« Recueil paru en 2016 aux éditions la Boucherie littéraire. C’est donc avec pas mal d’années de retard que je découvre ce texte qui a eu cependant sa quatrième édition, revue et augmentée, en 2019. Je fais le choix d’en parler pour ceux qui, comme moi, seraient passés à côté. Parce que ce texte est toujours aussi juste, parce qu’il résonne toujours autant. On trouve dans Maison, une paternité qui se crée, une maison qui se construit à l’aide de mots retrouvés, parfois proche des mots de l’enfance, une poésie qui se joue du monde. […]La poésie est ici narrative. Une prose qui alterne et entremêle souvenirs et temps présent raconte le quotidien d’un jeune père, un jeune père poète. Parfois empreinte d’un cynisme mordant, ou d’un rire jaune mais doux, la poésie d’Emmanuel Campo dit la vie de famille, la relation à l’enfant, le « tu » de la relation intime. Une poésie qui nous livre le désenchantement avec beaucoup de tendresse. […]La poésie de Maison, poésies domestiques dérange l’ordre établi ou ce qui, communément admis, ne devrait pas l’être. Une poésie qui dérange l’ordre de la langue comme celui des temps modernes pour réenchanter le quotidien à bâtir. »
poète x auteur x interprète
poète x auteur x interprète
Chronique Ligne de Défense
Dix-huit poèmes, la plupart courts : Emanuel Campo préfère la concision pour livrer ce petit précis d’autodéfense intellectuelle, cet appel à la résistance par la poésie. « On entre dans la vie sans même connaître le videur », écrit-il, avant de conclure dans le texte éponyme du recueil : « Un doigt d’honneur pour seule ligne de défense. » Se défendre de quoi ? De l’absurdité administrative qui délivre des papiers inutiles sans donner la priorité au guichet aux femmes enceintes, des « paroles mortes » des journaux télévisés, des statistiques omniprésentes selon lesquelles le poète a « plus de chance / de [se] faire tuer par un proche / de battre [sa] copine à mort / de mourir heurté par une noix de coco ayant chu / que de [se] faire exécuter dans une vidéo relayée par les médias ». Campo fait partie de ce courant de la poésie qui propose une critique frontale de la société, dans une langue fortement oralisée qui appelle à la performance. Il mêle l’invective au romantisme, caresse le registre familier pour en extraire l’efficacité. Car il sait « qu’un jour / tout le poids des fermetures agglutinées en soi / fait qu’ça pète ». Pourtant, il est nécessaire de « ne pas céder, ne pas céder, ne pas céder ». Il fait donc son maximum pour « viser juste, sans la loupe de l’émotion », à coups de strophes qu’il décoche avec parcimonie, après le temps de la réflexion. La parole qu’il porte n’en pèse que plus. Tandis que « le prix de la baguette / continue son ascension de la tour Eiffel », il versifie pour témoigner. Certes, dans le milieu de la poésie (entre autres), poètes, lecteurs et lectrices confondues, « on est entre nous », rappelle-t-il. Et alors ? Il faudra bien qu’un jour ça change ; Campo y œuvre aussi en s’impliquant dans le spectacle vivant (quatre textes sont tirés d’un spectacle qu’il a joué avec Paul Wamo). On pourrait dire que la meilleure ligne de défense, c’est l’attaque poétique. Pour faire moins guerrier : le foisonnement poétique saura un jour passionner les foules. De petits livres comme celui-ci, faciles à transporter, à offrir, auront un rôle à jouer.
Ligne de Défense est actuellement dans la sélection 2022 du Prix René Leynaud. En savoir plus.
une critique de « FAUT BIEN MANGER »
« Emanuel Campo (avec un seul m, s’il vous plaît) fait partie de ces auteurs qui œuvrent dans l’ombre, publient leurs textes minimalistes chez des petites maisons (dont cette vénérable Boucherie littéraire) sans bruit et sans esbroufe, mais dont les textes restent durablement en tête. Faut bien manger rassemble des poèmes un peu déprimés, un peu rock’n roll, un peu drôles, un peu tristes, et il ne jongle pas avec la langue française ou de rivalise pas d’érudition. Aucune chance de le voir dans un futur Lagarde et Michard sur les trésors de la sémantique française. Mais ces petites pièces, peut-être lointainement héritées après tout d’un Ponge (Carver est cité comme modèle, et c’est vrai qu’il y a la même attention minutieuse aux détails de l’existence), mais d’un Ponge qui aurait goûté aux vicissitudes du monde moderne, déploie une poésie directe qui touche bien là où il faut. Chronique du travail, avec ces réunions d’entreprises infernales ou ces « afterworks » pourris, chronique d’une solitude dans une grande ville moderne, chronique d’un mec qui tente malgré tout d’écrire quelque chose et se trouve d’autant plus exclu du système qu’il fait de la poésie contemporaine, c’est tout ça à la fois, plus la confession d’un homme déclassé, abattu par la trivialité du monde. Une sorte de poésie du quotidien, qui peut prendre aussi bien la forme d’une pensée le temps d’une mixtion (agrémentée peut-être d’onanisme), d’un achat à la boulangerie (le texte le plus marrant), d’un repas à la cantine ou d’une soirée poésie en compagnie de ses collègues auteurs : à chaque fois, ça percute ; le rythme, rapide et scandé, prend peu à peu des allures de slam, de morceau qu’on imaginerait bien mis en musique ; les mots, répétitifs, choisis la plupart du temps dans le registre le plus trivial qui soit, se changent en or. On aime ces pages qui ressemblent à des discours directs pour relever l’étrangeté ou le ridicule d’une situation, comme ce poème, « C’est bon », disposé en trois colonnes pour pointer la répétition idiote des mêmes formules de professionnel, ou ces dialogues sans sens avec un chauffeur de bus, un ami fasciné par le « métier » de poète ou une boulangère effarée. Campo a la politesse du rire, et pour cacher son profond désarroi presque métaphysique par rapport à sa vie et aux choix impossibles qu’il doit faire pour la vivre, il préfère fabriquer de petites pièces drôles et absurdes plutôt que de balancer les grandes orgues. C’est tout à son honneur et ça permet à ce joli recueil de toucher simplement le cœur. »
Ligne de Défense aux éd. La Boucherie littéraire
Ce livre rassemble des poèmes écrits lors d’événements politiques, politisés ou lors de formalités de la vie quotidienne ou citoyenne. On y trouve une succession d’humeurs ou de situations traduisant le déroutement face à l’actualité, l’absurdité des rouages administratifs, et la manière dont on y fait face : démobilisation, cynisme, incompréhension, réflexion…
40 pages
Prix : 10 €
Format : 110 x 170 mm
QUELQUES DATES AUTOUR DU LIVRE
LECTURE-CONCERT – samedi 16 octobre, festival MidiMinuitPoésie, au Lieu Unique à Nantes
Je lirai des extraits de Ligne de Défense et de mes précédents recueils lors du festival MidiMinuitPoésie au Lieu Unique à Nantes, accompagné pour l’occasion du batteur Éric Pifeteau (The Little Rabbits, French Cowboy, Philippe Katerine…)
SIGNATURE – samedi 23 octobre, Marché de la Poésie de Paris
Je serai en signature sur le stand de la Boucherie Littéraire lors du Marché de la poésie Place Saint-Sulpice (Paris 6e) le samedi 23 octobre en début d’après-midi.
Compte Instagram La poésie me fait peur
Poésie Moteur 2021

