﻿{"id":2081,"date":"2018-06-18T16:06:51","date_gmt":"2018-06-18T14:06:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ecampo.fr\/?p=2081"},"modified":"2018-06-18T16:10:06","modified_gmt":"2018-06-18T14:10:06","slug":"maison-poesies-domestiques-sur-la-cause-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ecampo.fr\/?p=2081","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Maison. Po\u00e9sies domestiques\u00a0\u00bb sur la Cause Litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<p><strong>La Cause litt\u00e9raire<\/strong> publie sa deuxi\u00e8me note de lecture \u00e0 propos de mon recueil <em>Maison. Po\u00e9sies domestiques<\/em> (\u00e9ditions la Boucherie Litt\u00e9raire). Un grand merci \u00e0 <strong>Sanda Vo\u00efca<\/strong> (animatrice de la revue <a href=\"https:\/\/sites.google.com\/site\/revuepaysagesecrits\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Paysages \u00e9crits<\/a> et auteure de <em>Trajectoire d\u00e9rout\u00e9e<\/em>, r\u00e9cemment publi\u00e9 chez <a href=\"https:\/\/www.editions-lanskine.fr\/livre\/trajectoire-deroutee\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lanskine<\/a>) pour son regard et son long article fouill\u00e9 et argument\u00e9. Enfin, merci \u00e0 l&rsquo;\u00e9diteur Antoine Gallardo pour l&rsquo;envoi du livre.<\/p>\n<p>Article \u00e0 lire<a href=\"http:\/\/www.lacauselitteraire.fr\/maison-poesies-domestiques-emanuel-campo\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> sur le site de <\/a><a href=\"http:\/\/www.lacauselitteraire.fr\/maison-poesies-domestiques-emanuel-campo\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la Cause litt\u00e9raire<\/a>, ou ci-dessous.<\/p>\n<div class=\"element element-textarea first\">\n<div>\n<p style=\"padding-left: 90px;\"><img decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-848 alignleft lazyload\" data-src=\"https:\/\/ecampo.phpnet.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Capture_maison-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 150px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 150\/150;\" \/>\u00ab\u00a0Po\u00e9sies domestiques. Oui \u2013 qui tournent autour de la maison. Dompt\u00e9es\u00a0? Nous les avons per\u00e7ues surtout comme des po\u00e9sies\u2026 sauvages. Pas du tout sages et douces\u00a0: pr\u00eates \u00e0 nous sauter au visage, au cou. S\u2019attaquer \u00e0 nous doucement, malgr\u00e9 tout, pour nous faire voir, penser, rire. Nous \u00e9moustiller.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"element element-textarea last\" style=\"padding-left: 30px;\">\n<div style=\"padding-left: 30px;\">\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le premier po\u00e8me,\u00a0<em>Autopsie<\/em>, est un Autoportrait en enfant lambda\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] Il n\u2019y a rien voyez-vous \/ aucun engagement ni cause d\u00e9fendue \/ ni proposition \/ ni m\u00eame id\u00e9e du si\u00e8cle \/ rien d\u2019extraordinaire \/ de fantastique \/ d\u2019excessif \/ d\u2019agressif ou de gentil \/ de mafieux ou de c\u00e2lin \/ rien non plus d\u2019absent \/ aucune b\u00eatise \/ ni carence \/ insensibilit\u00e9 ou handicap. [\u2026] \/\/ Votre fils est moyen voil\u00e0 tout\u00a0\u00bb (p.9). Mais \u00ab\u00a0moyen\u00a0\u00bb ne veut pas dire \u00ab\u00a0m\u00e9diocre\u00a0\u00bb. Le recueil trace m\u00eame une trajectoire d\u2019exception. Cette trajectoire est balis\u00e9e par des souvenirs marquants, comme la d\u00e9couverte, sid\u00e9rante souvent, du sens de certains mots ou