﻿{"id":1069,"date":"2016-03-21T16:02:40","date_gmt":"2016-03-21T14:02:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ecampo.fr\/?p=1069"},"modified":"2016-03-21T16:19:25","modified_gmt":"2016-03-21T14:19:25","slug":"chronique-de-maison-sur-poezibao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ecampo.fr\/?p=1069","title":{"rendered":"Chronique de \u00ab\u00a0Maison\u00a0\u00bb sur Poezibao"},"content":{"rendered":"<p><em>Samedi 19 mars.<\/em><br \/>\n<em> Nous sommes dans le train en direction de Toulouse pour y donner un concert.<\/em><br \/>\n<em> Mon <\/em>partner <em>me tend son I-Phone.<\/em><br \/>\n<em> \u00ab\u00a0Tiens, regarde.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sur son fil d&rsquo;actualit\u00e9 Facebook, je d\u00e9couvre une note de lecture de mon recueil <\/em>Maison \u2013 Po\u00e9sies domestiques<em> \u00e9crite pour le site Poezibao (actualit\u00e9 de la po\u00e9sie contemporaine) et sign\u00e9e\u00a0 Jean-Pascal Dubost. De quoi me mettre en joie pour les jours suivants. Un grand merci \u00e0 lui pour cet article qui t\u00e9moigne d&rsquo;une lecture approfondie du recueil.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Boucherie litt\u00e9raire est une toute nouvelle maison d\u2019\u00e9dition de po\u00e9sie, sise dans le Luberon, qui vient de publier une salve de quatre po\u00e8tes<sup>1<\/sup>, ce qu\u2019il faut saluer, car il n\u2019est pas que des disparitions \u00e0 d\u00e9plorer, dans le milieu de la po\u00e9sie, mais aussi et surtout des cr\u00e9ations \u00e0 soutenir. D\u2019autant saluer, cette g\u00e9n\u00e9reuse entreprise, qu\u2019elle prend le risque de publier le premier livre d\u2019un jeune po\u00e8te de 32 ans, Emanuel Campo, Fran\u00e7ais et Su\u00e9dois, po\u00e8te pluri-disciplinaire (performer, interpr\u00e8te, musicien, sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale, spoken word etc.) Il est entendu que la jeunesse ne fait pas la qualit\u00e9 d\u2019un livre, n\u2019est pas Rimbaud n\u2019importe quel quidam au pr\u00e9texte d\u2019une jeunesse d\u2019art\u00e8res. Il se trouve que la jeunesse de ce po\u00e8te apporte une bouff\u00e9e d\u2019insolence \u00e0 la po\u00e9sie, ce qu\u2019il faut signaler. Les po\u00e8mes, contrairement \u00e0 ce que supposerait le sous-titre, n\u2019appartiennent pas \u00e0 une po\u00e9sie du quotidien, au sens d\u2019un relev\u00e9 des faits du quotidien, sur le mode r\u00e9aliste et neutre, ou n\u00e9o-r\u00e9aliste. Si la po\u00e9sie d\u2019Emanuel Campo est de quelque lign\u00e9e, nous pourrions citer Tristan Corbi\u00e8re, Roger Lahu, Richard Brautigan, Charles Bukowski et Ian Monk, sur le registre de l\u2019humour tant\u00f4t, \u00e0 tonalit\u00e9 d\u2019auto-d\u00e9rision. Titre et sous-titre en eux-m\u00eames ouvrent la porte sur l\u2019humour, un humour tautologique, pour leur cas, puisque le mot \u00ab\u00a0domestique\u00a0\u00bb est, \u00e9tymologiquement, <em>domesticus<\/em>, \u00ab\u00a0de la maison\u00a0\u00bb, autrement dit lire\u00a0: \u00ab\u00a0Maison, po\u00e9sies de la maison\u00a0\u00bb, donc. Petite entr\u00e9e en la mati\u00e8re d\u2019humour, subtilement. Sur ce registre, Emanuel Campo nous ouvre la porte de sa maison, tant\u00f4t en rire jaune (Corbi\u00e8re), tant\u00f4t en humour d\u00e9cal\u00e9 d\u00e9capant presque absurde (Brautigan et Lahu), tant\u00f4t en humour noir (Bukowski), humour cruel quelques fois (Ian Monk). La patte de Campo, la personnalit\u00e9 d\u2019\u00e9criture sienne, est l\u2019assimilation des p\u00e8res et phares qui font la sienne, insolente. Pas de grandes r\u00e9v\u00e9lations sur le monde, on le sait rapidement, d\u00e8s le deuxi\u00e8me po\u00e8me\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<strong>Quand j\u2019\u00e9tais petit<\/strong>,<br \/>\nje croyais que la bande de Gaza<br \/>\nc\u2019\u00e9tait un groupe de rock.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est affich\u00e9 et clair, le monde est loin, m\u00eame s\u2019il est dans tous les gestes quotidiens, il est mis \u00e0 distance par la d\u00e9rision la plus totale comme dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0<strong>Petit \u00a0pot, couches et discussion \u00e0 propos d\u2019\u00e9conomie<\/strong>\u00a0\u00bb, o\u00f9 apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 un tour de plan\u00e8te en l\u2019espace de quelques gestes de la vie domestique\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0et maintenant mon enfant,<br \/>\nque vas-tu faire de toute cette mondialisation qui arrive aux portes de ta bouche\u00a0?