Festival Poésie Moteur organisé par Hugo Fontaine (poète) • Camille Nicolle (graphiste)
oriflammes/drapeaux POÈMES
grand place de Tournai (Be), mars 2021
avec les textes de : Emanuel Campo extrait de Maison. Poésies domestiques Éditions la Boucherie littéraire / Fabienne Yvert / Fernando Pessoa poèmes jamais assemblés, Éditions Unes.
Évènement organisé dans le cadre de Tournai ville en poésie. Avec le soutien de la ville et la bibliothèque.
Graphisme de Camille Nicolle
Diffusion sonore de poèmes dans la ville avec les textes de
Luke Askance • Emanuel Campo • Didier Delahais • Hugo Fontaine • Margarida Guia • Claudine Lebègue • Violaine Lison • Colette Nys-Mazure • Gaëtan Sortet • Pina Wood

Site internet de Poésie Moteur
Reportage sur l’édition 2021 du festival
Autre reportage sur l’édition 2021
Traduction en arabe et publication dans la revue palestinienne FUSHA
Joie de vous annoncer la publication en ligne par la revue FUSHA, revue culturelle palestinienne, d’une page à propos de mon travail d’écriture réalisée par le poète Anas Alaili. Anas y tient une rubrique consacrée à la poésie francophone. Il s’agit ici d’un article concernant mon parcours, suivi de sa traduction en arabe de 5 de mes poèmes : 2 inédits et 3 extraits de mon recueil Maison. Poésies domestiques paru aux Éditions la Boucherie littéraire. Merci Anas Alaili pour ton invitation et ton investissement dans ces traductions. Anas est l’auteur de deux formidables recueils que j’aime beaucoup : Avec une petite différence, Polder 142, éd. Décharge et Gros Textes, 2009 (dedans, il y a notamment un de mes poèmes favoris « la brosse à dent ») ; ainsi que Étreintes tardives chez l’Harmanttan, 2016. Les deux livres sont traduits en français par Mohammed El Amraoui, un autre super poète.