expressions\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Quand j\u2019\u00e9tais petit<\/strong>, \/ je croyais que la Bande de Gaza \/ c\u2019\u00e9tait un groupe de rock\u00a0\u00bb (p.10). Balis\u00e9e par le souvenir de la douleur et du courage et de la force, depuis l\u2019enfance\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] un jour je nage jusqu\u2019\u00e0 la bou\u00e9e \/ puis me fais piquer par une m\u00e9duse \/ je crie, c\u2019est d\u00e9sagr\u00e9able, mais \/ je me d\u00e9brouille \/ seul \/ pour revenir jusqu\u2019\u00e0 la plage\u00a0\u00bb (p.13). Cet exploit, qui est \u00e0 la fois un souvenir, semble \u00eatre ce genre de premier souvenir qui fonde ou d\u00e9termine une vie. Le po\u00e8te restera toujours celui qui d\u00e9passera seul les douleurs de la vie\u00a0: un d\u00e9brouillard de haut niveau\u00a0! Et ses plus grands exploits seront ses po\u00e8mes. La r\u00e9ussite m\u00eame, quand celle-ci n\u2019est, en fin de compte, qu\u2019\u00eatre soi, donc po\u00e8te\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Ado<\/strong>, \/ le miroir de la salle de bain \/ nous pr\u00e9disait la r\u00e9ussite \/ alors que dans celui du soir \/ nous nous consolions de n\u2019\u00eatre \/ que nous-m\u00eame\u00a0\u00bb (p.14).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Par le biais d\u2019un langage brut, direct, proche de la prose et de l\u2019oralit\u00e9, mais restant tr\u00e8s coupant, Emanuel Campo laisse filtrer, comme dans le po\u00e8me\u00a0<em>Croissance<\/em>, un \u00eatre l\u00e9g\u00e8rement amer, voire blas\u00e9. L\u2019enfant \u00ab\u00a0moyen\u00a0\u00bb continue de cro\u00eetre et d\u2019apprendre qu\u2019il ne sait rien et que le monde n\u2019est pas toujours beau\u00a0: \u00ab\u00a0Ma croissance se porte bien \/ j\u2019apprends tous les jours que j\u2019ignore \/ et mon existence n\u2019a aucune \/ incidence sur la rotation \/ de la plan\u00e8te\u00a0\u00bb (p.15).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019\u00e9tat du monde, encore une fois, n\u2019est pas dr\u00f4le \u00e0 constater et \u00e0 \u00e9voquer, alors la d\u00e9rision, l\u2019humour compensent et sauvent les jours de cong\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Un jour je me baigne \/ dans l\u2019eau de mes cong\u00e9s \/ le mur \/ de la fronti\u00e8re \/ un jour je d\u00e9passe de loin la bou\u00e9e \/ et heurte de la t\u00eate un corps sans vie qui flotte \/\/ Port\u00e9 par les vagues, caress\u00e9 par les lambeaux, je reste calme. \/ Nous sommes deux \u00e0 faire la planche. \/ Lui sur le ventre. Moi sur le dos. \/ Au roi du silence, je gagne assez facilement\u00a0\u00bb (p.17).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Blas\u00e9, d\u00e9sabus\u00e9, le po\u00e8te est en fin de compte un animal domestique. Mais aucune domestication (aucun domptage) n\u2019est compl\u00e8te, d\u00e9finitive, il y a toujours un reste de sauvagerie pour d\u00e9vier\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Me dis que <\/strong>\/\/ l\u2019ordre \/ \u2013 les chiffres bien rang\u00e9s \/ l\u2019alphabet tout \u00e7a \u2013 \/ a bien des limites \/\/ puisque certaines\/personnes arrivent\/tout de m\u00eame \u00e0\/se perdre dans les trains. \/\/ Comme quoi \/ tout a beau \u00eatre \/ trac\u00e9 \/\/ on d\u00e9vie\u00a0\u00bb (p.16).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Et le comble de la d\u00e9viance est la po\u00e9sie\u00a0!