<br \/>\n\u00c0 mon fils de 11 mois de r\u00e9pondre\u00a0:<br \/>\n\u2015 Perso, j\u2019en sais rien. S\u00fbrement tout manger. Pose plut\u00f4t la question aux fabricants de couches qui tirent profit de toute cette merde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le sarcasme n\u2019\u00e9pargne personne, pas m\u00eame l\u2019interlocutrice des po\u00e8mes, compagne fictive ou r\u00e9elle\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<strong>Tu me dis que tu aimes bien la po\u00e9sie.<\/strong><br \/>\nEn particulier ces courts po\u00e8mes japonais<br \/>\nLes sudokus.<\/p>\n<p>Il y a de tout pour ne pas faire un monde, un macrocosme, du sudoku, donc, mais aussi du MMS, SMS, de la pub pour une revue de po\u00e9sie, un atelier d\u2019\u00e9criture, un flash mob, du streaming, du spasfon, des choses qu\u2019on ne trouve pas <em>a priori<\/em> dans la po\u00e9sie des po\u00e8tes du<em> grand vingti\u00e8me<\/em>, choses de la vie quotidienne, choses de la vie ordinaire, qui ne font pas r\u00eaver, d\u2019un jeune homme sans illusions sur le monde et qui se rattrape en y m\u00ealant des piments humours.<br \/>\nLa po\u00e9sie, dans son extr\u00eame-contemporan\u00e9it\u00e9 ambigu\u00eb, n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Je viens de rentrer d\u2019une lecture\/\u00e7a manquait de poil\/une lecture organis\u00e9e par une revue de po\u00e9sie\/\u00e7a manquait de poil\/c\u2019\u00e9tait marqu\u00e9 PERFORMANCE\/\u00e7a manquait de poil\/alors qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple lecture qui\/manquait de poil etc.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La platitude est la rampe de lancement des po\u00e8mes afin qu\u2019ils d\u00e9collent, exercice toujours p\u00e9rilleux, de faire po\u00e8me avec le plat pays qu\u2019est le quotidien domestique. C\u2019est r\u00e9ussi. On sourit. Le tour de force est r\u00e9ussi quand on sourit o\u00f9 ce n\u2019est pas dr\u00f4le, comme Pierre Desproges savait nous faire rire jaune avec des choses graves. Parfois, on cherche le dr\u00f4le pour sourire, et on ne le trouve pas, le po\u00e8me semble tomber \u00e0 plat, or ce sont les petites incartades de gravit\u00e9 gliss\u00e9es comme peau de bananes verbales.<br \/>\nPo\u00e9sie insolente, tonique, qui vous fiche une saine petite claque.<\/p>\n<p><strong>Jean-Pascal Dubost<\/strong><\/p>\n<p><sup>1<\/sup> En dehors de l\u2019ouvrage ici recens\u00e9\u00a0:<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne Dassavray, <em>On ne conna\u00eet jamais la distance exacte entre soi et la rive<\/em><br \/>\nMireille Disdero, <em>Ecrits sans papiers. Pour la route entre Marrakesh et Marseille<br \/>\n<\/em>Thomas Vinau, <em>p(H)ommes de terre<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"http:\/\/poezibao.typepad.com\/poezibao\/2016\/03\/note-de-lecture-emanuel-campo-maison-po%C3%A9sies-domestiques-par-jean-pascal-dubost.html\" target=\"_blank\">Consulter l&rsquo;article sur le site Poezibao.<br \/>\n<\/a><a href=\"http:\/\/terreaciel.free.fr\/poetes\/dubost.htm\" target=\"_blank\">En savoir plus sur l&rsquo;auteur de l&rsquo;article.<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi 19 mars. Nous sommes dans le train en direction de Toulouse pour y donner un concert. Mon partner me tend son I-Phone. \u00ab\u00a0Tiens, regarde.\u00a0\u00bb Sur son fil d&rsquo;actualit\u00e9 Facebook, je d\u00e9couvre une note de lecture de mon recueil Maison \u2013 Po\u00e9sies domestiques \u00e9crite pour le site Poezibao (actualit\u00e9 de la po\u00e9sie contemporaine) et sign\u00e9e\u00a0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[276],"tags":[306,187,269,307],"class_list":["post-1069","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ca-parle-de-moi","tag-jean-pascal-dubost","tag-la-boucherie-litteraire","tag-maison-poesies-domestiques","tag-poezibao"],"blocksy_meta":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1069"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1069\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1069"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1069"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}