أنس، شكراً جزيلاً لك على كتابة هذه المقالة.
Suivre Anas Alaili sur Facebook
#poetrybar
Naian Gonzalez Norvind, actrice et autrice mexicaine, anime sur instagram des #poetrybar. Merci à elle de m’avoir invité à discuter et lire des extraits de Maison. Poésies domestiques et Faut bien manger publiés aux éditions la Boucherie littéraire.

Sélection 2020-2021 du Prix des Découvreurs
Mon recueil Faut bien manger publié aux éditions la Boucherie littéraire figure dans la sélection des titres en lice pour le Prix des Découvreurs. Le jury est constitué de plusieurs centaines de lycéens et de collégiens de différents établissements volontaires de l’ensemble des académies de France. Alors forcément, je suis très heureux d’être associé à cette action. Tous ces ados qui vont lire ces livres de poésie contemporaine, c’est formidable. J’ai hâte de les rencontrer. Je remercie Georges Guillain et l’équipe des Découvreurs. Je remercie aussi mon éditeur Antoine Gallardo pour son engagement dans la conception de ce livre.
Alors si vous souhaitez qu’une classe de votre lycée ou collège devienne jury d’un prix de poésie, n’hésitez pas à contacter les Découvreurs. Un cahier est conçu sur chaque livre de la sélection pour aider les professeurs à concevoir un projet d’éducation artistique et culturel, et accueillir, s’ils le souhaitent, un.e des poètes.ses de la sélection.
>> le cahier réalisé sur Faut bien manger < <
> > édito de Georges Guillain concernant la sélection 2020-2021 < <

Bologna in Lettere 2020

Je participe à Bologna in Lettere 2020, festival italien de poésie en ligne. 158 auteurs de 21 pays.
Je donne trois lectures dans le cadre de l’International Poetry Review :
8 mai à 22h
17 mai à 10h
25 mai à 22h
Je lis
– un poème de Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait, éd. Gros Textes,
– un autre de Maison. Poésies domestiques, éd. la Boucherie littéraire,
– un dernier publié dans le n° 3 de la revue lyonnaise La Terrasse.
Les poèmes sont traduits en italien par mon camarade Domenico Brancale. Merci à lui. Et merci à Enzo Campi de me faire une place dans la programmation.
www.bolognainlettere.it
https://www.instagram.com/bolognainlettere
https://www.facebook.com/Bologna-in-Lettere-2020-il-festival-on-line-113893960282583
« Maison » recommandé par l’émission 21cm de Canal +
En ce temps de confinement, l’émission littéraire 21cm animée par Augustin Trapenard sur Canal + poste sur les réseaux sociaux des recommandations de lecture. Sur le thème de la vie domestique, 21cm recommande mon recueil Maison. Poésies domestiques. Un grand merci à la rédaction pour le relais. Y a une belle coquille au mot « recueil » mais au moins y a aucune faute à mon prénom orthographié à la scandinave. Mes remerciements vont aussi aux éditions la Boucherie littéraire qui ont publié ce recueil en 2015. 2019 a connu sa 4e édition.

Lien de la vidéo sur Facebook.
Les émissions 21cm en replay.
Un atelier d’Aleph Écriture autour de « Maison. Poésies domestiques »

