﻿{"id":1653,"date":"2017-07-19T12:03:22","date_gmt":"2017-07-19T10:03:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ecampo.fr\/?p=1653"},"modified":"2017-07-19T17:57:04","modified_gmt":"2017-07-19T15:57:04","slug":"maison-poesies-domestiques-chronique-sur-le-site-terre-a-ciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ecampo.fr\/?p=1653","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Maison. Po\u00e9sies domestiques\u00a0\u00bb chroniqu\u00e9 sur le site Terre \u00e0 ciel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.terreaciel.net\/\"><img decoding=\"async\" class=\"size-large aligncenter lazyload\" data-src=\"https:\/\/www.terreaciel.net\/IMG\/siteon0.jpg?1438677131\" width=\"1024\" height=\"307\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1024px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1024\/307;\" \/><\/a><\/p>\n<p>Surprise du jour, bonjour ! Le site\/revue Terre \u00e0 Ciel publie une <a href=\"https:\/\/www.terreaciel.net\/L-ivre-de-poemes-Chronique-de-Franck-Merger-juillet-2017?var_mode=calcul#.WW8YbOlpwpt\">chronique<\/a> de mon recueil <em>Maison. Po\u00e9sies domestiques<\/em> aux \u00e9ditions la Boucherie Litt\u00e9raire. Il s&rsquo;agit du premier article \u00e0 propos de ce recueil depuis sa r\u00e9\u00e9dition revue et augment\u00e9e il y a 6 mois. Une r\u00e9\u00e9dition qui pr\u00e9sente un texte plus abouti. Cette version restera au catalogue de la maison d&rsquo;\u00e9dition. C&rsquo;est pourquoi je suis tr\u00e8s content qu&rsquo;un nouveau regard soit pos\u00e9 sur ce livre aujourd&rsquo;hui. Je ne connais pas Franck Merger, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article, j&rsquo;esp\u00e8re un jour le rencontrer, qu&rsquo;il soit ici remerci\u00e9 pour l&rsquo;article mais aussi pour les mots en latin qu&rsquo;il vient de m&rsquo;apprendre en lisant sa chronique. Je remercie aussi Roselyne Sibille de Terre \u00e0 Ciel, ainsi que l&rsquo;\u00e9diteur Antoine Gallardo qui fait \u00ab\u00a0bien le taf&rsquo; de dif'\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"cartouche\">\n<h3 class=\"h1 crayon article-titre-767 \" style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019ivre de po\u00e8mes &#8211; Chronique de Franck Merger (juillet 2017)<\/h3>\n<\/div>\n<div class=\"surlignable\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<div class=\"crayon article-texte-767 texte\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong>Emanuel Campo<\/strong>, <i>Maison. Po\u00e9sies domestiques<\/i>, Cadenet, La Boucherie litt\u00e9raire, coll. \u00ab\u00a0Sur le billot\u00a0\u00bb, 2016. 12\u20ac.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong>Le po\u00e8me-maison d\u2019Emanuel Campo<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"surlignable\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<div class=\"crayon article-texte-767 texte\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<p style=\"padding-left: 30px;\">La po\u00e9sie du quotidien conna\u00eet de s\u00e9duisantes illustrations ici comme ailleurs. Dans le recueil <em>Dans l\u2019ann\u00e9e de cet \u00e2ge (108 po\u00e8mes &amp; les proses aff\u00e9rentes)<\/em>, paru chez Champ Vallon en 2001, St\u00e9phane Bouquet saisit ainsi dans de brefs po\u00e8mes les instants de sa vie pendant une ann\u00e9e \u2013 instantan\u00e9s de sensations, d\u2019impressions, de rencontres, de d\u00e9sirs. Le recueil de St\u00e9phane Bouquet est tissu d\u2019une discr\u00e8te m\u00e9lancolie. Plus r\u00e9cemment, Andri Snaer Magnason situe, quant \u00e0 lui, le cadre des po\u00e8mes de son recueil <i>B\u00f3nuslj\u00f3\u00f0 <\/i>, paru en bilingue aux \u00c9ditions d\u2019en bas, dans un supermarch\u00e9 de la cha\u00eene B\u00f3nus \u2013 comme l\u2019indique d\u2019ailleurs explicitement le sous-titre du recueil, \u00ab\u00a0Po\u00e8mes de supermarch\u00e9\u00a0\u00bb. Le ton est ici ironique et satirique.