4e tirage de « Maison. Poésies domestiques » éd. la Boucherie littéraire

Mon premier recueil « Maison. Poésies domestiques » publié en décembre 2015 au éditions la Boucherie littéraire vient de connaître son quatrième tirage.

Après deux premiers tirages puis une réédition revue et augmentée dans l’année de sa sortie, je suis heureux de l’accueil que suscite toujours ce livre. 4 ans, 4 tirages !

Je remercie l’éditeur Antoine Gallardo pour son travail, et à son distributeur Seren Dip. Merci aux libraires et bibliothécaires qui défendent ce livre, aux chroniqueurs et journalistes qui ont relayé sa sortie, merci aux festivals qui m’ont invité à lire.

Merci aux amis et à mes proches qui soutiennent mes projets et offrent mes livres à leur entourage, merci aux artistes avec qui j’ai eu la chance de collaborer, merci aux lecteurs, et aux revues de poésie.

[Vient de paraître] Tempêtes dans un verre d’eau, Trois petites truites éditions

Tempêtes dans un verre d’eau 
ouvrage collectif, collection Impasse de la source, Crest, juillet 2019, 12 €.

Le mot des éditeurs :
« Trois Petites Truites Editions sont nées d’un geyser. L’idée nous est apparue alors que nous nous prélassions au bord de la rivière Drôme, observant les remous provoqués par le Mouvement Truite et stimulées par l’engouement provoqué par le manifeste et ses évocations. Nous avons saisi l’élan pour en faire une littérature. Trois Petites Truites Éditions, c’est un projet à contre-courant. L’envie d’inscrire dans le temps, la fougue de l’an deux-mille-dix-truite, l’appréhension du quotidien en faisant douze pas de tous les côtés et même en haut et même en bas. Libérer les plumes et poser la poésie cueillie. Et réunir ces impulsions, ces regards décalés, dans de petits ouvrages artisanaux. »

Manifeste du mouvement Truite
Site de l’éditeur
FaceBook
troispetitestruites@gmail.com

 

Merci Monsieur Emaz

La semaine dernière, quatre jours avant l’annonce de sa disparition, j’évoquais encore mon unique rencontre avec le poète Antoine Emaz devant des élèves d’une classe de seconde. Lorsqu’on m’interroge sur mon parcours en poésie, je raconte souvent cette anecdote. C’était à Dijon en mai 2011, sur l’escalier de la sortie de secours de la salle ronde du Théâtre Mansart (les Dijonnais sauront), lors du festival Éclosion du Théâtre universitaire. À l’époque, je connaissais uniquement son recueil Caisse Claire que mon amie Caro, alors coordinatrice du festival en question, m’avait prêté. Antoine Emaz était à l’honneur du festival ce soir-là. Rencontre publique, lecture… puis discussions informelles au bar histoire de prolonger le moment (public essentiellement étudiant).  Il resta longuement à discuter avec celles et ceux qui l’approchaient. En ce temps-là, j’avais uniquement publié dans la revue Némésis, revue dijonnaise de poésie que nous étions quelques-uns à animer. Je suis allé le voir. Je crois qu’on a commencé à parler de jazz. Bref, arrive le moment de la question naïve qui taraudait le gars de 28 ans que j’étais, « comment se faire publier ? ». En guise de première réponse, il m’a posé une simple question : quels étaient les poètes et les maisons d’édition actuels que j’aimais lire ? Silence intersidéral de ma part. Je ne connaissais aucune maison d’édition de poésie. Et à l’époque mes rares lectures en matière de poésie, voire poésie du 20e se limitaient à Césaire surtout, Calaferte un peu… ah oui je cite quand même deux vivants (ouf !) Ian Monk et Christophe Stolowicki dont j’avais les livres. Mais bon, c’était peu pour quelqu’un qui souhaitait être publié. Pourquoi s’intéresserait-on à mes écrits si je ne m’intéresse pas à ceux des autres ? C’est avec beaucoup de bienveillance qu’il m’a parlé du parcours habituel qu’il est bon d’emprunter. Il a été le premier à me parler des revues, des salons d’éditeurs… Aller à la rencontre du paysage éditorial, se faire une culture de pratiquant de la poésie actuelle, permet de savoir où se situer, à quelles revues envoyer ses textes, et permet de choisir l’éditeur à qui envoyer son manuscrit… Il m’a parlé de N4728, une revue dont il était membre du comité de lecture. À l’écoute des nouvelles voix, il m’a gentiment proposé de lui envoyer quelques poèmes qu’il pouvait éventuellement transmettre au comité de la revue. Dans son e-mail qui accusait réception de mes textes, il m’écrivit ce retour précieux à propos de mes poèmes, retour que j’essaie tant bien que mal d’appliquer encore aujourd’hui : « […] il y a sans doute encore trop d’images pour moi. Sans doute est-ce une question d’âge, aussi. Plus je vieillis, plus je vais au simple, au pauvre ». Puis il conclut « il faut vous faire lire par des gens très différents ; les revues servent à ça ». Quelques mois plus tard, mon nom parut au sommaire de N4728, première revue (sans compter Némésis de laquelle j’étais membre) à publier mes poèmes.