Aleph Écriture a proposé du 20 au 22 mars 2020, un atelier d’écriture à distance sur le thème de la maison à partir d’un poème de mon recueil Maison. Poésies domestiques, édité à la Boucherie littéraire.
👉 L’appel à textes
👉 Les textes reçus
Un grand merci à Aleph Écriture de faire naître un lotissement à partir d’une seule maison. Merci à la poétesse Sanda Voïca qui m’a fait connaître cette initiative.
C’est quoi ce travail ?! Mardi 21 janvier – INSA Lyon
Soirée débat – lecture – gratuit
1 thématique, 4 points de vue (romancier, avocate, poète et magistrat) avec le romancier Joseph Ponthus, maîtres Laurence Segura-Llorens et François-Regis Lacroix et le poète Emanuel Campo
📋 programme : https://www.insa-lyon.fr/fr/evenement/c-est-quoi-ce-travail
🗓 inscription : https://envue.insa-lyon.fr/20200121_travail/inscription.php
Sur Radio Agora Côte d’Azur
Le 12 avril 2019, j’étais l’invité de l’émission Les Mots d’azur animée par la poétesse et traductrice Béatrice Machet pour Radio Agora Côte d’Azur. Un grand merci à elle pour sa lecture et sa générosité.
Partie 1
2:10 : interview
8:30 : chronique de Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire) par Béatrice Machet
9:43 : lecture d’un extrait de Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait (éd. Gros Textes)
12:30 : suite interview
14:40 : à propos de Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire)
Partie 2
0:50 : « équilibre » extrait audio tiré du spectacle « On est là » (2015) par Paul Wamo et Emanuel Campo
2 : 22 : références, influences…
3:50 : suite interview, à propos du multilinguisme
7:30 : à propos de Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire)
9:20 : « le monde » (2013) extrait audio
4e tirage de « Maison. Poésies domestiques » éd. la Boucherie littéraire
Mon premier recueil « Maison. Poésies domestiques » publié en décembre 2015 au éditions la Boucherie littéraire vient de connaître son quatrième tirage.
Après deux premiers tirages puis une réédition revue et augmentée dans l’année de sa sortie, je suis heureux de l’accueil que suscite toujours ce livre. 4 ans, 4 tirages !
Je remercie l’éditeur Antoine Gallardo pour son travail, et à son distributeur Seren Dip. Merci aux libraires et bibliothécaires qui défendent ce livre, aux chroniqueurs et journalistes qui ont relayé sa sortie, merci aux festivals qui m’ont invité à lire.
Merci aux amis et à mes proches qui soutiennent mes projets et offrent mes livres à leur entourage, merci aux artistes avec qui j’ai eu la chance de collaborer, merci aux lecteurs, et aux revues de poésie.
25-10-2019 Lyon, librairie la Voie aux chapitres

