France Inter, avril 2026

captation de lecture + interview. Page du reportage ici.

France Inter est venue faire un reportage sur la Villa Valmont à Lormont près de Bordeaux, le soir de ma sortie de résidence avec la Maison de la poésie de Bordeaux. Merci au journaliste Alexis Demeyer.

« Tendresse ». Un poème d’Emanuel Campo, LA REVUE DU FEU, mai 2026.

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« Tendresse ». Un poème dEmanuel Campo présenté par Fabien Thévenot, éditeur et auteur.

C’est toujours dur d’élucider le pourquoi on aime un poète. On peut toujours se retrancher sur des histoires de style, de champ lexical, de personnalité. Tous ces éléments pèsent, bien sûr. Mais au final c’est souvent l’impression générale que vous laissent des poèmes ou un recueil qui l’emporte.

Je n’ai jamais eu tellement envie de résoudre cette question par l’analyse formelle. Souvent forcé de la chevaucher en tant qu’éditeur, je préfère, en lecteur, approcher un recueil comme on savoure une infusion : la composition du sachet m’intéresse moins que la profusion de goûts qu’il dépose sur mon palais.

Tout ça pour vous dire que j’essaie fermement d’ignorer pourquoi je n’ai jamais raté un seul recueil d’Emanuel Campo, depuis la sortie de Maison. Poésies domestiques paru à la Boucherie Littéraire il y a maintenant dix ans.

Le tout dernier s’appelle L’archipel des maisons et boucle la boucle. Toujours chez le même éditeur [un indice quand même : je ne suis pas insensible à la fidélité].

L’archipel des maisons par la librairie l’Esperluette (Lyon 5)

Article en ligne ici.

L’archipel des maisons d’Emanuel Campo par Xavier Robert, librairie l’Esperluette (Lyon 5)

«On force au quotidien le regard et l’oreille vers la moindre miette d’origine contenue dans l’espace »

Ce nouveau recueil d’Emanuel Campo se présente comme un second volet, un prolongement de Maison. Poésies domestiques, publié en 2015, toujours auprès du même éditeur, La Boucherie Littéraire. On retrouve cet même motif de la maison mais qui se décline cette fois-ci au pluriel (« certaines maisons restent en bouche ») le tout bien enchâssé dans la continuité du temps (« Il faut le temps. Devant on a tout à faire, derrière on n’a pas assez fait. On se tient debout, au milieu, une pelle à la main »).

Si les fondations sont là, c’est comme s’il fallait ici retravailler les contours, « réagencer le bazar régulièrement », retravailler la granularité des murs-porteurs, travailler les finitions, actualiser son ancrage et son voisinage, repenser les rapports entre l’hic et nunc et le avant-là-bas, envisager « la question-poutre des futurs maisons ». Onze ans séparent les deux recueils, et cela constitue peut-être l’espace-temps d’une nostalgie plus assumée (« c’est le dernier jour des arbres nous escortent jusqu’à l’aéroport » ; « contempler ce qui défile »), ce petit je-ne-sais-quoi qui  « laisse entrevoir le pays d’où l’on vient » (la poésie d’Emanuel Campo travaille cette douce intranquillité), celle des premières années passées en Suède, le fil ténu qui relie l’auteur à la langue suédoise, à sa famille éloignée, à sa prime-enfance, à la maison-origine. Comme une « montée des eaux-mémoire ». Ainsi la maison ne serait plus ce lieu unique mais un archipel de lieux, de temps, de voix. Tout à la fois maison qu’on quitte, qu’on retrouve, celle où l’on vit, travaille, celle où l’on rêve, celle qui peut se transmettre. Une maison prise dans un monde qui la dépasse. A l’aulne de ses « brèches adultes », l’auteur sonde ses souvenirs qui remontent sous la forme de poupées gigognes. Advient ainsi une image plus éclatée car plus exposée à la fragmentation mémorielle.

