﻿{"id":4042,"date":"2026-05-07T15:52:59","date_gmt":"2026-05-07T13:52:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ecampo.fr\/?p=4042"},"modified":"2026-05-07T16:14:26","modified_gmt":"2026-05-07T14:14:26","slug":"larchipel-des-maisons-par-xavier-robert-librairie-lesperluette-lyon-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ecampo.fr\/?p=4042","title":{"rendered":"L&rsquo;archipel des maisons par la librairie l&rsquo;Esperluette (Lyon 5)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em><a href=\"https:\/\/librairie-esperluette.fr\/votre-pile-a-lire-esperluette\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article en ligne ici<\/a>.<\/em><\/span><\/p>\n<p class=\"fg-item-title\"><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>L&rsquo;archipel des maisons <\/em>d\u2019Emanuel Campo par Xavier Robert, librairie l&rsquo;Esperluette (Lyon 5)<\/span><\/strong><\/p>\n<div class=\"fg-item-content\">\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00abOn force au quotidien le regard et l\u2019oreille vers la moindre miette d\u2019origine contenue dans l\u2019espace\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce nouveau recueil d\u2019Emanuel Campo se pr\u00e9sente comme un second volet, un prolongement de <em>Maison. Po\u00e9sies domestiques<\/em>, publi\u00e9 en 2015, toujours aupr\u00e8s du m\u00eame \u00e9diteur, La Boucherie Litt\u00e9raire. On retrouve cet m\u00eame motif de la maison mais qui se d\u00e9cline cette fois-ci au pluriel (\u00ab\u00a0certaines maisons restent en bouche\u00a0\u00bb) le tout bien ench\u00e2ss\u00e9 dans la continuit\u00e9 du temps (\u00ab\u00a0Il faut le temps. Devant on a tout \u00e0 faire, derri\u00e8re on n\u2019a pas assez fait. On se tient debout, au milieu, une pelle \u00e0 la main\u00a0\u00bb).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Si les fondations sont l\u00e0, c\u2019est comme s\u2019il fallait ici retravailler les contours, \u00ab r\u00e9agencer le bazar r\u00e9guli\u00e8rement \u00bb, retravailler la granularit\u00e9 des murs-porteurs, travailler les finitions, actualiser son ancrage et son voisinage, repenser les rapports entre l\u2019hic et nunc et le avant-l\u00e0-bas, envisager \u00ab la question-poutre des futurs maisons \u00bb. Onze ans s\u00e9parent les deux recueils, et cela constitue peut-\u00eatre l\u2019espace-temps d\u2019une nostalgie plus assum\u00e9e (\u00ab c\u2019est le dernier jour des arbres nous escortent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019a\u00e9roport \u00bb ; \u00ab contempler ce qui d\u00e9file \u00bb), ce petit je-ne-sais-quoi qui\u00a0 \u00ab laisse entrevoir le pays d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient \u00bb (la po\u00e9sie d\u2019Emanuel Campo travaille cette douce intranquillit\u00e9), celle des premi\u00e8res ann\u00e9es pass\u00e9es en Su\u00e8de, le fil t\u00e9nu qui relie l\u2019auteur \u00e0 la langue su\u00e9doise, \u00e0 sa famille \u00e9loign\u00e9e, \u00e0 sa prime-enfance, \u00e0 la maison-origine. Comme une \u00ab mont\u00e9e des eaux-m\u00e9moire \u00bb. Ainsi la maison ne serait plus ce lieu unique mais un archipel de lieux, de temps, de voix. Tout \u00e0 la fois maison qu\u2019on quitte, qu\u2019on retrouve, celle o\u00f9 l\u2019on vit, travaille, celle o\u00f9 l\u2019on r\u00eave, celle qui peut se transmettre. Une maison prise dans un monde qui la d\u00e9passe. A l\u2019aulne de ses \u00ab br\u00e8ches adultes \u00bb, l\u2019auteur sonde ses souvenirs qui remontent sous la forme de poup\u00e9es gigognes. Advient ainsi une image plus \u00e9clat\u00e9e car plus expos\u00e9e \u00e0 la fragmentation m\u00e9morielle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La po\u00e9sie d\u2019Emanuel Campo est aussi une