événement Facebook
annonce Rue89Lyon
Adresse :
La Voie aux Chapitres
4 rue Saint Jérôme
69007 Lyon.
Métro : Saxe-Gambetta ou Jean Macé
Lignes C4, C12, C14 Arrêt Thibaudière
Faut bien manger sur les Découvreurs
Merci à Georges Guillain pour cet article de fond à propos de Faut bien manger (éd. La boucherie littéraire) sur le blog des Découvreurs (une mine!). Article en entier ici.
VIVRE DE SA PASSION ? OUI. MAIS À QUEL PRIX. À PROPOS DE FAUT BIEN MANGER D’EMANUEL CAMPO.
Les ouvrages nous permettant de nous faire une idée de la façon dont, au jour le jour, je veux dire dans sa réalité triviale et quotidienne, est vécu le métier de poète, sont à mon avis trop rares pour ne pas devoir être signalés. Entre idéalisation romantique et caricature pseudo-naturaliste, il n’est pas toujours facile de se représenter l’existence par exemple d’un jeune homme d’aujourd’hui entré dans les arts, comme aurait dit Murger « sans autre moyen d’existence que l’art lui-même » et « sans autre fortune […] que le courage qui est la vertu des jeunes, et que l’espérance qui est le million des pauvres ».
C’est pourquoi le petit livre d’Emanuel Campo, Faut bien manger, publié l’an dernier par La Boucherie littéraire, ne doit pas être négligé. Certes, on ne saurait affirmer sans se montrer un brin complaisant, qu’au strict plan littéraire, l’ouvrage apporte quoi que ce soit à l’histoire de la poésie. Écrit avec une certaine désinvolture, recourant à bien des facilités du moment, peu ambitieux donc sur la forme, le travail d’Emmanuel Campo intéresse par autre chose. Une sorte de sincérité ou d’honnêteté retorses par lesquelles il parvient, nous dévoilant l’envers du décor, à faire de ses propres faiblesses, une force et à nous sensibiliser de cette manière aux principales contradictions que la condition d’artiste qui est la sienne, oblige à affronter.
De fait, Faut bien manger – titre révélateur – ouvre comme une série de petites fenêtre sur ce que signifie, pour un poète, un artiste, le fait de se refuser au travail salarié pour s’assurer le bénéfice d’une vie plus confortable. Alors c’est sûr, faut bien aimer les pâtes ; recourir à l’occasion à quelques petits boulots pas toujours rigolos ; traverser bien des moments de doute et de déprime ; et lorsque c’est un peu trop dur de sentir qu’on déçoit bien des membres de sa famille, se surprendre à imaginer d’autres métiers qui donneraient la possibilité de continuer quand même, avec plus de sécurité, son activité d’artiste. Mais quelque chose apparemment de plus fort, comme une exigence intérieure, un dégoût aussi, comme viscéral de l’embrigadement social et de la soumission aux actuelles normalités, l’emporte. Jusqu’à rendre même difficile la relation avec d’autres artistes que leur désir de réussite aura transformé, en tristes et insupportables « communicants » de leur propre travail.
C’est, me semble-t-il, l’utilité première de la poésie que de maintenir dans l’espace de plus en plus dévitalisé, fabriqué, manipulé dans lequel nous baignons, l’exigence d’une parole non pas « vraie » mais toujours reliée, comme charnellement, viscéralement, à notre humanité profonde. Aussi, face à ces flux inconsistants mais déréalisants de parole qu’on voit par exemple inonder les réseaux, la meute des satisfaits qui se gratulent, se congratulent, font l’important, exhibent des misères comme s’il s’agissait des toutes nouvelles merveilles du monde, face aussi à tous ceux qui, sans trop savoir à quoi le métier oblige, l’envient, avec un sentiment coupable, de « pouvoir vivre de sa passion », le grand mérite d’Emanuel Campo est d’opposer une attitude, un ton, une liberté, une forme aussi de santé morale, d’incarnation, qui lui permettent de refuser la posture et de ne pas se montrer entièrement dupe de toutes les connivences, les malentendus, les travers, les faux-semblants et les déprimantes trivialités, sur lesquels reposent, quoi qu’on fasse, les formes sociales de l’engagement artistique. Il faut lire à cet égard le texte qu’il consacre à raconter, de l’intérieur, l’une de ses lectures dont il met d’ailleurs en lien la captation vidéo. Sans bien sûr qu’on puisse les ramener aux grimaces dont me parlait le grand tableau de Pelez auquel j’ai tout dernièrement tenté de rendre hommage, les « mines », « simulacres » et « cabotinages » divers qu’évoque ici, même au second degré, notre jeune poète ne sont pas sans dire quelque chose d’une certaine misère de notre poésie d’estrade ou de café qui pousse des procédés élaborés depuis longtemps par des auteurs d’envergure – ici par exemple Gherasim Luca – pour amuser des galeries qui finalement n’en ont pas grand-chose à faire. Venues qu’elles sont, pour la plupart, pour un semblant de convivialité.
Dans cette perspective, l’ouvrage d’Emanuel Campo prolonge un peu pour moi ce qu’on peut retenir de certains ouvrages tels que Chasseurs de primes de Joël Bastard ou du Vocaluscrit de Patrick Beurard-Valdoye dont j’ai en leur temps rendu compte. Son caractère salubre vient de ce qu’il ne se paie pas contrairement à bien d’autres d’illusions ou de prétentions excessives. Et surtout, laisse sa place au doute. Ce pourquoi il nous parle et se révèle, au fond, intelligemment humain.
Maison et Faut bien manger par Denis Morin

