résidence d’écriture et lecture avec Paul Wamo (Nouméa) au C2 (71). Un article avec photos ici et un autre ici.

Paul Wamo et moi quelques minutes avant notre lecture. Photo : Hugo Nieddu
Paul Wamo et moi quelques minutes avant notre lecture.
Photo : Hugo Nieddu

– Publications dans les revues MicrobeDéZopilant, 17secondes, Ce qui reste et la plateforme en ligne Sans tiroirs ni rangement.

– Écriture en dialogue ou en ping-pong avec Grégoire Damon : “Pour une débénabarisation du quotidien” à suivre sur nos blogs respectifs.

Scène, spectacle, théâtre :

– Participation à la Fête à Voltaire 2014 à Ferney-Voltaire (01) : écriture et jeu dans “La science des songes” mise en scène par Eric Massé (Cie des Lumas) avec Rafael Smadja, danseur et chorégraphe, et Lila Beronja, violoncelliste. Photos ici © Aline Groley.

La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.  Avec Emanuel Campo,  Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et  Lila Beronja (violoncelle).
La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.
Avec Emanuel Campo, Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et Lila Beronja (violoncelle).
La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.  Avec Emanuel Campo,  Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et  Lila Beronja (violoncelle).
La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.
Avec Emanuel Campo, Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et Lila Beronja (violoncelle).

 

– Résidence de 10 jours et performance avec la compagnie de danse Kat’Chaça dans une Halle industrielle réhabilitée au Creusot. Reportage France 3 Bourgogne ici et montage de la captation :

Cie Kat’chaça // Résidence artistique // Halle Patrimoniale Le Creusot // Cabines #1 from Cie Kat’chaça on Vimeo.

Ateliers et interventions artistiques :

Décembre 2014 au centre culturel le C2. Atelier animé entre Paul Wamo et moi.
Décembre 2014 au centre culturel le C2. Atelier animé par Paul Wamo et moi.

Aux Subsistances (Lyon, 69) & aux ACT d’Hestia (Villeurbanne), à La Minoterie (Dijon, 21) avec Marion Chobert, au centre culturel C2 (Torcy, 71), à la Maison des familles de Torcy (71), avec La Brèche (69) au sein de la bibliothèque départementale de l’Ain, pour la MJC de Villeurbanne (69)…

Musique :

Avec les compères Eskimo J et Mammouth de notre groupe PapierBruit, quelques titres enregistrés en studio et mixés. En voici deux :

       

Hávamál : le plus vieux poème viking

Hávamál, que l’on traduit littéralement par “les dits du très haut” est un recueil d’adages en vers que l’on prête au dieu Odin. Il conseille les mortels sur la conduite à suivre ou sur les moyens de mener une vie prospère. Je n’ai pas trouvé meilleure (re)lecture pour finir l’année. En voici sept extraits :

 

Vigilance

Le meilleur fardeau

à porter en chemin

est un grand bon sens.

Il n’en est de pire

à porter avec soi

que de boire trop de bière.

***

Libations

La cervoise n’a pas

tous les talents

que les hommes lui prêtent.

S’il boit davantage

l’homme ne maîtrise plus

son tempérament.

***

Modération

Les troupeaux savent

quand il faut rentrer

et s’arrêtent de paître.

Mais l’homme ignorant

jamais ne sait

écouter son estomac.

***

Bonheur et modération

Tout homme devrait être

à moitié sage au plus

qu’il ne soit jamais trop sage.

Le cœur du docte

qui s’estime omniscient

est joyeux ben rarement.

***

Voir le bon côté

Doté d’une santé médiocre

tu es loin d’être misérable.

Certains sont riches par leur fils

certains par leur cousinage

certains de par leur richesse

d’aucuns pour leurs actions louables.

***

Compensations

Un boiteux peut chevaucher

un manchot mène un troupeau

un sourd peut manier l’épée.

Mieux vaut être aveugle

que brûlé sur un bûcher

d’aucune ressource est un homme mort.

***

Renommée

Les richesses se perdent

les lignées s’éteignent

et les hommes meurent de même façon.

Mais jamais ne périssent

estime et renom,

la réputation de ceux qui l’ont bonne.

 

– –

extrait de Ce que disaient les Vikings, traduit par Gérard Lemarquis, Gudrun, 1994.

