Dan Fante “IRAK” (poème)

Dédicace de Dan Fante. Merci à Adélaïde pour l'attention.
Ma petite dédicace de Dan Fante… (demandée pour moi par Adélaïde)

IRAK

 

Ce matin

cap sur un nouveau job

de démarchage par téléphone

– j’ai surplombé Topanga Canyon

en bagnole

et les nuages formaient une nappe de coton blanc

contre la chemise de travail bleue poivron du grand Jésus

 

Comme le brouillard se levait

je me suis éloigné de la côte

et enfoncé dans les collines

J’ai avalé mon café

puis éteint la radio

pour varier les plaisirs

 

Apparemment

notre inénarrable Georges a décidé que ça commençait à bien faire

et que le moment était venu pour ces mecs coiffés de serpillières

de se muer en une vaste flaque de pétrole unilatéral dans le désert

 

et moi

toujours fier d’être américain

je me dis

hé tout va bien

 

J’inspire et j’expire – ici et maintenant

je suis un homme blanc

libre

et j’ai vingt et un ans

c’est ça

et

ma précieuse sécurité nationale est préservée

par un monsieur à la voix douce persuadé que faire cramer

quelques centaines de milliers de bébés

c’est pas cher payé pour un indice de popularité de 58%

ça

On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs – pas vrai ?

 

Alors merci Georges de Beuliou pour ta vision d’une singulière

radicale

impeccablement inimaginable

stupidité

 

Et

au fait

 

quand ton programme chargé

à la Sécurité Nationale tout ça

te laissera une seconde

 

SUCE-MOI

 

Dan Fante, Bons baisers de la grosse barmaid, 13e Note éditions, 2009.

Pour une débénabarisation du quotidien #101-105 et #106-110

Pour une débénabarisation du quotidien du #101 au #105 par Grégoire Damon c’est ici. La suite écrite ce matin par mes soins, c’est juste là :

106) TENIR. REFAIRE. Tenir et refaire. Tenir en refaisant. Refaire en tenant. Woua la langue est riche quand même. Tellement riche qu’elle coûte chère. Qu’on s’en serve ou qu’elle nous empêche.

107) TENIR. Je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain. Hop tous ensemble « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » ouais c’est ça, allez les amis plus fort « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » je ne vous entends pas « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » tous ensemble « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » youhou « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » unis « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » qui parle de dictature du rire ? « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » faisons du bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » réveillons nos collégiens indignes « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » Nicolas, Pimprenelle, vous aussi « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » oui il y a école aujourd’hui, mais aujourd’hui est un jour spécial « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » bruit bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » bruit bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » bruit bruit « je te tiens, tu me tiens par le quotidien ; le premier qui rira vivra mieux demain » OK c’est bon pour aujourd’hui. Demain, on fera la même, mais sans prononcer les voyelles.