Dans les semaines suivant ma rencontre avec Antoine Emaz, j’applique les conseils qu’il a été le premier à me filer : je m’abonne à tout ce qui bouge. Je lis les revues qui plus tard me publieront, Ce qui reste, 17 secondes, Microbe… en lis d’autres qui ne me publieront pas, et c’est cool. Je monte à Paris aux différents salons et marchés de poésie pour y acheter des recueils. D’ailleurs, je vous y croise Antoine Emaz mais je n’ose pas vous aborder. Je me ruine aussi. Beaucoup. Oui, la poésie, c’est un investissement. Je découvre des trucs qui me plaisent, d’autres non. Des initiatives soignées, d’autres complètements dégueu. Mais la qualité n’appartient pas exclusivement aux premières. Ma bibliothèque devient plus dense avec les éditions Tarabuste, La Dragonne, Le Pédalo ivre… Je surfe sur Internet et découvre plein de blogs. Je me rends aux événements de poésie de ma ville et rencontre des poètes avec qui je discute. Dingue. Tout ça jusqu’aux rencontres décisives avec les rares personnes qui m’ont amené là où j’en suis aujourd’hui en matière de poésie. Alors, pour ces précieux conseils, qui pour certains sembleront aller de soi, merci Monsieur Emaz.

Antoine Emaz (1955 – 2019)

_ _

E.C. dimanche 10 mars 2019.

Revue Gros Textes n°46

Yves Artufel des éditions Gros Textes m’a invité à participer au nouveau numéro de la revue Gros Textes. Revue à lire en version numérique ci-dessus et à commander pour obtenir sa version papier. Vous y trouverez un poème inédit à propos d’un souvenir sur une place emblématique du quartier de la Guillotière à Lyon. Yves nous permet aussi d’inviter quelqu’un à partager des pages. C’est tout naturellement que j’ai glissé quelques textes d’un ami dont j’estime beaucoup le travail et que certains auront déjà lu dans Realpoetik ou entendu sur la scène du cabaret poétique de Lyon. Je vous laisse parcourir les pages ci-dessus pour découvrir ses poèmes exquis.

 

La goutte de sueur – Blinno & Printemps 2004

Blinno & Printemps 2004, duo entre le guitariste Rémi Bancillon (alias Blinno) et moi à la voix (alias Printemps 2004).

Une quinzaine de concerts en France entre 2012 et 2013 : Ô Totem à Rillieux-la-Pape (69), Le Bistrot de la Scène à Dijon (21), Médiathèque José Cabanis à Toulouse (31) dans le cadre d’une exposition de l’artiste Miss Tic

Ici, la goutte de sueur, texte écrit en 2008. Dix ans.

Revue Métèque n°7

« Ce que nous avons atteint fut énorme tout de même, ce que nous avons atteint ce sont nos limites, ou, tout au moins, les limites que suggérait le ton de cette revue, et je suis content que vous les ayez atteintes dans Revue Métèque. Je sais que le dernier opus ne sera pas inférieur aux plus anciens, c’est donc ce que nous pouvons faire de mieux, de plus digne. Donner le peu et le mieux, jusqu’au bout. »

Ces lignes terminent l’édito que Jean-François Dalle a écrit pour ouvrir l’ultime numéro de la Revue Métèque (à lire en entier ici). Le numéro 7 sera le dernier donc, et son thème est « les nippes ».

On retrouve un sommaire familier chez Métèque.

 

Il s’agit du second numéro de Métèque auquel je participe. Texte inédit.

Ce numéro coûte 12 €. On peut se le procurer ici. 98 pages de poésie, de photographies, de textes en prose… À découvrir si vous ne connaissez pas cette revue unique. À lire pour connaître la fin de la série.

Pack Poésie – Création 2019

Il s’agira d’une forme diffusée en classe uniquement.