Pour une débénabarisation du quotidien #93-99 et #100

Pour une débénabarisation du quotidien du #93 au #99 par Grégoire Damon c’est ici. Qu’il est sympa, il m’a laissé le #100 :

 

100) Les poubelles d’un jour plus un jour plus un jour. Les déchets de toute la chaîne de montage. Deux trois sacs lourds d’inutilités triées qu’on a pompé jusqu’à la moelle histoire de faire famille et tenir. Bocaux vidés jusqu’au verre. Bouteilles rincées. Conserves aux jus de légumes. Ampoules de sérum phy habitées par des restes coulants de nature sauvage. Morceaux d’ongles. Feuilles infusées. Brouillons. Mouchoirs. Noyaux d’olives. Plaquettes de pilules. Épluchures. Catalogues. Bref, de la preuve sociologique bonne qu’à inspirer les chanteurs de variété. Mais pas que : peut-être de la matière à nourrir la sculpture que l’on prépare dans le garage et que l’on compte bien envoyer sur le net en .SU. Peut-être que Génial le Poème a besoin des ordures de ses voisins pour se constituer un rêve. Ça descend sec en direction du local. Une marche puis une marche puis une marche. LOCAL POUBELLES : ça a moins de gueule que « Grande Décharge », même en lettres bâton. On dirait un vieux dialecte à la Yoda. Peut-être qu’en inversant… POUBELLES LOCALes. Là y’a un truc. Et c’est plus sympa que « déchèterie communale ». Là, on fait dans le local. On met en valeur la spécificité du coin. On est dans le terroir.

– –

Pour une débénabarisation du quotidien est une liste écrite par Grégoire Damon (son blog) et moi-même en une forme de “passe-passe” : l’un complète l’autre. Les nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs trouveront des explications ici.

Pour une débénabarisation du quotidien #72-82 et #83-92

Pour une débénabarisation du quotidien du #72 au #82 par Grégoire Damon ici. La suite, la mienne ci-dessous :

83) PANNEAU BANDEROLE FUMÉE CRIS ENSEMBLE SLOGAN PANNEAU CRIS MANIFESTATION BANDEROLE SLOGAN VIE EN GRÈVE.

84) A l’arrêt tout simplement. Le Grand Rhône fait moins le malin. Qui ne saute pas sur place n’est pas lyonnais.

85) Note pour plus tard : en temps de grève faire liste de courses.

86) Liste de courses : gel hydroalcoolique (pour trinquer ; j’en aime l’odeur, la sensation de décès sur la peau, creuse-crevasse), ramasse-mort (modèle V.4 résiste au froid, réversible et compatible trottoir), architecture et rangements (pour classer les émotions d’une journée car là c’est trop le bordel), Revolver (l’album des Beatles), bombe lacrymogène à l’adoucissant « famille » (pour le dîner de Noël), boîte à gifles parfum diesel (pour se rappeler qu’on est toujours vivant, même en temps d’immobilisme), mobile musical pour adulte avec la chanson « encore un p’tit effort » (pour se donner du courage), lait frais demi écrémé, coupe-chiasse duo rose/bleu.

87) Je pense qu’avec tout ça, je suis armé pour décembre.

88) 2015 dépasse déjà du slip. 2015 fait déjà le plombier et nous montre sa raie.

89) « BIEN PROFOND, BIEN PROFOND, BIEN PROFOND » scandé dehors.

90) Fatigué.

91) Dehors me fait peur. Trop lisse à la fois trop rugueux. A l’écart quand ça goutte. Bien qu’au final nous nous prenions tous la même pluie.

92) Cette fin d’année m’inquiète. Dois trouver un moyen pour y voir clair. Y’a quoi derrière tout ça ? La Ville ressemble de plus en plus à la carte postale tapissée sur les murs de l’Office du Tourisme. J’assiste impuissant au spectacle. J’ai payé ma place. Taxe d’habitation t’as vu. Indignation de trentenaire mais qu’ai-je fait de ma connerie ?

« Test 1, 2, 1, 2 »

Aujourd’hui, je n’ai besoin de vous

parler de rien en particulier

pourtant

la colère

le nœud

la fumée

sont là

 

mais pour le moment

le nœud

la colère

la fumée

jouent sagement à l’intérieur

 

sans trop taper dans les meubles

la colère la fumée le nœud

 

ça remue juste

à peine

pizzicato sur un nerf

 

juste ce qu’il faut

de fumée de nœud de colère

pour me faire quitter ma chaise

et vous dire

que ça pique un peu

et vous dire

que c’est pas grave

et vous dire

que ce picotement et moi

on va faire de grandes choses ensemble

 

mais avant il nous faut vivre

un petit bout de temps

sous le même toit

histoire de voir si ça marche entre lui et moi

_ _

E.C. 01/12/2014