108) TENIR. Debout dans le bruit du plat écran qui est le mien. TAPER ON VEUT SE TAPER ET FAIRE LA PAIX ET FAIRE LA PAIX EN SE TAPANT ET SE TAPER CONTRE LES MOTS DES AUTRES CAR LES AUTRES NE PARLENT PAS COMME ON ET QUE SI ON NE PARLE PAS COMME ON BEN ÇA POURRAIT DIRE QU’ON EST CONTRE IL FAUT VÉRIFIER SI L’AUTRE EST CONTRE ALORS ON TÂTE LE TERRAIN AVEC DES QUESTIONS QUI N’EN SONT PAS ON CONTRÔLE L’AUTRE POUR SAVOIR SI ON PEUT PARLER LIBREMENT VULGAIREMENT COMME LORS D’UN REPAS DE FAMILLE ES-TU DE MA FAMILLE CAR IL Y A UNE FAILLE DANS LA FAMILLE QUAND ON NE L’AIME PLUS SI ON ENLÈVE LE « M » TANT AIMÉ DU MOT « FAMILLE » CELA DONNE « FAILLE » IL FAUT SE LA DONNER CONTRE LES MALENTENDUS SORTIR LE SNIPER ESPÉRER LA PAIX CAR ÇA PUE DANS LA BOUCHE DES MICROS ÇA PUE SUR LES TOUCHES DES CLAVIERS ET SUR LES ÉCRANS DES TABLETTES LES CHAÎNES DE MAILS QU’ON REÇOIT SANS RIEN DEMANDER PUENT ET LES OREILLES SE BOUCHENT POUR NE PAS QUE ÇA SE BOUSCULE DANS LA TÊTE POUR NE PAS QUE ÇA RENVERSE LE SYSTÈME DE PENSÉE QUE L’ON S’EST FABRIQUÉ DEPUIS TANT D’ANNÉES ÇA PREND DU TEMPS DE SE CONSTRUIRE UNE FAÇON DE PENSER UNE FAÇON DE PARLER DE NOS JOURS ÇA MET PLUS DE TEMPS QUE DE SE FAIRE UNE OPINION ÇA REPRÉSENTE DES ANNÉES DE LECTURE OU D’ABSENCE DE LECTURE DES ANNÉES DE SOIRÉES RUQUIER OU CANAL + ET DES DIZAINES DE REPAS DE FAILLE ET DE FAMILLE DES HEURES DE BOULOT CUMULÉES ALORS POURQUOI RISQUER DE FOUTRE TOUT ÇA À LA POUBELLE – ON Y REVIENT – POUR UNE COMPLEXE HISTOIRE DE DIGNITÉ INTELLECTUELLE ?

109) TENIR. Se réveiller avec la voix de Rita du film Mulholland Drive qui susurre « Silencio… Silencio… » puis « go with me somewhere ».

110) TENIR. Je veux bien, mais pour aller où ma belle ?

– –

Pour une débénabarisation du quotidien est une liste écrite par Grégoire Damon (son blog) et moi-même en une forme de “passe-passe” : l’un complète l’autre. Les nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs trouveront des explications ici.

2 poèmes publiés dans le n°6 de la revue 17secondes

J’ai l’immense plaisir d’être à nouveau publié dans 17secondes, revue en ligne dirigée par l’artiste Jérôme Pergolesi. Deux poèmes inédits “corbeille” et “ça gratte” (sur fond de Velvet Underground) calés dans un sommaire qui ressemble à ça : Dominique Dumont, Colette Daviles-Estinès, Louis Raoul, Cédric Landri, Morgan Riet, Christophe Bregaint, Christelle Mas, Julien Boutreux, Cathy Garcia, Benoit Jeantet, Anne Jolly, Patrick Beaucamps, Daniel Birnbaum, Séverine Landry, Sophie Lagal, François Teyssandier, Anne Solange Gaulier, Elodie Agnesotti, Dominique Saint-Dizier, Laurence Marino, Frédéric Lefebvre, Jérôme Pergolesi, Agnès Cognée, Lydia Padellec, Sabrina-Ambre Biller, Aliénor Ovale, Emanuel Campo, Georges Thiéry, Laity Ndiaye, Chantal Delcroix, Sophie Nicol, Marielle Seznec, Antonella Fiori, Perrin Langda.

Découvrez ce numéro ci-dessous :

Ce numéro est également disponible en version papier sur le blog de la revue au prix de 18€.

Retrouvez mes autres textes publiés par la revue 17secondes dans le n°3 et le n°4 (extrait d’un court ensemble de textes intitulé Pulsar).

Le blog de la revue : http://revue17secondes.blogspot.fr/

A l’aube

Gozertron Fleet #14; Création Légo de Crimso
Gozertron Fleet #14. Création Lego de Crimso

 

un texto cosmique
écrit à l’encre fraîche
dans le ciel mis à jour du matin

« Vous n’êtes pas prêts. Nous reviendrons plus tard. »
signé
« Une délégation de diplomates du système [inscription cachée par un nuage] venus sur Terre pour évaluer votre capacité à recevoir nos connaissances. »

Retro 2014

Voici une sélection de mes travaux en 2014. Un grand merci à celles et à ceux avec qui j’ai eu plaisir à bosser, jouer, écrire, dire, animer… Je vous souhaite le meilleur pour 2015.