Note de lecture par Denis Morin sur mes deux ouvrages à la Boucherie littéraire publié sur son blog. Extrait :
« Les textes sont savoureux, débordent d’esprit, traitent du couple, de la famille, de la société, des communications insensées. On sourit devant l’absurdité de l’existence, mais au fait on pourrait se demander si ce ne sont pas les gens qui tombent dans l’absurdité sans s’en rendre compte. À vous de juger. Ces textes valent la peine d’être lus à voix basse dans le transport public, dans le confort du salon ou sur une scène bien éclairée, micro au bec. »
à lire ici en entier.
France Inter
Mercredi 24 juillet 2019, des amis plus matinaux que moi ont pu m’entendre dans le 6/9, la matinale de France Inter dans un sujet autour du festival de poésie Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée à Sète. Courte interview et captation de ma lecture par le journaliste Stéphane Capron. Merci à lui. On y entend ensuite une interview d’Antoine Gallardo de la Boucherie littéraire.
La page du site de la radio relaie un extrait vidéo de la création « On est là ! » de Paul Wamo et moi créée et filmée au Centre culturel le C2 à Torcy en 2015.
https://www.franceinter.fr/emissions/le-petit-journal-des-festivals/le-petit-journal-des-festivals-24-juillet-2019
ou écouter le podcast
« Faut bien manger » sur Poezibao
Merci à Jean-Pascal Dubost pour sa critique de Faut bien manger publiée dernièrement sur Poezibao. Article à lire ici dans son intégralité.
Emanuel Campo, Faut bien manger, La Boucherie Littéraire
Le titre est une expression parlée, familière, une de celle de la vie courante qui nous amène souvent à tronquer les phrases par rapidité linguistique et pour répondre à la vie vite. Se dit « faut bien manger » par désabusement las et par excuse de ne pouvoir autrement faire. Emanuel Campo, en assez droite hoirie du réalisme carvérien (revendiquée : « Une fois de plus, la lecture/d’un poème de Raymond Carver m’inspire/un recueil entier »), Emanuel Campo a choisi, au contraire cependant de l’auteur des Vitamines du bonheur, a choisi d’en rire jaune par les voies du sarcasme teinté d’auto-dérision, en cela héritant de Richard Brautigan, mais l’absurde anamorphique en moins. Toute situation peut générer une pensée-poème satirique chez ce poète à la fois désinvolte et impertinent, qui laisse aller et parler ses pensées comme elles viennent en les coupant en vers. Cette poésie relève du spoken word, pratique spontanément orale et urbaine de la poésie dans laquelle Emanuel Campo exerce ses talents, avec le courage de ne pas faire dans la dentelle, de n’épargner personne et ne pas verser dans la séduction :C’est quand j’ai vu
la vieille dame éternuer
au-dessus du buffet
à volonté
que je m’suis dit
« T’as raison. On aurait dû se faire un kebab. »Profitant de saynettes de la vie quotidienne, il fait rythme, car les poèmes ne sont pas simples transcriptions des observations, et cela est ce qui préserve les poèmes de la banale banalité d’être simplement banals et sans aucune envergure. […] On imagine fort bien certains des longs et très longs poèmes dits sur scène, micro à la main, comme apparemment improvisés, dits de mémoire et en dansant, comme le fait si excellement John Giorno. Emanuel Campo est de cette veine, moins « humaniste » que le géant américain. Il prend cependant le risque de déplaire, ce qu’on attend quelques-fois des poètes, dans leur liberté de parole affranchie du politiquement et socialement correct des temps d’huy. Jean-Pascal Dubost.
Entretien avec Rue89Lyon
Entretien avec Rue89Lyon (cliquez sur l’image ou ici) dans le cadre de ma participation au jury du concours de nouvelles : « Lyon, des nouvelles de 2050 ». Merci à
Entretien pour lelitteraire.com