po\u00e9sie visuelle qui s\u2019amuse avec la mise en forme du texte, jeu typographique autour du mot maison, fragmentation du mot. La page, les espacements, et plus loin dans le recueil, les encadr\u00e9s sont utilis\u00e9s comme des espaces de composition et spatialisation de l\u2019\u00e9criture. Le R et le U comme lettres toboggans. Une langue qui se d\u00e9double quand \u00e7a insiste, \u00ab\u00a0anc\u00eatre-anc\u00eatre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0fant\u00f4me-fant\u00f4me\u00a0\u00bb. Cette mise en forme si importante \u00ab(\u00ab\u00a0les tournures ont des incidences\u00a0\u00bb) et l\u2019\u00e9criture, parfois enzymatique, qui joue les contractions,<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00ab\u00a0les gens allument des lumi\u00e8res aux fen\u00eatres<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">les gens s\u2019allument aux fen\u00eatres<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">les gens des fen\u00eatres<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">les gens fen\u00eatres<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">le g fn\u00eatre<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">fn\u00eatre<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">n\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">On d\u00e9ambule avec lui, dans les rues de G\u00f6teborg, \u00ab\u00a0dans les ruelles les plus lointaines de [ses] souvenirs d\u2019enfance\u00a0\u00bb, dans les chor\u00e9graphies du petit matin pour aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole avant qu\u2019elle ne soit ferm\u00e9e (\u00ab\u00a0le pays-paysage. Le pays de la premi\u00e8re \u00e9cole\u00a0\u00bb), un peu comme on avait pu le faire \u00e0 Stockholm avec Daniel Gustafsson en qu\u00eate d\u2019une paire de gants dans <em>P\u00e8re \u00e9perdu<\/em> (\u00e9ditions Rivages). Le lecteur-auditeur est invit\u00e9 \u00e0 tendre l\u2019oreille sur la paroi des \u00ab\u00a0tunnels de son enfance\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0je m\u2019oblige \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 je creuse\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">L\u2019archipel des maisons peut se lire et\/ou s\u2019\u00e9couter (on ne dira jamais assez combien Emanuel Campo est un performer de talent \u2013 \u00ab\u00a0lire sur sc\u00e8ne, lire sur sc\u00e8ne, lire sur sc\u00e8ne\u00a0\u00bb comme un mantra \u2013\u00a0 et l\u2019on ne saurait que vous inviter \u00e0 venir l\u2019\u00e9couter le 21 mars pour le Printemps des Po\u00e8tes au Cercle Saint-Ir\u00e9n\u00e9e) comme une tentative de rassembler des \u00ab\u00a0bouts de l\u2019enfance\u00a0\u00bb \u00e9parpill\u00e9s, comme faire communiquer des pi\u00e8ces de maison qui ne communiqueraient plus entre elles. Cet archipel de souvenirs, ce \u00ab\u00a0quelque chose [qui] se d\u00e9ploie\u00a0\u00bb de page en page est peut-\u00eatre une mani\u00e8re franco-su\u00e9doise tout singuli\u00e8re de d\u00e9finir les endroits (l\u00e0 l\u00e0 l\u00e0 l\u00e0 et l\u00e0) o\u00f9 proc\u00e8dent les tressaillements de l\u2019\u00e2me.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00abIl y a dans nos ailleurs des bouts de nos ici\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<h3><\/h3>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article en ligne ici. L&rsquo;archipel des maisons d\u2019Emanuel Campo par Xavier Robert, librairie l&rsquo;Esperluette (Lyon 5) \u00abOn force au quotidien le regard et l\u2019oreille vers la moindre miette d\u2019origine contenue dans l\u2019espace\u00a0\u00bb Ce nouveau recueil d\u2019Emanuel Campo se pr\u00e9sente comme un second volet, un prolongement de Maison. 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