Poésie, lecture, publication :

– Les Agapes littéraires au Croiseur/Scène7 à Lyon : membre du comité de programmation et lecture de mon texte Quand j’étais petit je croyais que la Bande de Gaza c’était un groupe de rock avec les comédiennes Agathe Marchal et Maryline Fournier.

– Résidence d’écriture et lecture avec Paul Wamo (Nouméa) au C2 (71). Un article avec photos ici et un autre ici.

Paul Wamo et moi quelques minutes avant notre lecture. Photo : Hugo Nieddu
Paul Wamo et moi quelques minutes avant notre lecture.
Photo : Hugo Nieddu

– Publications dans les revues MicrobeDéZopilant, 17secondes, Ce qui reste et la plateforme en ligne Sans tiroirs ni rangement.

– Écriture en dialogue ou en ping-pong avec Grégoire Damon : “Pour une débénabarisation du quotidien” à suivre sur nos blogs respectifs.

Scène, spectacle, théâtre :

– Participation à la Fête à Voltaire 2014 à Ferney-Voltaire (01) : écriture et jeu dans “La science des songes” mise en scène par Eric Massé (Cie des Lumas) avec Rafael Smadja, danseur et chorégraphe, et Lila Beronja, violoncelliste. Photos ici © Aline Groley.

La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.  Avec Emanuel Campo,  Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et  Lila Beronja (violoncelle).
La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.
Avec Emanuel Campo, Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et Lila Beronja (violoncelle).
La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.  Avec Emanuel Campo,  Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et  Lila Beronja (violoncelle).
La science des songes. Textes : Voltaire et Emanuel Campo.
Avec Emanuel Campo, Rafael Smadja (danse et chorégraphie) et Lila Beronja (violoncelle).

 

– Résidence de 10 jours et performance avec la compagnie de danse Kat’Chaça dans une Halle industrielle réhabilitée au Creusot. Reportage France 3 Bourgogne ici et montage de la captation :

Cie Kat’chaça // Résidence artistique // Halle Patrimoniale Le Creusot // Cabines #1 from Cie Kat’chaça on Vimeo.

Ateliers et interventions artistiques :

Décembre 2014 au centre culturel le C2. Atelier animé entre Paul Wamo et moi.
Décembre 2014 au centre culturel le C2. Atelier animé par Paul Wamo et moi.

Aux Subsistances (Lyon, 69) & aux ACT d’Hestia (Villeurbanne), à La Minoterie (Dijon, 21) avec Marion Chobert, au centre culturel C2 (Torcy, 71), à la Maison des familles de Torcy (71), avec La Brèche (69) au sein de la bibliothèque départementale de l’Ain, pour la MJC de Villeurbanne (69)…

Musique :

Avec les compères Eskimo J et Mammouth de notre groupe PapierBruit, quelques titres enregistrés en studio et mixés. En voici deux :

       

Hávamál : le plus vieux poème viking

Hávamál, que l’on traduit littéralement par “les dits du très haut” est un recueil d’adages en vers que l’on prête au dieu Odin. Il conseille les mortels sur la conduite à suivre ou sur les moyens de mener une vie prospère. Je n’ai pas trouvé meilleure (re)lecture pour finir l’année. En voici sept extraits :

 

Vigilance

Le meilleur fardeau

à porter en chemin

est un grand bon sens.

Il n’en est de pire

à porter avec soi

que de boire trop de bière.

***

Libations

La cervoise n’a pas

tous les talents

que les hommes lui prêtent.

S’il boit davantage

l’homme ne maîtrise plus

son tempérament.

***

Modération

Les troupeaux savent

quand il faut rentrer

et s’arrêtent de paître.