<br class=\"autobr\" \/> \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de la po\u00e9sie du quotidien, se distingue ce qu\u2019on pourrait appeler la po\u00e9sie domestique. Le beau recueil de L\u00e6titia Cuvelier \u2013 beau comme ensemble po\u00e9tique, beau comme objet-livre \u2013, paru chez Cheyne en 2015, porte ainsi sur sa couverture le titre <i>Pipi, les dents et au lit<\/i>. L\u00e6titia Cuvelier pr\u00e9sente des moments de sa vie de famille, de sa vie de couple, de sa vie de m\u00e8re, moments heureux, chaleureux, drolatiques, ou moments tristes, solitaires, col\u00e9riques. Partout, l\u2019\u00e9motion contenue affleure. <br class=\"autobr\" \/> La Boucherie litt\u00e9raire a publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2016 une nouvelle \u00e9dition, revue et augment\u00e9e, du recueil d\u2019Emanuel Campo <i>Maison<\/i>, dont le sous-titre est \u00ab\u00a0Po\u00e9sies domestiques\u00a0\u00bb, justement. On croise dans cette \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb po\u00e9tique la compagne et les enfants de l\u2019auteur. On voit le po\u00e8te chez lui, dans son appartement, menant la vie des couples d\u2019aujourd\u2019hui, avec ses heurts et ses bonheurs\u00a0; on le voit avec ses tout jeunes fils, leur donner la b\u00e9qu\u00e9e ou les habillant.<br class=\"autobr\" \/> Ces po\u00e8mes domestiques peignent aussi la situation du po\u00e8te dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, du moins dans cette partie du monde occidental. Il y a belle lurette que le po\u00e8te n\u2019est plus chez nous <i>vates<\/i>, mage ni proph\u00e8te. Il ne jouit d\u2019aucun statut social particulier\u00a0; son essence est celle de tout un chacun. Il est de la m\u00eame \u00e9toffe que les autres hommes et vit parmi eux, comme eux. Le po\u00e8me liminaire, \u00e9cho des propos que les professeurs de l\u2019\u00e9l\u00e8ve Emanuel Campo ont pu tenir \u00e0 ses parents, donne le la\u00a0:<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"surlignable\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<div class=\"crayon article-texte-767 texte\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><i>Rien de rien.<\/i><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><i> <\/i><i>Votre fils est moyen voil\u00e0 tout.<\/i><br class=\"autobr\" \/> (p. 9)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Ludion flottant entre rien et tout, le fils devenu po\u00e8te affiche son <i>ethos<\/i> moyen et banal. Cette revendication s\u2019inscrit dans une longue tradition, qui est comme le revers du mythe du po\u00e8te inspir\u00e9. Il y a plusieurs si\u00e8cles d\u00e9j\u00e0, Du Bellay refusaient d\u2019\u00e9lever sa voix et de traiter les \u00ab\u00a0hauts arguments\u00a0\u00bb de l\u2019orgueilleux Ronsard. <br class=\"autobr\" \/> L\u2019on voit le po\u00e8te vivre la vie sociale des po\u00e8tes. Il \u00e9voque ainsi les ateliers d\u2019\u00e9criture qu\u2019il anime au sein des \u00e9tablissements scolaires, les lectures auxquelles il assiste et celles que lui-m\u00eame donne, les colloques sur la po\u00e9sie auxquels il participe, la revue qu\u2019il a envie de cr\u00e9er. Emanuel Campo peint toutes ces circonstances avec humour et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. L\u2019ironie bienveillante, envers les autres et envers lui-m\u00eame, caract\u00e9rise d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre le recueil. Ce n\u2019est pas la moindre de ses s\u00e9ductions. <br class=\"autobr\" \/> Le po\u00e8te vit parmi les hommes, mais se consacre \u00e0 l\u2019activit\u00e9 un peu marginale dans la soci\u00e9t\u00e9, de la cr\u00e9ation po\u00e9tique. C\u2019est l\u00e0 un bon poste d\u2019observation. Emanuel Campo observe \u00e0 partir de sa position de <i>po\u00ef\u00e8t\u00e8s<\/i>, d\u2019artisan des mots, les vies d\u00e9pourvues de cr\u00e9ation. Il le dit tout net\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><i>Il n\u2019y a de famille que s\u2019il y a cr\u00e9ation<\/i><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">C\u2019est l\u00e0 dire aussi que la po\u00e9sie se niche ailleurs que dans le po\u00e8me et que le po\u00e8te, malgr\u00e9 sa banalit\u00e9 sociale, dispose d\u2019un formidable pouvoir pour vivre mieux. <br class=\"autobr\" \/> Que son domaine, ce soient les mots, cela lui permet aussi et plus largement de mesurer \u00e0 quel point ils sont d\u00e9valu\u00e9s dans nos soci\u00e9t\u00e9s, au b\u00e9n\u00e9fice de la rumeur et du brouhaha. Le propos s\u2019\u00e9largit ainsi, passant des sayn\u00e8tes quotidiennes \u00e0 la vaste sc\u00e8ne du monde. La po\u00e9sie domestique se fait \u00e0 l\u2019occasion sociale et politique, comme ici, quand le po\u00e8te \u00e9voque la trag\u00e9die de la M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><i>Au roi du silence, je gagne assez facilement.