Entretien express pour lelitteraire.com à lire ici. Merci à Jean-Paul Gavard-Perret.
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Les responsabilités.Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Ils ont muté en matière recyclable ou en souvenirs.A quoi avez-vous renoncé ?
Aux grasses matinées.D’où venez-vous ?
Là, de suite, de chez l’épicier. Sinon de Dijon.Qu’avez-vous reçu en dot ?
Je ne sais pas.Un petit plaisir — quotidien ou non ?
Café, bière, verveine, musique au casque.Qu’est-ce qui vous distingue des autres poètes ?
Théoriquement rien : chacun fait ce qu’il a à faire.Quelle est la première image qui vous interpella ?
Mes mains sur un piano.Et votre première lecture ?
Ce que j’aimais lire enfant ? “Copain des bois” ! Et d’autres livres sur la pêche, la montagne ou l’archéologie. Mais pas beaucoup de littérature. Je n’aimais pas les histoires.Quelles musiques écoutez-vous ?
Du rap essentiellement, américain majoritairement, depuis le jour où à douze ou treize ans j’ai entendu pour la première fois à la radio le morceau “Affirmative action” de Nas. Je ne me suis jamais remis de l’entrée de la caisse claire dans le couplet du rappeur AZ. La même année, 1996, je me prenais dans la tronche l’album The Score des Fugees. C’était fini. On ne se sent plus jamais seul en écoutant de la musique dont les artistes qui la font s’adressent à toi sans 4e mur en mode moi-je-ici-et-maintenant. Bref, l’autre amour de ma vie, c’est un truc que je n’ai pas vécu, le Velvet Underground. Et j’ai quand-même une grosse partie de mon cerveau grillé par le rock et la pop : TV on the radio, The Kinks, Eels, Beck, Ramona Cordova, Bowie, Adam Green, les premiers Strokes ou Arcade Fire…Quel est le livre que vous aimez relire ?
Je n’ai pas de livre monument de chevet de la mort qui tue. Je relis le plus souvent les recueils des copains, et ceux de Dan Fante ou d’Aimé Césaire….Quel film vous fait pleurer ?
Je ne m’en souviens plus. Ça fait des lustres que je ne me suis pas posé devant un bon film.Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Ben… moi. Sinon c’est pas un miroir, mais une télé. Ou un miroir de film d’épouvante.A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Tiens, je n’ai jamais eu ce sentiment. Personne je crois. Je crois que si on n’ose pas, c’est que ce n’est pas le moment, que la parole n’est pas entièrement formulée.Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
New York.Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Je ne sais pas. Je ne me sens pas proche des artistes dont j’admire le travail. J’ai tendance à chercher autre chose.Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Du temps, de la tranquillité et un lecteur CD avec un adaptateur Bluetooth.Que défendez-vous ?
Mon assiette.Que vous inspire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
Que je ne suis pas qualifié pour répondre.Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la question ?“
Que répondre au pif sans connaître la question est une manière stupide de chercher les embrouilles.Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Quel est le meilleur album de A Tribe Called Quest : Low end theory, Midnight marauders ou We Got It from Here… Thank You 4 Your Service ?Entretien et présentation réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 27 juin 2019.
Faut bien Manger sur Poésie chronique ta malle
Patrice Maltaverne, poète, éditeur au Citron Gare, animateur de la revue Traction-Brabant et bloggeur-passeur de poésie, a lu mon recueil Faut bien manger aux éditions la Boucherie littétraire. Sur son très recommandé blog Poésiechroniquetamalle il écrit ceci :
Deuxième recueil publié par Emanuel Campo aux Éditions de « la Boucherie littéraire », dans la collection « Sous le billot », « Faut bien manger », d’Emanuel Campo parle des conditions de vie contemporaine dans la ville, lieu de tous les travaux (j’avais envie d’écrire « travails ») immatériels, rémunérés ou pas.J’ai éprouvé du plaisir à lire ce livre, car j’y retrouve l’humour de son auteur qui s’emploie à tourner en dérision des choses pas forcément marrantes, comme par exemple le manque d’argent, la laideur du paysage urbain, les choses qu’on s’oblige ou qu’on nous oblige à faire pour gagner sa vie.
Bref, un texte résolument actuel (pas évident en poésie).J’y retrouve également cette désinvolture dans l’écriture, ce j’men foutisme apparent qui, peut-être ou peut-être pas, dissimule de plus fines blessures.Chaque poème de « Faut bien manger » me semble être un tout, une île qui se déplace dans une même constellation thématique. Les poèmes sont assez nettement aussi tournés vers l’oralité, voire, vers la performance, ce qui rafraîchit l’écriture poétique, l’assouplit.Si « Faut bien manger » se compose de tableaux (ou de scènes) différentes, ces tableaux sont musicaux et impliquent un changement de décor (comme dans un ballet).
Retrouvez l’article complet avec un extrait choisit ici.
Faut bien manger sur lelitteraire.com
Merci à Jean-Paul Gavard-Perret de suivre mon travail et d’avoir écrit un article sur mon nouveau recueil Faut bien manger aux éditions la boucherie littéraire pour le compte de lelitteraire.com
Emanuel Campo, Faut bien manger
Le fil à la pâte
Emanuel Campo fait du poème minute son sport de combat, sa religion (athée) afin de détruire la bêtise et se perdre dans la folie à la base de toute connaissance de soi et des autres comme de toute communication interpersonnelle dont il fait son métier afin de gagner sa vie. Le poète partage avec ses potes ses doutes, ses peur et ses pâtes. Preuve que se battre pour manger est une nécessité vitale : il est aussi important de battre le briquet pendant qu’il est chaud afin de manger cuites les Lustucru.
Ici, sur l’étal de la poésie, l’auteur nous livre des morceaux de son journal intime par fragments, sauts et mésaventures. Il ne cherche ni la bravoure, ni la pose. Mais plutôt le zéro de conduite. Figurant dans un film, il est obligé de s’étendre au pied d’un arbre où il venait d’uriner. Déceptif, préférant au kebab un buffet volonté, il ne peut que constater les éternuements répétés d’une vieille dame sur la boustifaille.La vie est donc saisie au ras du réel non dans un musée de cire mais de circonstances. Quitte parfois à les minuter seconde par seconde lors d’une lecture publique d’un de ses textes (écrit, avoue-t-il, en plagiant Ghérasim Lucas — mais c’est sans doute moins véridique que pour faire un mot d’esprit à son corps dépendant).
Campo prouve que l’existence est rarement du Shakespeare sauf lorsque l’Anglais dérive dans ses facéties. Mais le poète lyonnais est ici ce qu’il est dans la vie dite active : bateleur que “les metteurs en scènes fascinent” car “ils invitent les publics à réfléchir avec eux”. Ce qui semble pour le moins outrancier sauf à vivre toute l’années les 15 premiers jours de Juillet en Avignon. Du moins à ce qu’on dit, le lecteur de ces lignes n’y foutant jamais les pieds.Mais l’auteur peut largement prendre son cas pour une généralité comme par exemple lorsqu’il parle “du métier” sans avoir forcément expliciter lequel ou lorsque son corps (j’entends à l’intérieur) est analysé sans parcimonie. Il s’agit alors d’en souligner les avanies et framboises là où ça se bouche, suinte, miaule, sue, gonfle, gicle, jaillit et j’en passe.
Mais quoi de plus roboratif. D’autant que choisir d’être publié “sur le billot” (titre de la collection) de la Boucherie Littéraire demande nécessairement de la tripe. L’auteur en possède et la sert avec des spaghetti qui, comme le plus simple des repas, mérite pour être réussi une bonne pâte. Alors qui donc sinon Campo haut roi (1,83 m) de la sauce tomate et de la salsa ?jean-paul gavard-perret
Faut bien manger par Patrick Joquel
Merci à Patrick Joquel, toujours attentif et partageur, qui signe la première note de lecture consacrée à mon nouveau recueil aux éditions la Boucherie littéraire Faut bien manger. Article publié sur son site.
Emanuel Campo, second livre à la Boucherie Littéraire (le précédent : Maison. Poésies domestiques) et tout aussi surprenant. Un livre plein de surprises, de vitalité, de rebonds. Un livre joyeux. Des poèmes à dire à haute voix, normal pour un auteur qui aime la scène. J’espère bien le voir et l’entendre un de ces jours d’ailleurs…
On est à Lyon dans ce livre et la ville vit sa vie de ville tandis que je
retourne à mon travail
qui sans effort
s’abat sur moiDans ce lieu de travail on croise des cadres, jeunes et dynamiques, bien affutés pour défendre leur beefsteak même au détriment des autres ou d’eux-mêmes. Des cadres bien en corps et tout en harmonie avec leurs besoins vitaux. Des travailleurs en prise aux soucis quotidiens : transport, trajet, chronomètre et la peur de manquer d’argent…
Et alors ? Tu mangeras des pâtes. C’est bon les pâtes !et on y croise l’artiste, le poète. Un être moqueur. Moqueur de lui-même, moqueur des autres et du système qui les met en scène, souvent de maigres publics…
Un livre salutaire, qui claque au vent et qui ouvre de nouveaux chemins à cette exploratrice du langage et de l’humain qu’est la poésie.
http://www.patrick-joquel.com/
Faut bien manger aux éditions la Boucherie littéraire