Mais l’homme ignorant

jamais ne sait

écouter son estomac.

***

Bonheur et modération

Tout homme devrait être

à moitié sage au plus

qu’il ne soit jamais trop sage.

Le cœur du docte

qui s’estime omniscient

est joyeux ben rarement.

***

Voir le bon côté

Doté d’une santé médiocre

tu es loin d’être misérable.

Certains sont riches par leur fils

certains par leur cousinage

certains de par leur richesse

d’aucuns pour leurs actions louables.

***

Compensations

Un boiteux peut chevaucher

un manchot mène un troupeau

un sourd peut manier l’épée.

Mieux vaut être aveugle

que brûlé sur un bûcher

d’aucune ressource est un homme mort.

***

Renommée

Les richesses se perdent

les lignées s’éteignent

et les hommes meurent de même façon.

Mais jamais ne périssent

estime et renom,

la réputation de ceux qui l’ont bonne.

 

– –

extrait de Ce que disaient les Vikings, traduit par Gérard Lemarquis, Gudrun, 1994.

Pour une débénabarisation du quotidien #93-99 et #100

Pour une débénabarisation du quotidien du #93 au #99 par Grégoire Damon c’est ici. Qu’il est sympa, il m’a laissé le #100 :

 

100) Les poubelles d’un jour plus un jour plus un jour. Les déchets de toute la chaîne de montage. Deux trois sacs lourds d’inutilités triées qu’on a pompé jusqu’à la moelle histoire de faire famille et tenir. Bocaux vidés jusqu’au verre. Bouteilles rincées. Conserves aux jus de légumes. Ampoules de sérum phy habitées par des restes coulants de nature sauvage. Morceaux d’ongles. Feuilles infusées. Brouillons. Mouchoirs. Noyaux d’olives. Plaquettes de pilules. Épluchures. Catalogues. Bref, de la preuve sociologique bonne qu’à inspirer les chanteurs de variété. Mais pas que : peut-être de la matière à nourrir la sculpture que l’on prépare dans le garage et que l’on compte bien envoyer sur le net en .SU. Peut-être que Génial le Poème a besoin des ordures de ses voisins pour se constituer un rêve. Ça descend sec en direction du local. Une marche puis une marche puis une marche. LOCAL POUBELLES : ça a moins de gueule que « Grande Décharge », même en lettres bâton. On dirait un vieux dialecte à la Yoda. Peut-être qu’en inversant… POUBELLES LOCALes. Là y’a un truc. Et c’est plus sympa que « déchèterie communale ». Là, on fait dans le local. On met en valeur la spécificité du coin. On est dans le terroir.

– –

Pour une débénabarisation du quotidien est une liste écrite par Grégoire Damon (son blog) et moi-même en une forme de “passe-passe” : l’un complète l’autre. Les nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs trouveront des explications ici.

Pour une débénabarisation du quotidien #72-82 et #83-92

Pour une débénabarisation du quotidien du #72 au #82 par Grégoire Damon ici. La suite, la mienne ci-dessous :

83) PANNEAU BANDEROLE FUMÉE CRIS ENSEMBLE SLOGAN PANNEAU CRIS MANIFESTATION BANDEROLE SLOGAN VIE EN GRÈVE.

84) A l’arrêt tout simplement. Le Grand Rhône fait moins le malin. Qui ne saute pas sur place n’est pas lyonnais.

85) Note pour plus tard : en temps de grève faire liste de courses.

86) Liste de courses : gel hydroalcoolique (pour trinquer ; j’en aime l’odeur, la sensation de décès sur la peau, creuse-crevasse), ramasse-mort (modèle V.4 résiste au froid, réversible et compatible trottoir), architecture et rangements (pour classer les émotions d’une journée car là c’est trop le bordel), Revolver (l’album des Beatles), bombe lacrymogène à l’adoucissant « famille » (pour le dîner de Noël), boîte à gifles parfum diesel (pour se rappeler qu’on est toujours vivant, même en temps d’immobilisme), mobile musical pour adulte avec la chanson « encore un p’tit effort » (pour se donner du courage), lait frais demi écrémé, coupe-chiasse duo rose/bleu.

