Je cœur New York

14 août 2009

 

Je visitais le sommet du Rockefeller Center
quand soudain je réalise que c’était le jour
du premier anniversaire de la mort de Mémé.
L’altitude peut-être.

 

J’étais haut.
Il en fallait pas plus
pour croire en la force mystique du moment
et le tourner en rite d’initiation.

 

Je sors de ma poche un porte-clés à l’effigie de Dijon
puis le brandis de tout mon vertige au-dessus de Central Park.
Je suspends ce jour-là mon quartier d’enfance bien plus haut que l’East Village.

– –

Extrait du recueil inédit Auberge de jeunesse.

La poésie, ça sera toujours mieux maintenant

 « Écrire c’est creuser un puits pour en remplir un autre. »
Thomas Vinau, Les Derniers seront les derniers, éditions Le Pédalo ivre, 2012.
« Écrire c’est répondre aux questions que personne ne vous pose. »
Jean-Pierre Georges, L’Éphémère dure toujours, éditions Tarabuste, 2010.

La poésie est ce que chacun en fait. Chaque époque créé les formes poétiques qui lui sont nécessaires. En ce sens, j’attends d’un poème qu’il soit évident et pertinent pour celui ou celle qui l’écrit ou le lit, mais surtout qu’il soit ancré dans une contemporanéité, plutôt que dans une recherche de forme ou de continuité d’un quelconque courant poétique. La poésie, ça sera toujours mieux maintenant.

Il y a des évidences et des choix qui s’imposent avant l’écriture. Cela exige de se poser la question : quelle poésie pour aujourd’hui ? Pour ma part, j’ai fait mes choix. En poésie, ne jamais dominer l’autre. Le lecteur, le voisin. La poésie doit exclure toute forme de domination culturelle et sociale par le langage. Ne pas chercher à convaincre. J’aime quand le poème témoigne d’une vérité, pas d’une conviction. Qu’il fasse l’inventaire. L’état des lieux avant de signer le bail. La poésie est le contraire de la rhétorique. Pas de bling-bling ou de grandiloquence. Pas de coup de marteau en trop. Elle n’est pas la langue des médias. Elle est une alternative au déterminisme. Elle me permet de choisir d’où je viens et comment je le dis. Néanmoins, j’aime quand la poésie est ancrée dans la réalité et le contexte social du poète. Quand elle me confirme ce que j’ai au fond de la tasse tous les matins ou qu’elle change ma perception d’une situation. Je ne lis pas et je n’écris pas pour m’évader. Il y a la vraie vie pour ça.

Écrire de la poésie est pour moi autant récréatif que nécessaire. Récréatif, dans le sens où je ne me force pas à écrire. Nécessaire car ça me permet de réajuster ce que j’ai manqué de formuler ou d’accomplir dans la vraie vie. Elle me permet de rectifier le tir ou d’amplifier un geste.

Mon écriture se nourrit du langage parlé. La publication n’est pas une étape mais un autre parcours. Je veux continuer à publier, mais je n’écris pas dans le but de publier. La publication n’est qu’une des suites possibles. C’est l’after work ou l’happy hour. Publier c’est construire un livre. Mais avant de construire, faut bien se trouver des briques. Trouver des briques, c’est un peu comme écrire des poèmes.

En ce moment, j’écris peu de poésie. Très peu. Je ne me force pas. N’aime pas l’effort. Écrire beaucoup pour garder peu, pas mon truc. Préfère ne pas trop écrire. Plutôt attendre le bon moment et me satisfaire de tout sauvegarder dans un fichier. Je ne jette pas. Ou si peu. Plutôt, je reformule. Je reformule constamment. Constamment j’aime garder. Même les bribes. Les amorces. Elles pourront peut-être servir.

 

Emanuel Campo.
Lyon, août 2017 – revu en décembre 2017.

Sur France 3

Interview et extraits de mon recueil “Maison” (éd. La Boucherie littéraire) dans ce sujet France 3 Auvergne-Rhône-Alpes-Grenoble consacré au festival de poésie Gratte-Monde de la Maison de la poésie Rhône-Alpes.

Merci à Katia Bouchoueva de la Maison poésie Rhône-Alpes et au journaliste Damien Borrelly.

Lien vers la page originale.