<\/i><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><i> <\/i><i>Car il s\u2019agit bien de \u00e7a<br class=\"autobr\" \/> aujourd\u2019hui m\u00eame les cadavres <br class=\"autobr\" \/> participent au tout-bruit du monde<\/i><br class=\"autobr\" \/> (p. 17)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le pouvoir du po\u00e8te Emanuel Campo s\u2019incarne dans les po\u00e8mes de son recueil. Dans ce recueil, pourtant relativement court, se manifeste une grande vari\u00e9t\u00e9 formelle. Les po\u00e8mes-listes (\u00ab\u00a0Je compte lancer une revue de po\u00e9sie\u00a0\u00bb, par exemple), dans la tradition des po\u00e8mes litaniques, c\u00f4toient des po\u00e8mes narratifs (\u00ab\u00a0Nous sommes dans la voiture\u00a0\u00bb) ou \u00e9pigrammatiques (\u00ab\u00a0Tu me dis que tu aimes bien la po\u00e9sie\u00a0\u00bb)\u00a0; le vers g\u00e9n\u00e9ralement libre c\u00e8de \u00e7\u00e0 et l\u00e0 la place \u00e0 la prose rythm\u00e9e. Quelques effets typographiques ludiques apparaissent aussi\u00a0: la disposition sur la page peut prendre une valeur iconique (p. 21) ou parodique (p. 31 et p. 33). <br class=\"autobr\" \/> Le po\u00e8te est l\u2019artisan des mots. Eug\u00e8ne Guillevic le disait d\u00e9j\u00e0, qui, dans un po\u00e8me c\u00e9l\u00e8bre du recueil <i>Terre \u00e0 bonheur<\/i>, comparait le po\u00e8te \u00e0 un menuisier. Bien longtemps avant lui d\u00e9j\u00e0, Horace faisait de sa po\u00e9sie un <i>monumentu maere perennius<\/i>, un \u00ab\u00a0monument plus durable que le bronze\u00a0\u00bb. Mais c\u2019est sans aucun doute bien plut\u00f4t \u00ab\u00a0Le charpentier\u00a0\u00bb de Jacques R\u00e9da qu\u2019Emanuel Campo garde \u00e0 l\u2019esprit. Il lui rend un discret hommage dans deux po\u00e8mes de son recueil. Dans \u00ab\u00a0\u00c0 ma fen\u00eatre\u00a0\u00bb (p. 21) comme dans \u00ab\u00a0Le charpentier\u00a0\u00bb, le po\u00e8te est \u00e0 sa fen\u00eatre et observe des hommes au travail. Et de m\u00eame que, dans \u00ab\u00a0Le charpentier\u00a0\u00bb, le po\u00e8te finit par quitter sa \u00ab\u00a0maison l\u00e9g\u00e8re d\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0aller respirer un peu dans la nature\u00a0\u00bb, Emanuel Campo cl\u00f4t le dernier po\u00e8me de son recueil par ces mots\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><i>Une chose qui n\u00e9cessite de m\u2019enfuir une ou deux heures<br class=\"autobr\" \/> de la maison.<\/i><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Emanuel Campo s\u2019inscrit donc dans la lign\u00e9e des po\u00e8tes constructeurs de b\u00e2timents verbaux. Mais son propos ne se borne pas \u00e0 des consid\u00e9rations sur le caract\u00e8re artisanal de la po\u00e9sie\u00a0: contre le vacarme vain et insens\u00e9 du monde, le po\u00e8me construit une maison de mots o\u00f9 habiter et respirer \u2013 o\u00f9 vivre \u2013, \u00e0 la crois\u00e9e de chemins esth\u00e9tiques, \u00e9thiques et politiques. La po\u00e9sie de la maison permet de construire des po\u00e8mes-maisons.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"surlignable\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<div class=\"crayon article-texte-767 texte\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Franck Merger.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><em>Maison. Po\u00e9sies domestiques<\/em> aux \u00e9ditions la Boucherie Litt\u00e9raire est disponible dans toutes les librairies. En rayon ou en commande. Et profitez-en pour feuilleter et acheter les autres livres du catalogue de la Boucherie litt\u00e9raire. <em>Vous reprendrez bien une tranche, non ?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Surprise du jour, bonjour ! Le site\/revue Terre \u00e0 Ciel publie une chronique de mon recueil Maison. Po\u00e9sies domestiques aux \u00e9ditions la Boucherie Litt\u00e9raire. Il s&rsquo;agit du premier article \u00e0 propos de ce recueil depuis sa r\u00e9\u00e9dition revue et augment\u00e9e il y a 6 mois. 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