Avis de parution – “Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait” aux éditions Gros Textes

Avis de parution

Mon deuxième recueil vient de paraître aux éditions Gros Textes.
Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait est un fil d’actualité poétique,
un long texte composé de pleins de courts textes.

L’illustration de couverture est de Mathilde Campo.
La postface est signée Grégoire Damon.
Autant dire que j’ai l’impression de faire sa première partie.

Oui, j’ai beaucoup de chance de les avoir avec moi dans ce livre. Qu’ils soient tous deux remerciés.

Je remercie enfin Yves Artufel, des éditions Gros Textes, de faire exister ce recueil ailleurs que
chez moi.

 

Extrait de la postface de Grégoire Damon :
Vous vous habituiez à un petit monde bizarre mais familier, pratique et pas cher, vite lu, vite liké. Et voilà que c’est la condition humaine, bien raide bien grumeleuse, qui vous tombe dessus. La condition humaine. Son tragique mou, quotidien, confortable. Contaminant jusqu’à la moelle du plus pur des jeux de mots pourris :
« Quand elle m’a dit vouloir faire un break
j’ai d’abord cru
qu’elle se mettait à la danse hip-hop. »

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ISBN : 978-2-35082-376-8
56  pages au format 10 x 15,
6 € (+ 1 € de forfait port – quel que soit le nombre d’exemplaires commandés)

Pour obtenir votre exemplaire, veuillez adresser votre commande à
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèques à l’ordre de Gros Textes)
Le site de l’éditeur : https://sites.google.com/site/grostextes/

 

Revue la Terrasse n°3

Plusieurs pages pour rentrer dans l’univers d’un auteur…
Joie de se retrouver dans ce casting…
Revue cousue et brûlée à la main…
Belles illustrations d’Alissa Thor…
Je suis bien content d’être dans cette revue tenue par Fabien Drouet
8e (+4e de frais de port) à commander à revuelaterrasse@gmail.com
Page Facebook de la revue

 

 

 

 

 

“Maison. Poésies domestiques” sur la Cause Littéraire

La Cause littéraire publie sa deuxième note de lecture à propos de mon recueil Maison. Poésies domestiques (éditions la Boucherie Littéraire). Un grand merci à Sanda Voïca (animatrice de la revue Paysages écrits et auteure de Trajectoire déroutée, récemment publié chez Lanskine) pour son regard et son long article fouillé et argumenté. Enfin, merci à l’éditeur Antoine Gallardo pour l’envoi du livre.

Article à lire sur le site de la Cause littéraire, ou ci-dessous.

“Poésies domestiques. Oui – qui tournent autour de la maison. Domptées ? Nous les avons perçues surtout comme des poésies… sauvages. Pas du tout sages et douces : prêtes à nous sauter au visage, au cou. S’attaquer à nous doucement, malgré tout, pour nous faire voir, penser, rire. Nous émoustiller.

Le premier poème, Autopsie, est un Autoportrait en enfant lambda : « […] Il n’y a rien voyez-vous / aucun engagement ni cause défendue / ni proposition / ni même idée du siècle / rien d’extraordinaire / de fantastique / d’excessif / d’agressif ou de gentil / de mafieux ou de câlin / rien non plus d’absent / aucune bêtise / ni carence / insensibilité ou handicap. […] // Votre fils est moyen voilà tout » (p.9). Mais « moyen » ne veut pas dire « médiocre ». Le recueil trace même une trajectoire d’exception. Cette trajectoire est balisée par des souvenirs marquants, comme la découverte, sidérante souvent, du sens de certains mots ou expressions : « Quand j’étais petit, / je croyais que la Bande de Gaza / c’était un groupe de rock » (p.10). Balisée par le souvenir de la douleur et du courage et de la force, depuis l’enfance : « […] un jour je nage jusqu’à la bouée / puis me fais piquer par une méduse / je crie, c’est désagréable, mais / je me débrouille / seul / pour revenir jusqu’à la plage » (p.13). Cet exploit, qui est à la fois un souvenir, semble être ce genre de premier souvenir qui fonde ou détermine une vie. Le poète restera toujours celui qui dépassera seul les douleurs de la vie : un débrouillard de haut niveau ! Et ses plus grands exploits seront ses poèmes. La réussite même, quand celle-ci n’est, en fin de compte, qu’être soi, donc poète : « Ado, / le miroir de la salle de bain / nous prédisait la réussite / alors que dans celui du soir / nous nous consolions de n’être / que nous-même » (p.14).