La poésie d’Emanuel Campo est aussi une poésie visuelle qui s’amuse avec la mise en forme du texte, jeu typographique autour du mot maison, fragmentation du mot. La page, les espacements, et plus loin dans le recueil, les encadrés sont utilisés comme des espaces de composition et spatialisation de l’écriture. Le R et le U comme lettres toboggans. Une langue qui se dédouble quand ça insiste, « ancêtre-ancêtre », « fantôme-fantôme ». Cette mise en forme si importante «(« les tournures ont des incidences ») et l’écriture, parfois enzymatique, qui joue les contractions,

« les gens allument des lumières aux fenêtres

les gens s’allument aux fenêtres

les gens des fenêtres

les gens fenêtres

le g fnêtre

fnêtre

n’être »

On déambule avec lui, dans les rues de Göteborg, « dans les ruelles les plus lointaines de [ses] souvenirs d’enfance », dans les chorégraphies du petit matin pour aller à l’école avant qu’elle ne soit fermée (« le pays-paysage. Le pays de la première école »), un peu comme on avait pu le faire à Stockholm avec Daniel Gustafsson en quête d’une paire de gants dans Père éperdu (éditions Rivages). Le lecteur-auditeur est invité à tendre l’oreille sur la paroi des « tunnels de son enfance » : « je m’oblige à l’endroit où je creuse ».

L’archipel des maisons peut se lire et/ou s’écouter (on ne dira jamais assez combien Emanuel Campo est un performer de talent – « lire sur scène, lire sur scène, lire sur scène » comme un mantra –  et l’on ne saurait que vous inviter à venir l’écouter le 21 mars pour le Printemps des Poètes au Cercle Saint-Irénée) comme une tentative de rassembler des « bouts de l’enfance » éparpillés, comme faire communiquer des pièces de maison qui ne communiqueraient plus entre elles. Cet archipel de souvenirs, ce « quelque chose [qui] se déploie » de page en page est peut-être une manière franco-suédoise tout singulière de définir les endroits (là là là là et là) où procèdent les tressaillements de l’âme.

«Il y a dans nos ailleurs des bouts de nos ici »

LA LIBRAIRIE LA VOIX AUX CHAPITRES, mars 2026.

LA LIBRAIRIE LA VOIX AUX CHAPITRES, par Sylvain Fourel, libraire, mars 2026. Article en ligne ici.

L’archipel des maisons n’est en rien une suite à son premier recueil, mais on retrouve tout ce qu’Emanuel sait dire le mieux. Notre destin d’humain au quotidien. Le temps qui passe et la vie qui avance, les êtres que l’on perd, ceux qu’on rencontre ou que l’on crée. Les lieux que l’on côtoie où qu’on abandonne avec un appétit de nouveaux horizons, d’explorations ou d’idéal. Il distord les mots et le monde si bien qu’on en saisit un sens inédit, sens de l’humour ou sens de la vie. L’archipel des maisons est un petit livre qu’il faut savoir glisser dans son sac, pour avoir toutes ses maisons sur soi et partir bivouaquer ailleurs en emportant un morceau de soleil qui vous colle le sourire aux lèvres.

Site web du Ministère de la culture : « les poètes au plus près du spectacle vivant »

Mars 2025

https://www.culture.gouv.fr/fr/actualites/printemps-des-poetes-2-2-les-poetes-au-plus-pres-du-spectacle-vivant

Un art d’accueil en pleine maturité esthétique

Emanuel Campo a commencé à faire connaître ses poèmes dans les revues étudiantes à Dijon, où il organisait des scènes ouvertes dans les bars et sur le campus. Nourri de lectures poétiques silencieuses, il se passionne toutefois pour la déclamation et en explore les formes récentes. « Voilà plus de dix ans que je crée du spectacle vivant à partir de la matière poétique. Aujourd’hui, ces lectures musicales, portées par les auteurs en personne, représentent une forme artistique à part entière, qui relève de choix esthétiques précis. C’est un domaine de la création artistique qui ne cesse d’évoluer et de s’enrichir, pratiqué par de plus en plus de poètes. Il lui faudrait une place mieux identifiée, et un plus grand soutien public. »

L’art poétique contemporain, pour Emanuel Campo, est à un moment de son histoire où ces formes esthétiques, nouvelles et traditionnelles, qui travaillent souterrainement depuis des années, doivent de plus en plus construire la réceptivité et la sensibilité de leur public. Une démarche culturelle qui se pense en amont de la création, par des organisateurs capables d’inscrire la création dans des lieux, des programmations, et des événements comme le Printemps des Poètes. Lui-même met sa seconde passion, la médiation culturelle, au service de son art, en se joignant à des projets participatifs artistiques.