Les éditions la Boucherie littéraire ont remis le couvert. Je remercie Antoine Gallardo pour son travail. Merci à lui de continuer à publier le mien.
Mon recueil Faut bien manger est disponible dans toutes les librairies de France, de Suisse et de Belgique depuis le vendredi 1er mars 2019.
S’il n’est pas en rayon, commandez-le auprès de votre libraire. Il est à vous, Go!

28/02 à Nice, Avant-première « Faut bien manger »
Mon recueil « Faut bien manger » sort le vendredi 1er mars aux saignantes éditions la Boucherie littéraire.
Voici les premières dates où je présenterai le livre en librairie.
28/02, Nice : Avant-première à la librairie les Journées Suspendues. Événement Facebook.
12/04, Romans-sur-Isère : librairie des Cordeliers, avec Claire Rengade.
23/05, Lyon : à domicile chez la fidèle librairie la Virevolte.
11/06, Valence : librairie l’Étincelle, avec Marlène Tissot.
Faut bien manger, éditions la Boucherie littéraire, le 1er mars 2019
Nombre de pages : 58 Format fermé : 110 x 170 mm
I.S.B.N. : 979-10-96861-14-9
Prix public : 12 € – Prix souscription : 10,80 €
http://laboucherielitteraire.eklablog.fr
et proposent aux impatientes et aux impatients
de souscrire dès aujourd’hui à la publication de ce livre
jusqu’au 25 février.
imprimez, déchiffrez, complétez puis envoyez à l’éditeur
le bulletin de souscription disponible ici.
La quatrième de couverture de Faut bien manger se déguste déjà.

et Bonne Année 2019 !

La Cave Poésie René-Gouzenne à Toulouse a choisi un poème de mon recueil Maison. Poésies domestiques aux éditions la Boucherie Littéraire pour illustrer sa carte de vœux 2019.
www.cave-poesie.com
http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/