<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">La plupart des po\u00e8mes d\u2019Emanuel Campo partent et ensuite renversent, transvasent, transportent les alluvions d\u2019un fleuve (le flux de sa propre vie) et les transforment, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e\u00a0dans la mer (l\u2019oc\u00e9an), en mots solides, ceux de sa po\u00e9sie. Ces alluvions sont form\u00e9es souvent de ses \u00e9tats d\u2019\u00e2me, des observations sur l\u2019\u00e9tat du jour et, nous le disions plus haut, de l\u2019\u00e9tat du monde. Pas de plaintes, mais le fond de ces \u00e9tats, de ses questionnements, qui passent de frivoles \u00e0 existentiels, pousse \u00e0 r\u00e9sister. Le po\u00e8te tient bon, il doit \u00ab\u00a0tenir\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] Dr\u00f4le d\u2019espace-temps. \/ Quand les potes demandent comment \u00e7a va \/ la bouche r\u00e9pond par une vanne \/\/ des portent raclent p\u00e9niblement dans la t\u00eate. \/\/ R\u00eaverie d\u00e9capit\u00e9e \/ par les sir\u00e8nes du premier mercredi du mois \/ tenir \/ dans la circulation des mots qu\u2019on \u00e9tale \/ sur les tartines des matins rapides\u00a0\u00bb (p.18). Sauv\u00e9 par les mots, donc. Encore un\u00a0!<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Apr\u00e8s la lecture du livre nous sommes revenus sur ces quelques vers, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s auparavant, car ils nous ont paru comme le\u00a0<em>modus operandi<\/em>, m\u00eame le<em>modus scribendi<\/em>(la fa\u00e7on de faire, d\u2019\u00e9crire) d\u2019Emanuel Campo. Notamment cette capacit\u00e9 d\u2019arriver \u00e0 se retrouver dans ce \u00ab\u00a0dr\u00f4le d\u2019espace-temps\u00a0\u00bb, o\u00f9 le po\u00e8te a la tendance d\u2019utiliser les vannes. Et surtout la capacit\u00e9 de \u00ab\u00a0tenir\u00a0\u00bb, \u00e0 travers l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Cette \u00ab\u00a0m\u00e9thode\u00a0\u00bb annonc\u00e9e donne ses fruits, quand le po\u00e8te arrive \u00e0 \u00e9crire un po\u00e8me comme\u00a0<em>Il y a<\/em>, qui, au-del\u00e0 de sa beaut\u00e9 intrins\u00e8que, et de la lecture au premier degr\u00e9 (lecture litt\u00e9rale), peut \u00eatre lu \u2013 ce qui nous est arriv\u00e9 \u2013 comme une immense m\u00e9taphore de l\u2019acte de l\u2019\u00e9criture (lecture all\u00e9gorique)\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Il y a <\/strong>\/ per\u00e7ant la fen\u00eatre \/ un rayon de soleil \/ voire deux trois \/\/ une masse lumineuse \/ se pose sur le bureau \/ s\u2019ancre sur le bureau \/ s\u2019ancre et dessine \/ \u00e0 la surface \/ un lotissement dont \/ on ne sait quel cadastre. \/\/ Il y a sans doute une parcelle \u00e0 louer \/ une friche \u00e0 retourner \/ une part d\u2019ombre \u00e0 trouver \/ si la main \/ joue \u00e0 l\u2019\u00e9clipse. \/\/ Mais c\u2019est l\u2019avant-bras qui \/ comme une \u00e9cume \/ s\u2019\u00e9choue en roulant \/ vers ce qui deviendra un appui \/ une rive un livre \/\/ Dans la chaude pi\u00e8ce du bureau \/ entre \/ une fragile \u00e9paisseur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Po\u00e8me qui invite \u00e0 \u00eatre d\u00e9cortiqu\u00e9 plus que nous le faisons ici et dont nous retenons la \u00ab\u00a0fragile \u00e9paisseur\u00a0\u00bb comme la caract\u00e9ristique principale des po\u00e8mes d\u2019Emanuel Campo \u2013 ou du moins de ceux de ce recueil.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Et sans oublier \u2013 sujet \u00e0 d\u00e9velopper \u00e0 une autre occasion \u2013 l\u2019importance de la main dans la po\u00e9sie d\u2019Emanuel Campo.