Mon pote me dit

Mon pote me dit
« C’est trop court. T’as pourtant une vue sur le Rhône. »

C’est que les fleuves ne m’inspirent pas.
Peut-être une fois l’A7 qui passe tout près.
Si l’on considère que c’est sale pareil et qu’ça remue.
J’habite à hauteur des cimes
des arbres bordant les quais.
Pas même leurs feuilles mortes ou leurs bourgeons me font de l’effet.
Ya même des oiseaux.
Ils passent en l’air en battant des ailes
comme s’ils volaient.
Et des nuages.
Ya plein de nuages.
Et de la brume certains matins.
Et c’est joli tout plein mais
j’ai pas la libido paysagiste.
Internet m’avertit constamment que je participe à des choses.
Et la petite métropole que j’habite
se rêvant carte postale
réhabilite le quartier d’en face
à grands coups de nuits sonores et de marteau-piqueur.
Le sol se lève et le ciment pousse
comme dans une contrepèterie.
Tout gronde.
Tout est en travaux.
Tout
coule et s’entrechoque au réveil et dans le jour.
Le Grand Rhône n’est qu’une flaque.
Alors je passe la main sur mes yeux
retrouve mon visage
retourne à mon travail
qui sans effort
s’abat sur moi.

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