Par le biais d’un langage brut, direct, proche de la prose et de l’oralité, mais restant très coupant, Emanuel Campo laisse filtrer, comme dans le poème Croissance, un être légèrement amer, voire blasé. L’enfant « moyen » continue de croître et d’apprendre qu’il ne sait rien et que le monde n’est pas toujours beau : « Ma croissance se porte bien / j’apprends tous les jours que j’ignore / et mon existence n’a aucune / incidence sur la rotation / de la planète » (p.15).

L’état du monde, encore une fois, n’est pas drôle à constater et à évoquer, alors la dérision, l’humour compensent et sauvent les jours de congé : « Un jour je me baigne / dans l’eau de mes congés / le mur / de la frontière / un jour je dépasse de loin la bouée / et heurte de la tête un corps sans vie qui flotte // Porté par les vagues, caressé par les lambeaux, je reste calme. / Nous sommes deux à faire la planche. / Lui sur le ventre. Moi sur le dos. / Au roi du silence, je gagne assez facilement » (p.17).

Blasé, désabusé, le poète est en fin de compte un animal domestique. Mais aucune domestication (aucun domptage) n’est complète, définitive, il y a toujours un reste de sauvagerie pour dévier : « Me dis que // l’ordre / – les chiffres bien rangés / l’alphabet tout ça – / a bien des limites // puisque certaines/personnes arrivent/tout de même à/se perdre dans les trains. // Comme quoi / tout a beau être / tracé // on dévie » (p.16).

Et le comble de la déviance est la poésie !

La plupart des poèmes d’Emanuel Campo partent et ensuite renversent, transvasent, transportent les alluvions d’un fleuve (le flux de sa propre vie) et les transforment, jusqu’à l’arrivée dans la mer (l’océan), en mots solides, ceux de sa poésie. Ces alluvions sont formées souvent de ses états d’âme, des observations sur l’état du jour et, nous le disions plus haut, de l’état du monde. Pas de plaintes, mais le fond de ces états, de ses questionnements, qui passent de frivoles à existentiels, pousse à résister. Le poète tient bon, il doit « tenir » : « […] Drôle d’espace-temps. / Quand les potes demandent comment ça va / la bouche répond par une vanne // des portent raclent péniblement dans la tête. // Rêverie décapitée / par les sirènes du premier mercredi du mois / tenir / dans la circulation des mots qu’on étale / sur les tartines des matins rapides » (p.18). Sauvé par les mots, donc. Encore un !

Après la lecture du livre nous sommes revenus sur ces quelques vers, déjà cités auparavant, car ils nous ont paru comme le modus operandi, même lemodus scribendi(la façon de faire, d’écrire) d’Emanuel Campo. Notamment cette capacité d’arriver à se retrouver dans ce « drôle d’espace-temps », où le poète a la tendance d’utiliser les vannes. Et surtout la capacité de « tenir », à travers l’écriture.

Cette « méthode » annoncée donne ses fruits, quand le poète arrive à écrire un poème comme Il y a, qui, au-delà de sa beauté intrinsèque, et de la lecture au premier degré (lecture littérale), peut être lu – ce qui nous est arrivé – comme une immense métaphore de l’acte de l’écriture (lecture allégorique) : « Il y a / perçant la fenêtre / un rayon de soleil / voire deux trois // une masse lumineuse / se pose sur le bureau / s’ancre sur le bureau / s’ancre et dessine / à la surface / un lotissement dont / on ne sait quel cadastre. // Il y a sans doute une parcelle à louer / une friche à retourner / une part d’ombre à trouver / si la main / joue à l’éclipse. // Mais c’est l’avant-bras qui / comme une écume / s’échoue en roulant / vers ce qui deviendra un appui / une rive un livre // Dans la chaude pièce du bureau / entre / une fragile épaisseur ».

Poème qui invite à être décortiqué plus que nous le faisons ici et dont nous retenons la « fragile épaisseur » comme la caractéristique principale des poèmes d’Emanuel Campo – ou du moins de ceux de ce recueil.