“Je danse” publié dans Bacchanales n°57 sport et poésie

Photo : Emanuel Campo
Photo : Emanuel Campo

Quel lien entre sport et poésie? “aucun” nous direz-vous.
Or, la poésie est là pour créer des liens entre les continents souvent opposés ou supposés comme tels.

Sport et poésie. Ces deux univers, de prime abord, semblent éloignés. Mais pas tant que ça, si on s’y penche un peu. Quels liens peuvent exister entre sport et poésie ? La poésie, est-ce un sport de combat et de résistance ? Le sport, est-ce une expérience créative du corps en mouvement ?

Et voilà que le nouveau numéro de la revue Bacchanales vient de sortir — tout beau, tout chaud…

53 poètes, 53 voix fortes, singulières, musclées, sobres et lumineuses – ont répondu présents.
avec la complicité de l’artiste Cécile BEAUPÈRE
http://cecile-beaupere.odavia.com/

Au sommaire : Dominique Sorrente, Bernard Chambaz, Claude Ber, Franck Venaille, Sophie Berckelaers, Marc-Henri Arfreux, Simon Attia, Brigitte Baumié, Lionel Bourg, Vincent Calvet, Emanuel Campo, Fanny Chiarello, Antoine Choplin, Sandrine Cnudde, Bruno Danjoux, Aurélien Delsaux, Jean-Luc Despax, Milan Dezinsky (République tchèque), Irina Dopont, Rolf Doppenberg (Suisse), François-Xavier Farine, Jean-Marc Flahaut, Jack Forbes (États-Unis), Gérard Gâcon, Sylvie Gier, Jacques Goorma, Fred Griot, Catherine Jarett, Cathy KO, Lionel Lathuille, Mélanie Leblanc, Claudie Lenzi, Cédric Lerible, Monique Lucchini, Mohamed Mahiout, Patrice Maltaverne, France Mongeau (Canada, Québec), Justine Murray, Roland Nadaus, Samira Negrouche (Algérie), Diane Regimbald (Canada, Québec), Thierry Renard, Florentine Rey, Patrick Sirot, Olina Stehlikova (République tchèque), Robert Sullivan (Nouvelle-Zélande), Apirana Taylor (Nouvelle-Zélande), Antonio Te Maioha (Nouvelle Zélande), Laura Tirandaz, Marlène Tissot, Michel Thion, Georgiana Valoyce-Sanchez (États-Unis), Joël Vernet.

Commander la revue :
https://www.maisondelapoesierhonealpes.com/edi…/bacchanales/

Festival Gratte-Monde 2017, Isère.

Je suis invité à la 22e édition du festival Gratte-monde de la Maison de la poésie Rhône-Alpes en compagnie des poètes et écrivains  Samira Negrouche (marraine), Bernard Chambaz (parrain), Florentine Rey, Fred Griot, Dimitri Porcu, Sandrine Cnudde, Claudie Lenzi, Cédric Lerible, Aurélien Delsaux, Jean-Luc Despax, Pierre Soletti, Laura Tirandaz, Joël Vernet, Brigitte Baumié, Simon Attia, Lionel Bourg, duo Minio/de Féline, Anne-Marie Pascoli, Isabelle Oed, Antoine Choplin, duo Minio/de Féline…

Site de la Maison de la poésie Rhône-Alpes : www.maisondelapoesierhonealpes.com
Page Facebook

La forteresse – ILIMITROF CPG

Voici quelques images du spectacle franco-chinois “La Forteresse” auquel j’ai participé en tant que co-auteur et qui a été créé le mois dernier au festival de Wuhzen en Chine.

“Maman t’apprendra à vivre dans cinq mètres carrés. Tes papiers, dans ce sac-là. Bulletins de salaires, pochette bleue. Papiers du docteur, pochette verte. Tes dessins, pochette blanche. Dessiner, ça fait du bien. Lis aussi quelques livres. Tes vêtements propres dans ce sac. Les sales dans un autre. Tes affaires de toilette au-dessus du reste. Tes affaires personnelles dans un sac ou sur une étagère, toujours à portée de main. Une vieille photo te sauve de la déprime. Si tu peux, visse un crochet au mur. Pends-y une lampe de poche. Prévois toujours un jeu de piles de rechange. Surtout, range dans la minute ce que tu défais. Ne laisse jamais trainer des choses sinon c’est vite le bazar. Ne t’encombre pas. Revends les bibelots que l’on t’offre. N’allume jamais un feu. Même un briquet. Sors si tu as le cafard. Sors le plus longtemps possible. Promène-toi dans un parc, cherche de la verdure, contemple un arbre, roule-toi dans le gazon, marche le long de l’eau, assieds-toi sur un banc, grimpe une colline, cours, fait de l’exercice. Bois ton café dans un fast-food, c’est moins cher. Mange le plus souvent dehors, achète en promo. (Un temps)  Choisis avec qui tu vis.”