Production : Étrange Playground.
Soutien et résidence (du 6 au 10 mai 2019) : La Minoterie – Pôle de création jeune public et d’éducation artistique, Dijon (21). Autres partenaires en cours de recherche.

Suivre sur Facebook.
Site de la Minoterie.

► P.O.D.C.A.S.T – La poésie débouche sur Radio Canut

Où je parle de la genèse de mon nouveau recueil Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait (éd. Gros Textes), où je lis quelques inédits, où je lis mon recueil culte de poésie de Dan Fante, où je lis Louis Calaferte (éd. Tarabuste) et Jean-Pierre Georges (éd. Les Carnets du dessert de lune), où j’ai la chance de passer des musiques que j’aime… Mon passage dans l’émission La Poésie débouche sur Radio Canut est désormais en ligne.

https://blogs.radiocanut.org/lapoesiedebouche/
https://audioblog.arteradio.com/blog/98417/podcast/126187

 

Un immense MERCI à Carole Bijou, créatrice et animatrice de ce podcast généreux, pour son invitation et son travail de passeuse qui donne la parole à de nombreuses poétesses et poètes.

 

► P.O.D.C.A.S.T – La poésie débouche – Emanuel Campo
* Textes
Zéno Bianu « Le désespoir n’existe pas »
Dan Fante « Bons baisers de la grosse barmaid »
Louis Calaferte « Fac-similé »
Jean-Pierre Georges « Le moi chronique »
* Musiques
Gerald Toto Richard Bona Lokua Kanza « Lisanga »
Damso « 60 années »
Odezenne « Souffle le vent »
M.I.L.K « Following the sun »
* Anne de Boissy lit Denise Desautel

Burn out

Hypnotisé par le barbecue,
je réponds aux braises par un silence tartare.
Je songe aux tâches à faire avant demain. Soudain,
la-viande-la viande-la-viande me lance-t-elle ça-crame.
Je reconnecte avec moi-même, embué, dans un nuage noir d’urgences immédiates.
Il s’agit dans un premier temps de sauver les chipolatas
pour vite nourrir les enfants qui s’impatientent.
Les merguez n’ont plus rien à dégorger. Elles se tordent de douleurs.
Mon réflexe : verser ma bière dans le feu. Quel trou de balle entends-je derrière moi.
Une goutte a juste le temps de perler sur la pente des ribs de porc
avant de s’évaporer comme la meilleure de mes idées.
La viande n’est toujours pas sauvée.
Pour agir, j’ai besoin de la musique appropriée
afin d’accentuer la tension dramatique du moment.
De la main droite, je saisis mon téléphone, fouille ma playlist,
tout le monde me crie T’es con, occupe-toi de la bouffe,
de l’autre je manipule notre repas avec la spatule.
Putain !
Sur les premières notes de ma chanson
ma poitrine se gonfle
je me sens attirant
et audacieux. Je danse,
la spatule toujours à la main.
Alors que je suis sur le point de retirer du feu les dernières pièces de viande
je renonce finalement au sauvetage.
Je lâche la spatule
– les convives me regardent estomaqués –
et jette mon téléphone par-delà la haie des voisins
qui depuis ce matin nous surveillent derrière leurs stores.
Enfin, je me tourne
lentement
vers la piscine où patauge la belle-fille de Machin.
Sur moi leurs yeux. La musique me porte. Un pas
en arrière, je prends mon élan par les cornes-et-me-précipite-vers-la-piscine-en-courant-et
saute
tout habillé, en riant fort,
en faisant la bombe.

_ _

E.C. juillet 2018

Des ébauches à l’illustration finale

Des premières ébauches à l’illustration finale de Mathilde Campo.

– – – – – –

Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait de Emanuel Campo, 2018
Postface de Grégoire Damon
ISBN : 978-2-35082-376-8
56 pages au format 10 x 15,
6 € (+ 1 € de forfait port – quel que soit le nombre d’exemplaires commandés)

Pour obtenir votre exemplaire, veuillez adresser votre commande à
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèques à l’ordre de Gros Textes)
Le site de l’éditeur : https://sites.google.com/site/grostextes/

A Tribe Called Quest – The Space Program

A Tribe Called Quest, mon groupe préféré, a publié cette année ce qui sera le dernier clip de l’histoire du groupe. The Space Program ouvre leur ultime album « We got it from Here… Thank You 4 Your service » sorti fin 2016. Au revoir. Merci. C’était génial ce bout de temps ensemble.

Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait / Extraits

Extraits :

« Les identités s’émiettent pour nourrir les
pigeons. Même l’air devient un uniforme. Un
quartier aux ruelles délassées puis un mec qui
trébuche. Un Opinel délaissé par la polis. La
CAF comme confidente, la cafetière comme
sablier. Aller au taf comme aller à la danse.
Obéir pour s’oublier. Voir dans chaque être
humain une minorité. »

***

« Nos identités ont des arbalètes qu’il faut
regarder en face. Accueillir la flèche car on se
trompe bien souvent d’invasion. Saigner de joie
car les blessures sont apatrides. Le corps est un
territoire à ne pas forcer. Il rétrécit facilement
de l’intérieur. Quand c’est trop tard on vieillit
seul derrière le judas de sa porte. »

 

————————————————————————————————

Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait de Emanuel Campo, 2018
ISBN : 978-2-35082-376-8
56  pages au format 10 x 15,
6 € (+ 1 € de forfait port – quel que soit le nombre d’exemplaires commandés)

Pour obtenir votre exemplaire, veuillez adresser votre commande à
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèques à l’ordre de Gros Textes)
Le site de l’éditeur : https://sites.google.com/site/grostextes/

 

Revue TESTE n°31

En octobre 2017, j’écris les six premiers poèmes d’un projet de recueil. À l’époque, je l’envisage comme la suite de mon recueil Maison. Poésies domestiques. Ces six poèmes ont aujourd’hui trouvé leur place dans le nouveau numéro de la revue TESTE – véhicule poétique.

Le tunnel

Revue la Terrasse n°3

Plusieurs pages pour rentrer dans l’univers d’un auteur…
Joie de se retrouver dans ce casting…
Revue cousue et brûlée à la main…
Belles illustrations d’Alissa Thor…
Je suis bien content d’être dans cette revue tenue par Fabien Drouet
8e (+4e de frais de port) à commander à revuelaterrasse@gmail.com
Page Facebook de la revue

 

 

 

 

 

The Last Poets, 2008.

Avec Abiodun Oyewole et Umar Bin Hassan (The Last Poets), 14/08/2008, Göteborg.

 

Avec Umar Bin Hassan (The Last Poets), 14/08/2008, Göteborg.

27 alliances en 3 tercets

Se doucher-écran. Payer-retard. Conduire-héritage.
Diner-invention. Tracer-podcast. Se persuader-Bac+5.
S’habiller-violence. Envoyer-frontière. S’isoler-langage.

 

Baiser-sans fil. Sécréter-club de foot. Jouir-centre-ville.
Séquestrer-solidarité. Cauchemarder-pourcentage. Obtempérer-armure.
Stigmatiser-Première Dame. Pirater-fantasme. Terroriser-direction.

 

Compromettre-image. Éjaculer-banlieue. Dénoncer-espèce.
Dévier-popularité. Risquer-famille. Estimer-identité.
S’engager-panneau. Voter-périphérique. Libérer-action.

_ _

E.C. Février 2016 – Juin 2018.

Va! mai 2018

Superbe revue.

Va! éditée par le Centre de Créations pour l’enfance.

Une revue de poésie pour enfants, mais pas que, pour tous.

Une revue intelligente avec une direction artistique, des entretiens avec des poètes en résidence, des jeux d’écriture, des rendus d’ateliers, des poèmes de poètes invités…

Je suis très heureux d’y avoir glissé un poème inédit, écrit pour l’occasion, suite à l’invitation de Fabienne Swiatly, rédactrice en chef de la revue.

 

5 €. Beau cadeau pour sa ou son p’tit/e, neveu, nièce, cousin, fils ou fille d’amis, parent, curieux…

 

Tercets du jour

un mode de communication impulsif
basé sur le maintien de l’ordre
des molécules et des atomes

 

une parole avant tout
dont le labo est dans la bouche
on lave son attentat en famille

 

un ralentissement avant l’arrêt complet
on prend le temps de prendre
il faut se faire voleur

 

l’acceptation est un petit-déjeuner
on accueille la porte quand ça sonne
le soleil brille mais on s’arme quand même

 

dans la poche est glissé le ton
la compromission n’est pas pour demain
même si dix années passent

 

le dehors enchaîne les bobines
reste la peur de louper une scène
l’ubiquité n’a jamais permis d’être là

 

revenir bredouille est décourageant
la to do list s’allonge à coup de minutes
la spontanéité a toute la vie devant elle

 

_ _

E.C. 08/05/2018