Et sans oublier – sujet à développer à une autre occasion – l’importance de la main dans la poésie d’Emanuel Campo.

Si dans la « vraie » vie le poète peut être un chômeur éternel, il travaille quand même à plein temps à regarder (par la fenêtre) et à écouter : le monde et soi-même.

Résistance, toujours et besoin de rester « sauvage » : « […] Plus bas la ville me cherche un emploi // les écouteurs sur les oreilles / bientôt je le refuserai // ils ne m’auront pas » (p.21).

Et si notre poète accepte un travail, il est toujours en rapport avec l’écriture, comme les ateliers d’écriture.

Persistance de la vie comme elle va – notre demeure. La maison ne peut être qu’un poème, voire une revue de poésie. La vie et la poésie sont inextricables : « Je compte lancer une revue / avec dedans avec dedans / un poème de poésie / et de la vie et de la vie » (p.25).

Poésie et vie. Poésie et amour. Poésie et couple. Poésie et vie conjugale. Poésie et… réussite. Celle de l’écriture même : « Je sors d’un colloque sur l’état de la poésie dans notre région. Lors de la table-ronde Comment construire un projet avec un poète ? je pensais sans cesse à ma meuf. Notre projet de vie commune tient plutôt bien la route. J’aurais dû lui demander une contribution écrite. Elle aurait sûrement éclairé l’assemblée » (p.47).

L’ironie dans beaucoup de poèmes est douce comme la folie douce : « Tu me dis que tu aimes bien la poésie. / en particulier ces courts poèmes japonais / les sudokus » (p.27).

Oui, un vent de folie, mais encore une fois, douce, et dans le bon sens de l’expression, une sorte de dérèglement des sens, traverse les chambres de ce bâtiment, qu’est le poème. Surtout quand on a la conscience – douloureuse, exaspérante – que l’écriture de la poésie ne peut être qu’en deçà (en-dessous ou à côté même) de la poésie : « Putain / des fois souvent / ça sort comme ça / comme un mot de falaise / un cri building / plus haut que la phrase / plus haut que ce qui est dit / ailleurs / dans une autre partie de l’ouïe ». Et donc où la poésie est cet « ailleurs / dans une autre partie de l’ouïe » (p.28).

Mais tout d’abord la poésie d’Emanuel Campo est une question de révolte, de résistance (à la domestication) et de choix de son propre langage : « Ce matin, j’en suis à un point où voilà j’emmerde les syllabes et leurs gants de boxe. Je ne veux plus utiliser les mots dont je n’ai pas choisi la prononciation » (p.29).

Le sauvage en nous est de la nature de « l’inachevé » : « Toujours j’oublie / qu’un inachevé nous traverse » (p.30).

Malgré les apparences – humour, (auto)dérision, détournements et jeux de mots, langage familier, sujets à la portée de chacun (vie et scènes de famille, engueulades, grossesse et enfants en très bas âge dont il faut s’occuper, etc.) – la poésie d’Emanuel Campo caresse souvent le lecteur à rebrousse-poil, elle veut l’énerver, le secouer, le réveiller, le rendre lucide, lui attirer l’attention sur le besoin de s’évader : « Du regard, on s’évade par la fenêtre » (p.43). Et surtout lui dire : « Il n’y a de famille que s’il y a création » (p.55).

L’écriture est exactement comme l’inquiétude d’être parent : exagération.

Dans le poème – anthologique ! – Ce sont de vrais jumeaux ?, à partir d’une expression courante, « des vrais jumeaux », en prenant les mots dans leur sens propre, Emanuel Campo crée une vraie tempête dans nos têtes pour « expliquer » le regard interloqué de son interlocuteur à sa réponse : « Juste un, l’autre est en résine. Mais les deux sont de la même mère ». Voilà cette divagation qui transit le lecteur : « Entre nous : / une lueur apparaît : une source d’énergie grandit : une chaleur : le vent se lève : fort, et embarque : tout sur son passage : la tempête, oui : une tempête éclate et le tonnerre : fait trembler tous les rayons de la supérette : de centaines d’articles volent autour de nous : des éclairs : jaillissent-grillent le caissier en un bip ! » (p.48).

Exagérez, exagérez, quelque chose va rester : la poésie !

