« La dernière fête » les mémoires de Gil Scott-Heron

Couverture. Source : site des éditions de l’Olivier

« Comme j’ai passé toute ma vie aux États-Unis, j’ai trop souvent vu des événements délibérément déformés, trop de moments de notre histoire et de notre vie présentés de façon tendancieuse pour avoir la force de les rectifier ou de les battre en brèche. Tout ce que je peux dire, c’est que si la vérité compte à nos yeux, comprenons que tout ce qui a de la valeur se mérite, doit être creusé, pensé, amené au terme d’un effort digne du bénéfice immense que cela apporte à notre vie.

Le prix à payer sera élevé. Le temps et la sueur investis dans cette quête nous coûteront en heures et en jours au détriment d’autres activités. Nous coûteront en relations qu’il faudra entretenir avec des personnes qui ne supporteront pas d’être négligées. Pour cela aussi, il faudra sacrifier tout le reste. La passion avec laquelle on s’engage dans quelque chose d’intangible nous privera du soutien même dont nous aurions tant besoin.

Ce qu’il nous faut, c’est un soutien qui dépasse la compréhension. Il y a des turbulences à chaque étape avec ceux qu’on essaie d’atteindre, ceux qui nous évitent parce qu’on ne cherche pas à se faire comprendre. Notre seul espoir de faire perdurer la solidarité au delà de la compréhension, c’est la confiance. Tout ceux qui déclarent nous aimer savent qu’ils ne peuvent comprendre tout ce dont nous avons besoin, c’est là que la confiance est nécessaire pour nous mener au bout du chemin. La vérité pour laquelle on veut écrire, chanter, qu’on veut faire sentir aux autres, on ne la poursuit pas parce qu’on l’a vue, mais parce que les Esprits nous ont dit qu’elle était là. »

Extrait de La dernière fête, mémoires de Gil Scott-Heron, traduit de l’anglais par Stéphane Roques, éditions de l’Olivier, 2014. Le site de l’éditeur français.

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