« L’écriture poétique est à elle seule un accueil. Pour organiser un événement de poésie, il convient de ne pas l’oublier. En ce sens, avec les années je m’aperçois de plus en plus que la poésie est intrinsèquement « tout public » : tout le monde peut s’en emparer. »

Maison. Poésies domestiques sur exopoesie

🏠 Mon livre Maison prend de l’âge (8 ans) et il existe encore des lectrices et lecteurs qui le découvrent aujourd’hui et l’emportent dans la leur. Merci à Lancelot Roumier pour ces mots sur son blog ➡️ exopoesie.blogspot.com
« Recueil paru en 2016 aux éditions la Boucherie littéraire. C’est donc avec pas mal d’années de retard que je découvre ce texte qui a eu cependant sa quatrième édition, revue et augmentée, en 2019. Je fais le choix d’en parler pour ceux qui, comme moi, seraient passés à côté. Parce que ce texte est toujours aussi juste, parce qu’il résonne toujours autant. On trouve dans Maison, une paternité qui se crée, une maison qui se construit à l’aide de mots retrouvés, parfois proche des mots de l’enfance, une poésie qui se joue du monde. […]
La poésie est ici narrative. Une prose qui alterne et entremêle souvenirs et temps présent raconte le quotidien d’un jeune père, un jeune père poète. Parfois empreinte d’un cynisme mordant, ou d’un rire jaune mais doux, la poésie d’Emmanuel Campo dit la vie de famille, la relation à l’enfant, le « tu » de la relation intime. Une poésie qui nous livre le désenchantement avec beaucoup de tendresse. […]
La poésie de Maison, poésies domestiques dérange l’ordre établi ou ce qui, communément admis, ne devrait pas l’être. Une poésie qui dérange l’ordre de la langue comme celui des temps modernes pour réenchanter le quotidien à bâtir. »
Catalogue des Éditions la Boucherie littéraire

Interview Radio Micheline (Montélimar)

C’était le vendredi 14 octobre 2022.
45 minutes de conversation sur les ondes de Radio Micheline dans le cadre de mon invitation aux Cafés Littéraires de Montélimar. On parle de Ligne de Défense (éd. La Boucherie littéraire), écriture, parcours, musique… Musique diffusée : « Flashmob » et « Vivant » de PapierBruit.

https://soundcloud.com/radiom-montelimar-nyons/carte-blanche-cafe-litteraires-emanuel-campo?in=radiom-montelimar-nyons/sets/les-cafes-litteraires-2022&si=c31431a0c612453bbbd8abf08ba5d391&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

Chronique Ligne de Défense

Florent Toniello partage sur le site accrocstich.es son regard sur mon recueil LIGNE DE DÉFENSE paru aux Éditions la Boucherie littéraire. Merci à lui pour cet article >>> Lire.