27 alliances en 3 tercets

Se doucher-écran. Payer-retard. Conduire-héritage.
Diner-invention. Tracer-podcast. Se persuader-Bac+5.
S’habiller-violence. Envoyer-frontière. S’isoler-langage.

 

Baiser-sans fil. Sécréter-club de foot. Jouir-centre-ville.
Séquestrer-solidarité. Cauchemarder-pourcentage. Obtempérer-armure.
Stigmatiser-Première Dame. Pirater-fantasme. Terroriser-direction.

 

Compromettre-image. Éjaculer-banlieue. Dénoncer-espèce.
Dévier-popularité. Risquer-famille. Estimer-identité.
S’engager-panneau. Voter-périphérique. Libérer-action.

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E.C. Février 2016 – Juin 2018.

Va! mai 2018

Superbe revue.

Va! éditée par le Centre de Créations pour l’enfance.

Une revue de poésie pour enfants, mais pas que, pour tous.

Une revue intelligente avec une direction artistique, des entretiens avec des poètes en résidence, des jeux d’écriture, des rendus d’ateliers, des poèmes de poètes invités…

Je suis très heureux d’y avoir glissé un poème inédit, écrit pour l’occasion, suite à l’invitation de Fabienne Swiatly, rédactrice en chef de la revue.

 

5 €. Beau cadeau pour sa ou son p’tit/e, neveu, nièce, cousin, fils ou fille d’amis, parent, curieux…

 

C’était le 9 mai 2018 à l’ENS Lyon

Photos de la Scène Poétique de l’ENS Lyon par Antoine LnP.
Quatre auteurs de la Boucherie littéraire invités par Patrick Dubost.

Patrick Dubost. Photo : Antoine LnP.

 

Dominique Sampiero. Photo : Antoine LnP.
Estelle Fenzy. Photo : Antoine LnP.

 

 

 

 

 

 

Marlène Tissot. Photo : Antoine LnP.
Emanuel Campo. Photo : Antoine LnP.

Tercets du jour

un mode de communication impulsif
basé sur le maintien de l’ordre
des molécules et des atomes

 

une parole avant tout
dont le labo est dans la bouche
on lave son attentat en famille

 

un ralentissement avant l’arrêt complet
on prend le temps de prendre
il faut se faire voleur

 

l’acceptation est un petit-déjeuner
on accueille la porte quand ça sonne
le soleil brille mais on s’arme quand même

 

dans la poche est glissé le ton
la compromission n’est pas pour demain
même si dix années passent

 

le dehors enchaîne les bobines
reste la peur de louper une scène
l’ubiquité n’a jamais permis d’être là

 

revenir bredouille est décourageant
la to do list s’allonge à coup de minutes
la spontanéité a toute la vie devant elle

 

_ _

E.C. 08/05/2018

La vie en somme

puis j’ai déboutonné mon pantalon devant l’urinoir
et j’ai tout lâché.

C’tait bon
Tellement bon
Je sentais
Ah ouais
Mon urine glisser avec force contre les parois de mon urètre
L’idée m’a traversé de m’inscrire à un club de surf
Je sentais en moi quelque chose
Partir. Je sentais
Une légèreté inédite m’envahir. Une sensation
De prendre un nouveau départ
La vie en somme
Le prix de toute chose.

J’étais juste
En train de pisser.
Mais quelle pissade !

Dehors le jour
Moi au sous-sol de ce musée. Jamais
Je n’avais amassé autant de toxines en deux heures de visite.

_ _

E.C. avril 2018.

Les pages 72 et 74 de “Soleil plouc” de Laurent Bouisset, éd. Le Pédalo ivre

Il y a des pages qui nous rappellent cette réplique culte de Jurassic Park – un truc du genre “ne bougez pas, sa vue réagit aux mouvements”

Il y a des pages qui nous fixent tout net

Qui feraient se pisser dessus n’importe quel petit malin

Qui feraient se pisser dessus notre personnalité cachée (la 2e au fond à gauche)

Qui stopperaient en moins de deux un troupeau de gnous face à des lionnes

Des pages qui nous rappellent que toutes les deux heures “la pause s’impose”

Des pages qui valent 100 panneaux STOP

Des pages vitrines de grands magasins

Des pages promo pour prolo

Des pages arrêt sur image – on va se mater le ralenti une deuxième fois

Des pages Années qui reviennent en pleine face

Des pages à en faire pleurer la nostalgie

Des “pa pa pa passio passe passe”  pages des pages d’orthophonie

Bref, nous lisions tranquillement un livre de poésie en mode vitesse de croisière OKLM

La même vitesse dans laquelle on s’enlise parfois

On lit sans faire attention à ce qu’on lit

Les pages défilent

Les poèmes aussi

Sans parler de l’esprit qui divague

Vague…

On pense à autre chose

Merde j’ai pas oublié de ?