87) Je pense qu’avec tout ça, je suis armé pour décembre.

88) 2015 dépasse déjà du slip. 2015 fait déjà le plombier et nous montre sa raie.

89) « BIEN PROFOND, BIEN PROFOND, BIEN PROFOND » scandé dehors.

90) Fatigué.

91) Dehors me fait peur. Trop lisse à la fois trop rugueux. A l’écart quand ça goutte. Bien qu’au final nous nous prenions tous la même pluie.

92) Cette fin d’année m’inquiète. Dois trouver un moyen pour y voir clair. Y’a quoi derrière tout ça ? La Ville ressemble de plus en plus à la carte postale tapissée sur les murs de l’Office du Tourisme. J’assiste impuissant au spectacle. J’ai payé ma place. Taxe d’habitation t’as vu. Indignation de trentenaire mais qu’ai-je fait de ma connerie ?

« Test 1, 2, 1, 2 »

Aujourd’hui, je n’ai besoin de vous

parler de rien en particulier

pourtant

la colère

le nœud

la fumée

sont là

 

mais pour le moment

le nœud

la colère

la fumée

jouent sagement à l’intérieur

 

sans trop taper dans les meubles

la colère la fumée le nœud

 

ça remue juste

à peine

pizzicato sur un nerf

 

juste ce qu’il faut

de fumée de nœud de colère

pour me faire quitter ma chaise

et vous dire

que ça pique un peu

et vous dire

que c’est pas grave

et vous dire

que ce picotement et moi

on va faire de grandes choses ensemble

 

mais avant il nous faut vivre

un petit bout de temps

sous le même toit

histoire de voir si ça marche entre lui et moi

_ _

E.C. 01/12/2014

Une parole de Ralf Hütter de Kraftwerk

photo extraite du site du magazine Tsugi www.tsugi.fr

“En vélo, si je veux tourner à gauche j’y vais immédiatement, avec les ordinateurs ce n’est pas aussi évident. Aujourd’hui, la technologie aide beaucoup le compositeur, c’est pour ça qu’il y a tellement de musiques identiques, il est donc plus que jamais nécessaire d’utiliser la partie créative de son cerveau.”

Ralf Hütter, extrait du hors-série du magazine Tsugi consacré au groupe Kraftwerk, nov-déc 2014.

1 poème publié dans “NOX”, le n°19 de la revue DeZopilant

Ravi, je suis extrêmement ravi, de figurer au sommaire de “NOX”, le n°19 de DeZopilant, revue porté entre Reims, Lyon et Paris par un collectif de joyeux “architektes kréatifs” dont le poète aux multiples pseudos : Abü Leïla, anciennement Dadatchat, anciennement D’, anciennement Culbutoké, avec qui j’ai eu le plaisir de partager la scène en 2010.

pour apprendre le monde

Doucement

j’hallucine

par simple coalition

j’apprends à faire les gestes

(Dadatchat, extrait de ce n°19)

Ce nouveau numéro, réalisé avec l’asso INGENS, est dingue : les textes y sont excellents. J’y retrouve les compagnons de route Isabelle Monin et Saïd Nourine avec qui je partageais les sommaires des numéros de la revue Némésis de 2005 à 2011, revue de poésie, gratuite, à Dijon.

[…] le souffle court et jambes en l’air

oublier tout entrouvrir le silence

et assassiner dimanche au son d’une cafetière enrouée

(Isabelle Monin, extrait du poème Poésie ?)