LA FORTERESSE
被围困的城堡

Compagnie : ILIMITROF CPG
Spectacle franco-chinois en espace public.

Mise en scène : BERTRAND DESSANE , Texte : EMANUEL CAMPO, CAO JING, Scénographie et graphisme : NEMO, Comédiens : LI FEI, ARNAUD LERAY, Création musical : SERGE SANA , Assistantes à la dramaturgie et traductrices : CAO JING, LUN YIZHUO, Équipe de production : KEVIN SAVARY, LUN YIZHUO, JIANG YONG

Site de la compagnie
Page Facebook de la compagnie

 

Un texte de Jean Prévost

“Il est étrange que nous manquions presque entièrement de jeunes poètes. Le besoin de poésie me semble aujourd’hui aussi fort que jamais. Toujours l’homme que traverse un sentiment vif a honte des banalités et des bégaiements qu’il improvise. Il a besoin de la poésie pour s’exprimer et pour régler son cœur. Or notre grande poésie, classique, romantique, symboliste, ne vient pas spontanément aux lèvres en de telles occasions : elle est un objet d’étude. Le public n’a pas eu tort de revenir à la chanson. Tandis que le peuple était la proie des chansons médiocres, imitées de l’opérette, un public jeune et lettré revenait à la chanson populaire.

Serait-il impossible d’avoir en France une poésie inspirée par la chanson populaire, sans en être pourtant le centon ni la parodie ? Je le suppose. L’Espagne nous a donné déjà cet exemple. Et c’est pourquoi les poésies populaires espagnoles et les poésies de Federico García Lorca tiennent la place la plus ample parmi mes traductions. En Espagne comme en France, populaire est le contraire de vulgaire ; la poésie populaire est l’amie du mystère, de l’image hasardeuse, de l’extrême brièveté. Nous n’avons pas encore eu de Lorca.

Qui pourra envoyer les jeunes poètes chanter sur les places au jour de marché les vieilles chansons françaises et leurs propres poèmes ? Jouer de très anciennes pièces sous les halles, auprès des leurs ? Qui nous donnera l’équivalent de la Baraque de Lorca ? Je ne vois pas d’autre chemin ouvert à notre poésie.”

Préface de l’Amateur de poèmes de Jean Prévost (1901-1944), 1940.

5 poèmes et 1 interview dans Terre à Ciel

En juillet, la revue en ligne Terre à ciel avait publié une note de lecture approfondie de mon recueil Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire). Aujourd’hui, Terre à ciel récidive en publiant cinq de mes poèmes inédits ainsi qu’une interview à propos de mon parcours, de mes lectures, de poésie… Un format idéal pour se plonger rapidement dans l’univers et le parcours d’un auteur. Donc merci et bravo à l’équipe de Terre à ciel, et spécialement à Roselyne Sibille pour nos échanges, la mise en lien, et à Clara Régy pour ses questions. C’est ici :

Retour en images du cabaret poétique du 8 oct 2017

Merci à Frédérick Houdaer de m’avoir invité au Cabaret Poétique du Périscope le 8 octobre dernier. Une formidable occasion de montrer ce qu’on sait faire hors de nos blogs et de nos livres.

Merci à Antoine LnP et Judith pour les photos.

Perrin Langda. Photo : Antoine LnP.
Emanuel Campo. Photo : Antoine LnP.
Laurent Bouisset. Photo : Antoine LnP.
Nicolas Vargas. Photo : Antoine LnP.
Photo : Antoine LnP.
De gauche à droite : Doublure de Perrin Langda par Patrick Dubost, Frédérick Houdaer l’animateur du cabaret poétique du Périscope, Emanuel Campo, Laurent Bouisset, Nicolas Vargas. Photo : Antoine LnP.
De gauche à droite : Doublure de Perrin Langda par Patrick Dubost, Frédérick Houdaer l’animateur du cabaret poétique du Périscope, Emanuel Campo, Laurent Bouisset, Nicolas Vargas. Photo : Judith Wiart.