Dix-huit poèmes, la plupart courts : Emanuel Campo préfère la concision pour livrer ce petit précis d’autodéfense intellectuelle, cet appel à la résistance par la poésie. « On entre dans la vie sans même connaître le videur », écrit-il, avant de conclure dans le texte éponyme du recueil : « Un doigt d’honneur pour seule ligne de défense. » Se défendre de quoi ? De l’absurdité administrative qui délivre des papiers inutiles sans donner la priorité au guichet aux femmes enceintes, des « paroles mortes » des journaux télévisés, des statistiques omniprésentes selon lesquelles le poète a « plus de chance / de [se] faire tuer par un proche / de battre [sa] copine à mort / de mourir heurté par une noix de coco ayant chu / que de [se] faire exécuter dans une vidéo relayée par les médias ». Campo fait partie de ce courant de la poésie qui propose une critique frontale de la société, dans une langue fortement oralisée qui appelle à la performance. Il mêle l’invective au romantisme, caresse le registre familier pour en extraire l’efficacité. Car il sait « qu’un jour / tout le poids des fermetures agglutinées en soi / fait qu’ça pète ». Pourtant, il est nécessaire de « ne pas céder, ne pas céder, ne pas céder ». Il fait donc son maximum pour « viser juste, sans la loupe de l’émotion », à coups de strophes qu’il décoche avec parcimonie, après le temps de la réflexion. La parole qu’il porte n’en pèse que plus. Tandis que « le prix de la baguette / continue son ascension de la tour Eiffel », il versifie pour témoigner. Certes, dans le milieu de la poésie (entre autres), poètes, lecteurs et lectrices confondues, « on est entre nous », rappelle-t-il. Et alors ? Il faudra bien qu’un jour ça change ; Campo y œuvre aussi en s’impliquant dans le spectacle vivant (quatre textes sont tirés d’un spectacle qu’il a joué avec Paul Wamo). On pourrait dire que la meilleure ligne de défense, c’est l’attaque poétique. Pour faire moins guerrier : le foisonnement poétique saura un jour passionner les foules. De petits livres comme celui-ci, faciles à transporter, à offrir, auront un rôle à jouer.

Ligne de Défense est actuellement dans la sélection 2022 du Prix René Leynaud. En savoir plus.

une critique de « FAUT BIEN MANGER »

Critique de « FAUT BIEN MANGER »
paru en 2019 aux Éditions la Boucherie littéraire

 

Merci à l’auteur, anonyme, qui a écrit cette note. Son blog est une mine consacrée à ses lectures et au cinéma.
Il écrit :
« Emanuel Campo (avec un seul m, s’il vous plaît) fait partie de ces auteurs qui œuvrent dans l’ombre, publient leurs textes minimalistes chez des petites maisons (dont cette vénérable Boucherie littéraire) sans bruit et sans esbroufe, mais dont les textes restent durablement en tête. Faut bien manger rassemble des poèmes un peu déprimés, un peu rock’n roll, un peu drôles, un peu tristes, et il ne jongle pas avec la langue française ou de rivalise pas d’érudition. Aucune chance de le voir dans un futur Lagarde et Michard sur les trésors de la sémantique française. Mais ces petites pièces, peut-être lointainement héritées après tout d’un Ponge (Carver est cité comme modèle, et c’est vrai qu’il y a la même attention minutieuse aux détails de l’existence), mais d’un Ponge qui aurait goûté aux vicissitudes du monde moderne, déploie une poésie directe qui touche bien là où il faut. Chronique du travail, avec ces réunions d’entreprises infernales ou ces « afterworks » pourris, chronique d’une solitude dans une grande ville moderne, chronique d’un mec qui tente malgré tout d’écrire quelque chose et se trouve d’autant plus exclu du système qu’il fait de la poésie contemporaine, c’est tout ça à la fois, plus la confession d’un homme déclassé, abattu par la trivialité du monde. Une sorte de poésie du quotidien, qui peut prendre aussi bien la forme d’une pensée le temps d’une mixtion (agrémentée peut-être d’onanisme), d’un achat à la boulangerie (le texte le plus marrant), d’un repas à la cantine ou d’une soirée poésie en compagnie de ses collègues auteurs : à chaque fois, ça percute ; le rythme, rapide et scandé, prend peu à peu des allures de slam, de morceau qu’on imaginerait bien mis en musique ; les mots, répétitifs, choisis la plupart du temps dans le registre le plus trivial qui soit, se changent en or. On aime ces pages qui ressemblent à des discours directs pour relever l’étrangeté ou le ridicule d’une situation, comme ce poème, « C’est bon », disposé en trois colonnes pour pointer la répétition idiote des mêmes formules de professionnel, ou ces dialogues sans sens avec un chauffeur de bus, un ami fasciné par le « métier » de poète ou une boulangère effarée. Campo a la politesse du rire, et pour cacher son profond désarroi presque métaphysique par rapport à sa vie et aux choix impossibles qu’il doit faire pour la vivre, il préfère fabriquer de petites pièces drôles et absurdes plutôt que de balancer les grandes orgues. C’est tout à son honneur et ça permet à ce joli recueil de toucher simplement le cœur. »

Interview pour les Imposteurs

Tournai (Be), le 10.04.2022, Festival Poésie Moteur. Photo : Benoit Dochy

Dans le cadre de ma venue au Festival Poésie Moteur #6 à Tournai (Belgique), j’ai répondu à quelques questions de Guillaume Richez pour le site Les Imposteurs. On parle de lecture musicale, de méditation et d’action artistique. L’article >>> ici.