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Si dans la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb vie le po\u00e8te peut \u00eatre un ch\u00f4meur \u00e9ternel, il travaille quand m\u00eame \u00e0 plein temps \u00e0 regarder (par la fen\u00eatre) et \u00e0 \u00e9couter\u00a0: le monde et soi-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">R\u00e9sistance, toujours et besoin de rester \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] Plus bas la ville me cherche un emploi \/\/ les \u00e9couteurs sur les oreilles \/ bient\u00f4t je le refuserai \/\/ ils ne m\u2019auront pas\u00a0\u00bb (p.21).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Et si notre po\u00e8te accepte un travail, il est toujours en rapport avec l\u2019\u00e9criture, comme les ateliers d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Persistance de la vie comme elle va \u2013 notre demeure. La maison ne peut \u00eatre qu\u2019un po\u00e8me, voire une revue de po\u00e9sie. La vie et la po\u00e9sie sont inextricables\u00a0: \u00ab\u00a0Je compte lancer une revue \/ avec dedans avec dedans \/ un po\u00e8me de po\u00e9sie \/ et de la vie et de la vie\u00a0\u00bb (p.25).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Po\u00e9sie et vie. Po\u00e9sie et amour. Po\u00e9sie et couple. Po\u00e9sie et vie conjugale. Po\u00e9sie et\u2026 r\u00e9ussite. Celle de l\u2019\u00e9criture m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Je sors d\u2019un colloque sur l\u2019\u00e9tat de la po\u00e9sie <\/strong>dans notre r\u00e9gion. Lors de la table-ronde Comment construire un projet avec un po\u00e8te\u00a0? je pensais sans cesse \u00e0 ma meuf. Notre projet de vie commune tient plut\u00f4t bien la route. J\u2019aurais d\u00fb lui demander une contribution \u00e9crite. Elle aurait s\u00fbrement \u00e9clair\u00e9 l\u2019assembl\u00e9e\u00a0\u00bb (p.47).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019ironie dans beaucoup de po\u00e8mes est douce comme la folie douce\u00a0: \u00ab\u00a0Tu me dis que tu aimes bien la po\u00e9sie. \/ en particulier ces courts po\u00e8mes japonais \/ les sudokus\u00a0\u00bb (p.27).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Oui, un vent de folie, mais encore une fois, douce, et dans le bon sens de l\u2019expression, une sorte de d\u00e9r\u00e8glement des sens, traverse les chambres de ce b\u00e2timent, qu\u2019est le po\u00e8me. Surtout quand on a la conscience \u2013 douloureuse, exasp\u00e9rante \u2013 que l\u2019\u00e9criture de la po\u00e9sie ne peut \u00eatre qu\u2019en de\u00e7\u00e0 (en-dessous ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 m\u00eame) de la po\u00e9sie\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Putain <\/strong>\/ des fois souvent \/ \u00e7a sort comme \u00e7a \/ comme un mot de falaise \/ un cri building \/ plus haut que la phrase \/ plus haut que ce qui est dit \/ ailleurs \/ dans une autre partie de l\u2019ou\u00efe\u00a0\u00bb. Et donc o\u00f9 la po\u00e9sie est cet \u00ab\u00a0ailleurs \/ dans une autre partie de l\u2019ou\u00efe\u00a0\u00bb (p.28).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Mais tout d\u2019abord la po\u00e9sie d\u2019Emanuel Campo est une question de r\u00e9volte, de r\u00e9sistance (\u00e0 la domestication) et de choix de son propre langage\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Ce matin<\/strong>, j\u2019en suis \u00e0 un point o\u00f9 voil\u00e0 j\u2019emmerde les syllabes et leurs gants de boxe. Je ne veux plus utiliser les mots dont je n\u2019ai pas choisi la prononciation\u00a0\u00bb (p.29).