 

Bonus selflou :

Selflou de gauche à droite : Nicolas Vargas, Perrin Langda, Laurent Bouisset.

Site de Nicolas Vargas
Site de Perrin Langda
Site
de Laurent Bouisset
Site de Frédérick Houdaer, le MC du Cabaret

 

 

 

 

 

 

Revue Métèque n°5 – FRANCE – Parution Octobre 2017

 

Jean-François Dalle, Ministre de la revue, m’a délivré mon permis de séjour pour le n°5 de “Métèque”. Une revue comme on n’en fait pas, mais que lui a fait. Thème : La France. Oui, j’aime la France de cette revue.

Citoyennes et citoyens, ouvrez-lui votre porte, ne fermez pas vos frontières. Vous serez en retard de toute façon.

Achat

Dimanche 8 octobre au Cabaret Poétique de Lyon

Frédérick Houdaer m’invite à ouvrir la saison du cabaret poétique du Périscope (Lyon-Perrache) ce dimanche 8 octobre à 17h en compagnie des poètes Laurent Bouisset, Perrin Langda et Nicolas Vargas. Une bande de types que j’aime lire, dans un lieu décontract.

Bim ! Je lirai une sélection de textes inédits.

L’entrée est gratuite, comme toujours, mais prévoyez quelques sous pour vous offrir un verre (ou un livre d’un de ces auteurs).

Page FB du Cabaret Poétique
Site du Périscope
Site de Nicolas Vargas
Site de Perrin Langda
Site
de Laurent Bouisset
Sith dans Star Wars
Site de Frédérick Houdaer, le MC du Cabaret

Le Périscope

13 Rue Delandine
69002 Lyon
Où c’est ?

N’hésitez pas à franchir la porte.
La poésie, c’est pas grave.

Dix subterfuges, débiles, mais qui marchent à condition de travailler dur.

\UN/ J’ai plié mon billet de dix euros de telle sorte que tu croies que j’en ai deux, posés l’un dans l’autre sur la table.

\DEUX/ J’ai plié ma copine de telle sorte que tu croies que j’en ai deux, allongées l’une sur l’autre comme sur la photo.

\TROIS/ J’ai plié mon meilleur ami de telle sorte que tu croies que j’en ai plusieurs à mes côtés sur la banquette.

\QUATRE/ J’ai plié mon doigt de telle sorte que tu croies que j’arrive à me couper le doigt rien qu’en tirant dessus.

\CINQ/ J’ai plié mon rire de telle sorte que tu croies que je te trouve méga drôle.

\SIX/ J’ai plié le transat d’une telle manière que tu croies que je m’en vais le ranger.

\SEPT/ J’ai plié mon pull de telle sorte que tu croies que je suis un mec soigné.

\HUIT/ J’ai plié mon corps de telle sorte que tu croies que je suis champion de Bourgogne junior de karaté sur poutre.

\INTERLUDE/ J’ai plié mes orteils, comme ça, pour essayer.

\NEUF/ J’ai plié mes pensées d’une telle manière que tu croies que je maîtrise et que j’ai vécu vingt ans dans un temple Shaolin.

\DIX/ J’ai pris une durite et je l’ai pétée. Et tu crois que je pète une durite.

_ _

19/09/17

Il a d’abord pensé écrire un poème sur la charge mentale

Il a d’abord pensé à quelque chose d’inédit
avec des objets.
Mais il s’est dit
que
Alors il a cherché
un sujet à la mode
un sujet confortable
pas tout à fait subversif
qui ne bousculerait pas ses fréquentations

la charge mentale
les baisses des subventions
les ordonnances
la rentrée.

Il y a quelque chose de lourd dans la recherche
d’artificiel. Ne sachant pas
par où commencer
il arbitre
sans jouer.

Autour de lui : la semoule.
Plein-de-semoule-des-grains-de-semoule
et lui
il pédale
pédale
comme un danseur

comme un coiffeur
comme un styliste
comme un cliché
sur un vélo sans selle
la roue voilée.