Ou peut-être que Julien m’a…

Cet état qui nous fait revenir quelques pages en arrière quand là j’comprends plus rien à ce que je suis en train de lire

Mais. Dans cet état-là, seules des pages spécialement conçues pour nous, peuvent nous recentrer sur l’ici et maintenant

Ce genre de pages qui inspirent des superlatifs ou des phrases comme celles écrites plus haut

Des pages que nous aurions évidemment voulu écrire nous-même, pour nous-même et pour le monde entier

Des pages qui – au fond nous touchent tellement, qu’on aurait peut-être pu quelque part les écrire nous-même

Mais quelqu’un d’autre s’en est chargé

Les pages 72 et 74  du recueil Soleil plouc de Laurent Bouisset aux éditions Le Pédalo ivre sont de celles-là.

12 €. À commander-acheter ici.

La page 72 de “Soleil plouc” de Laurent Bouisset, éd. Le Pédalo ivre, 2018
La page 74 de “Soleil plouc” de Laurent Bouisset, éd. Le Pédalo ivre, 2018

 

Un poème de Perrin Langda

Surprise de la semaine.  Perrin Langda publie sur son blog un poème mettant en jeu pas mal de poètes que vous devriez connaître si vous visitez régulièrement mon blog… Merci à lui de faire exister la légende.

 

Héraults
of the mythes
and magiques



Y’a
quatre mois
j’ai monté
une armée de poètes
pour protéger le monde
en voici la composition
en avant-première
Grégoire
d’Armor
première ligne
guerrier berserker nain
pourfendeur d’aristos
gros bourrinage à la hache
gros bouclier pour encaisser
poèmes de guerre terrifiants
semant la panique chez l’ennemi
assez roublard pour extorquer
des réductions aux marchands
d’armes ensuite
Frédérick
Houdaheur
guerrier-mage demi-orc
bourrin mais également
lanceur de sorts à l’épée longue
donneur de claques et d’illusions
spécialisé dans le sauvetage de dames
qui ont surtout besoin d’être sauvées
du poète de leur quotidien
et éditeur de parchemins
ça peut servir
puis
Emanuel
Grande-peau
géant des neiges
moine du soleil
capable d’écraser
l’adversaire à mains nues
après lui avoir envoyé
deux petits lutins facétieux
pour lui ronger les nerfs
en une danse
maléfique
voilà
pour les
costauds
après on a
Perrin
Langue
d’Ac
(c’est
moi)
barde
homme à tout faire
toujours d’accord
si faut cogner les mots y cogne
si faut piéger une phrase y piège une phrase
si faut vider les poches des honnêtes gens y vide leurs poches
si faut lancer des métaphores de flammes y lance des métaphores de flammes
si faut plomber l’ambiance avec des chansons tristes y plombe l’ambiance
puis viennent les troupes
à distance d’abord
Pénélope
Gore
archère
elfique
sans arc
aux flèches
trempées
dans le
poison
des cieux
qui font
mouche
une
seule
fois
par
jour
ensuite
Heptanès
Fracturion
golem d’argile prêtre des rues
invocateur de zombies punks à chiens
le type qui joue à coller des incantations
sur les enseignes de l’ennemi
pour panser
les passants
et pour finir
Lorenzo
Bouhissé
sorcier
vaudou
provocateur d’hallus
dresseur d’iguanes
ayant bien traversé
cent contrées inconnues
pour en ramener d’obscures
formules
magiques
et si ça
suffit pas
on invoquera
le capitaine Sapin
pour qu’il anéantisse
toute résistance
sur son croiseur
stellaire
voilà
voilà
y’a
quatre mois
j’ai monté
une armée de poètes
dans un jeu vidéo
du coup j’écris plus
trop