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le sauvage en nous est de la nature de \u00ab\u00a0l\u2019inachev\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Toujours j\u2019oublie \/ qu\u2019un inachev\u00e9 nous traverse\u00a0\u00bb (p.30).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Malgr\u00e9 les apparences \u2013 humour, (auto)d\u00e9rision, d\u00e9tournements et jeux de mots, langage familier, sujets \u00e0 la port\u00e9e de chacun (vie et sc\u00e8nes de famille, engueulades, grossesse et enfants en tr\u00e8s bas \u00e2ge dont il faut s\u2019occuper, etc.) \u2013 la po\u00e9sie d\u2019Emanuel Campo caresse souvent le lecteur \u00e0 rebrousse-poil, elle veut l\u2019\u00e9nerver, le secouer, le r\u00e9veiller, le rendre lucide, lui attirer l\u2019attention sur le besoin de s\u2019\u00e9vader\u00a0: \u00ab\u00a0Du regard, on s\u2019\u00e9vade par la fen\u00eatre\u00a0\u00bb (p.43). Et surtout lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Il n\u2019y a de famille que s\u2019il y a cr\u00e9ation<\/strong> \u00bb (p.55).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019\u00e9criture est exactement comme l\u2019inqui\u00e9tude d\u2019\u00eatre parent\u00a0: exag\u00e9ration.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Dans le po\u00e8me \u2013 anthologique\u00a0! \u2013\u00a0<em>Ce sont de vrais jumeaux\u00a0?<\/em>, \u00e0 partir d\u2019une expression courante, \u00ab\u00a0des vrais jumeaux\u00a0\u00bb, en prenant les mots dans leur sens propre, Emanuel Campo cr\u00e9e une vraie temp\u00eate dans nos t\u00eates pour \u00ab\u00a0expliquer\u00a0\u00bb le regard interloqu\u00e9 de son interlocuteur \u00e0 sa r\u00e9ponse\u00a0: \u00ab\u00a0Juste un, l\u2019autre est en r\u00e9sine. Mais les deux sont de la m\u00eame m\u00e8re\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 cette divagation qui transit le lecteur\u00a0: \u00ab\u00a0Entre nous\u00a0: \/ une lueur appara\u00eet\u00a0: une source d\u2019\u00e9nergie grandit\u00a0: une chaleur\u00a0: le vent se l\u00e8ve\u00a0: fort, et embarque\u00a0: tout sur son passage\u00a0: la temp\u00eate, oui\u00a0: une temp\u00eate \u00e9clate et le tonnerre\u00a0: fait trembler tous les rayons de la sup\u00e9rette\u00a0: de centaines d\u2019articles volent autour de nous\u00a0: des \u00e9clairs\u00a0: jaillissent-grillent le caissier en un bip\u00a0!\u00a0\u00bb (p.48).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Exag\u00e9rez, exag\u00e9rez, quelque chose va rester\u00a0: la po\u00e9sie\u00a0!<em>\u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Cause litt\u00e9raire publie sa deuxi\u00e8me note de lecture \u00e0 propos de mon recueil Maison. Po\u00e9sies domestiques (\u00e9ditions la Boucherie Litt\u00e9raire). Un grand merci \u00e0 Sanda Vo\u00efca (animatrice de la revue Paysages \u00e9crits et auteure de Trajectoire d\u00e9rout\u00e9e, r\u00e9cemment publi\u00e9 chez Lanskine) pour son regard et son long article fouill\u00e9 et argument\u00e9. Enfin, merci \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[276],"tags":[267,676,331,269,479,674,675],"class_list":["post-2081","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ca-parle-de-moi","tag-editions-la-boucherie-litteraire","tag-editions-lanskine","tag-la-cause-litteraire","tag-maison-poesies-domestiques","tag-maison-poesies-domestiques-reedition-revue-et-augmentee","tag-paysages-ecrits","tag-sanda-voica"],"blocksy_meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2081\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ecampo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}