Et il a crié
crié
pour qu’elle revienne.

Alors elle est revenue
copycat
sans queue ni tête
niaise et vieille comme le monde
un râteau à la main
une carte de fidélité dans l’autre
l’inspiration.

_ _

13/09/2017

“Kanye West” – Karim Madani

“Mais pour l’heure, dans le studio d’enregistrement de LA, Kanye compose des beats pour Beanie, Peedi Crakk […] et les Black Eyed Peas (bien avant l’embauche de la poupée blonde Fergie, avide de mélodies sucrées et de chansonnettes à la guimauve). Kanye ne prend aucun plaisir à ces instrumentaux. Il n’a pas le moral. Il est venu enregistrer plus tôt que prévu parce qu’il sait que Ludacris doit passer au studio. Luda est un MC d’Atlanta qui monte dans les charts, pas loin d’exploser le Billboard, le classement des hit-parades de l’industrie du disque. Kanye adore l’artiste. Et, en effet, Ludacris ne tarde pas à débarquer, accompagné du producteur Red Spyda et d’un DJ, Whoo Kid. Kanye est pris d’une soudaine inspiration. Il va impressionner le Sudiste avec un freestyle. A peine arrivé, Ludacris est interpellé par Kanye. Le visage de West est secoué de rictus, il a presque la bave au lèvres quand il balance son rap étrange, mâtiné de références universitaires (fraternités, notation, bibliothèques et colocation). Ludacris soupire. “J’ai pas le temps pour ces conneries. Je suis venu enregistrer un morceau et je me barre.”
Kanye a les jambes sciées. Luda l’a humilié, en public.
“Et si je te filais un beat ?” demande Kanye, qui repart à la charge.
Il allume la machine et lâche un instru.
Ludacris ne cache même plus son mépris.
“Je crois que je vais prendre un beat de Red Spyda.”
Le producteur ricane ou tchipe, Kanye ne s’en souvient plus très bien, des années plus tard, mais la honte est toujours aussi cuisante. Whoo Kid plante le dernier clou dans le cercueil de Kanye : “On n’a plus besoin de tes services, mec.”
Le trio se barre dans un halo de fumée de Chronic.
Vingt minutes plus tard, les Black Eyed Peas, Beanie et Peedi Crakk le rejoignent. Les blagues cryptiques fusent. Kanye est complètement déprimé. Il tire sur un joint, sans que cela ne le détende. La séance est fastidieuse, poussive et s’éternise. Kanye n’est satisfait ni de son taf ni des prises des artistes.”

Extrait de Kanye West de Karim Madani, page 26, éditions Don Quichotte, 2016. Plus d’infos.

Archive

Me fais plaisir en revoyant cette archive “Tévé”. Une grosse pensée à tous les slameurs, poètes, rappeurs, spectateurs, alcooliques, curieux, habitants, jeunes pousses, aux taxeurs, passants, sobres, musiciens, animaux, artistes, nez cassés, fiévreux, connards, tibias, gentils garçons, gentilles filles, cultureuses, cul-terreux, meilleurs flow de leurs chambres, talentueux mecs relous, paires de baskets, poèmes trop courts, aux partenaires qui ont soutenu intelligemment, aux poètes auto-publiés qui essayaient de nous vendre leur merde, aux artistes frustrés qui n’avaient que ce lieu, aux textes pourris trop longs que je paierai pour réentendre, aux poètes trop bien assis dans leurs livres qui méprisent toujours ce genre de manifestation, aux improvisateurs, à la Klam box, aux problèmes d’ado que certains trentenaires portaient encore avec eux, aux mamies, aux fous rires, aux cuites, à Amar du Saint-Nicolas, aux personnes dont les projets sont partis de là, tous ces faiblards pleins de joie et de puissance qui ont fréquenté la Klam de Casse La Rime et aux puissants remplis de faiblesses qui ne cherchaient qu’à gratter sur le mouvement. Une pensée toute particulière à mes gars Kader (Abdelkader de Bourgogne) et Samy (Sol) de Casse La Rime et à nos coupes de cheveux. J’ai les souvenirs plein de paroles. Il doit bien rester quelques flaques d’écoute sur les trottoirs de la rue Jean-Jacques à D-Town (Dijon).


Casse la rime : scène ouverte de slam à Dijon