Sommaire riche et varié, comme toujours, avec aussi des noms plus répandus : Lucien Suel, Charles Pennequin, Yves Bonnefoy…

La mise en page, inventive et soignée, et les illustrations sont l’œuvre du graphiste et artiste Nicolas André. Voici une photo de ce n°19 tirée de son site (pour voir d’autres photos de la revue c’est ici) :

crédit : Nicolas André. http://www.nicolas-andre.com/

 

Vous y lirez aussi le poème que je signe. Celui-ci commence par :

je viens de rentrer d’une lecture ça manquait de poil

Enfin, vous voulez agir avec DeZopilant :

en proposant des textes au prochain numéro : ariane.dezop@gmail.com

en soutenant financièrement l’action de DéZopilant en vous abonnant : 10 euros par chèque – association Dezopilant – 31, rue Pasteur – 51220 Courcy.

 

Paul Wamo & Emanuel Campo au C2 à Torcy (71) samedi 6 décembre 2014

 

Ce soir : “ON EST LA” scène-performance-lecture-rencontre inédite entre Paul Wamo, poète de Nouméa, et moi-même au centre culturel le C2 à Torcy (71) après une résidence commune de 4 jours comprenant un stage de création avec le public.

Extraits :

Je viens de là et de là je suis arrivé jusqu’ici, je viens d’hier et d’hier je suis là maintenant, bien avant moi-même, je viens d’encore plus loin que moi-même, et d’encore plus loin que moi-même, je suis à présent, je viens de là et de là je suis arrivé jusqu’ici. (Paul Wamo)

Je viens de terres qui gueulent trop fort dans les oreilles de mon enfance et de mon enfance d’allers-retours je me suis fabriqué une ancre. De cette ancre aujourd’hui très lourde je fabrique des biberons tous les jours à 6h du mat depuis plus d’un an. Depuis plus d’un an je me dis « merde je fais moins de soirée » mais à 31 balais j’ai une théière comme sablier. (Emanuel Campo)

Un grand merci aux équipes du C2, de la bibliothèque départementale de Saône-et-Loire et de la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris d’avoir permis cette rencontre entre Paul et moi.

Soirée organisée dans le cadre du temps fort NOUVELLE-CALEDONIE / SAONE-ET-LOIRE : CULTURES COMMUNES (voir le programme).

Découvrir l’ami Paul Wamo :

– son clip AEMOON
Infos pratiques :
Tarif : 5 €
Réservations : reservation@lec2.fr / 06 82 60 53 34 ou 06 98 48 70 63

Adresse : Centre Culturel le C2 17/24 avenue du 8 mai 1945 – 71210 Torcy

Pour une débénabarisation du quotidien #67-71

67) C’est bien ! Bravo. Maintenant lâche la main. Vas-y lâche la main. Allé la main. Ouais. Vas-y. Ouais ouais c’est ça. Oui. Lâche. Lâche. Lâche prise. Lâche prise. C’est ça. Bravo ! C’est bien Papa, c’est bien.

68) C’était quoi ton métier quand t’étais jeune ? Jeune comment ? Jeune après le noir et blanc. Jeune en couleur quoi. Ben on n’avait pas vraiment de métier. On avait surtout des emplois. On cherchait un emploi. Ah. Non mais c’était sympa quand même. On faisait des trucs. Des trucs ? Oui des trucs. Du genre fallait écrire ça dans la case d’un feuillet pour que l’opération aboutisse. Construire des arrêts de tram avec des petits sièges espacés pour ne pas pouvoir s’allonger sous l’abri. Ou poser des questions fermées avec peu de lignes pour répondre. Le feuillet était en papier recyclé quand même faut pas déconner. Comme dans Hunger Games 9 ? Je ne sais pas je me suis arrêté. Au 4.

69) (Inspiré de faits réels) Tu lis quoi ? Gua. Et ça raconte quoi ? Gua. C’est bien ? Na dadada.

70) Sieste. A moi de vous réveiller.

71) Je sonne à la porte. Il sait que c’est moi. Je l’entends penser tout haut à travers le judas « putain c’est lui. J’espère qu’il ne va pas me parler poésie ». Il m’ouvre. Je me tiens debout sur son paillasson « wouaf wouaf ». Il me sourit alors que le reste de son corps semble tirer la gueule. Je lui lance : tu connais l’histoire de Génial le Poème ? Alors c’est Génial le Poème qui se ballade dans la rue. Soudain il tombe sur Paf le Chien et Flip-Flap la Girafe tous deux en train de se disputer la première place du classement de la meilleure vanne. Quand ces derniers le remarquent, ils s’immobilisent puis s’exclament en chœur « Génial le poème » ! A ces mots, le type se met à trembler. Un gigantesque trou noir commence à apparaître dans le novembre de sa tête. Le vortex grossit. Puis d’un coup, le type s’auto aspire. Se dissout en lui-même. Un temps. Puis plus rien. Je pense « OK un de moins » et barre un nom de ma death note.

_ _

Ici la contribution précédente de Grégoire Damon : du #53 au #66.

On parle de mon site sur le blog de la revue Traction-brabant

Patrice Maltaverne, poète, revuiste et éditeur parle de mon site sur le blog de la revue Traction-Brabant. Un grand merci à lui.

J’aime bien le site d’Emanuel Campo, intitulé “Etrange Playground”. ça m’a rappelé le titre d’une “chanson” appelée “Violent Playground” du groupe Nitzer Ebb que j’écoute encore de temps à autre.
C’est que dans cette publication, il y a comme un goût de baston à venir, quelque chose qui menace. Les menaces, elles ne sont pas difficiles à trouver. Il suffit d’allumer sa télé le soir et de lire un peu le journal…
L’extrapolation n’est qu’en face B mais elle est nécessaire à mon sens. C’est aussi ce que Grégoire Damon, complice d’Emanuel, appelle la “Débénabarisation du quotidien”, projet d’écriture commun.
Dans cet étrange playground vous trouverez également des morceaux de musique, des coups de cœur, notamment pour la poésie de Jason Heroux (que je partage). Bref, pas mal de points communs et surtout beaucoup de textes qui claquent bien et que je vous encourage à aller lire. Pour abaisser la pointe du saphir, c’est ici

Le lien direct de l’article c’est ici. Le blog de la revue Traction-Brabant c’est ici. Les autres blogs de Patrice Maltaverne :

 

 

Pour une débénabarisation du quotidien #53-66

Cher visiteur du présent qui désormais suit minutieusement la débénabarisation du quotidien,

Grégoire Damon vient de poster une suite qui dépote sur son blog : du #53 au #66

Bonne lecture !

Mais que vais-je répondre ?! Work in progress

 

PS : pour celles et ceux qui débarquent, le chantier Pour une débénabarisation du quotidien peut-être suivi ici ou ici.

Au bas des berges

et je percerai le secret de ce livre qui ne s’écrit pas

les feuilles de l’autoroute brunissent et coulent

au bas des berges du cendrier

 

le téléphone est l’arme de référence

et les publicitaires le savent

ils sont là

et savent

que l’écran est aussi des ultimes

 

assis est-il assis le monde tout autour ?

s’écoute-il se raconter des histoires ?

en particulier celle du monde assis qui se raconte des histoires

 

ça claque des doigts pas loin

ça clamse les néons bouteilles goudron fumant sur fond de basses funk se font entendre derrière l’épaule du balcon

 

il en faut des couilles

 

mais pas forcément tous les jours

 

act like you want it nous souffle-t-elle la chaîne

les sonneries sont le paysage et je ne suis pas assuré à présent de distinguer la colline en face

 

la tasse brûle la table

un livre couché entrouvert forme une bouche

cette bouche semble me parler

mais je n’ai que l’image

les sons ne sont pas encore arrivés

les mots lestent son intérieur

poids qui prend son temps et s’ancre

ce n’est qu’une grimace que je reçois du livre couché

 

et l’autre, toujours l’autre livre,

l’autre qui ne s’écrit pas.

 

_ _

E.C.