Site de Poésie Moteur www.poesiemoteur.org

Podcast Maison de Rousseau et de la littérature – Rencontre entre Matthieu Corpataux et Emanuel Campo

La Maison de Rousseau et de la littérature à Genève m’a invité à une discussion d’une heure avec le poète suisse romand Matthieu Corpataux, auteur de Sucres aux éditions de l’Aire, 2020. Discussion animée par le poète et journaliste Thierry Raboud. C’était chouette d’être avec des gens brillants. Merci à la Maison de Rousseau et de la littérature.

<< La poésie serait-elle essentiellement destinée à une certaine classe d’individus qui jargonnent ? Certainement pas pour Emanuel Campo et Matthieu Corpataux. Ces deux poètes aux vers libres et à la démarche décomplexée s’emparent du quotidien, saisissent notre époque et nous parlent de nous. Avec eux, on mange des kebabs en faisant nos courses chez Carrefour sans se priver de belles envolées littéraires. La poésie est résolument un art d’aujourd’hui qui nous concerne toutes et tous ! Une rencontre entre deux jeunes auteurs magnifiquement convaincants et investis. Ça débouche et ça fait du bien ! >>

Écouter le podcast 👇

+ d’infos sur le site de la Maison de Rousseau et de la littérature
Un événement en collaboration avec le Printemps de la poésie

Traduction en arabe et publication dans la revue palestinienne FUSHA

🌍 POÉSIE TRADUITE ! 🌎

Joie de vous annoncer la publication en ligne par la revue FUSHA, revue culturelle palestinienne, d’une page à propos de mon travail d’écriture réalisée par le poète Anas Alaili. Anas y tient une rubrique consacrée à la poésie francophone. Il s’agit ici d’un article concernant mon parcours, suivi de sa traduction en arabe de 5 de mes poèmes : 2 inédits et 3 extraits de mon recueil Maison. Poésies domestiques paru aux Éditions la Boucherie littéraire. Merci Anas Alaili pour ton invitation et ton investissement dans ces traductions. Anas est l’auteur de deux formidables recueils que j’aime beaucoup : Avec une petite différence, Polder 142, éd. Décharge et Gros Textes, 2009 (dedans, il y a notamment un de mes poèmes favoris « la brosse à dent ») ; ainsi que Étreintes tardives chez l’Harmanttan, 2016. Les deux livres sont traduits en français par Mohammed El Amraoui, un autre super poète.

Lien vers l’article en cliquant sur l’image 👇

 

Photo illustrant l’article : Antoine LnP

أنس، شكراً جزيلاً لك على كتابة هذه المقالة.

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« Maison » recommandé par l’émission 21cm de Canal +

En ce temps de confinement, l’émission littéraire 21cm animée par Augustin Trapenard sur Canal + poste sur les réseaux sociaux des recommandations de lecture. Sur le thème de la vie domestique, 21cm recommande mon recueil Maison. Poésies domestiques. Un grand merci à la rédaction pour le relais. Y a une belle coquille au mot « recueil » mais au moins y a aucune faute à mon prénom orthographié à la scandinave. Mes remerciements vont aussi aux éditions la Boucherie littéraire qui ont publié ce recueil en 2015. 2019 a connu sa 4e édition.

https://www.instagram.com/tv/B_SNUS0oA3w/?utm_source=ig_web_copy_link

Lien de la vidéo sur Facebook.
Les émissions 21cm en replay.

Sur Radio Agora Côte d’Azur

Le 12 avril 2019, j’étais l’invité de l’émission Les Mots d’azur animée par la poétesse et traductrice Béatrice Machet pour Radio Agora Côte d’Azur. Un grand merci à elle pour sa lecture et sa générosité.

Partie 1

2:10 : interview
8:30 : chronique de Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire) par Béatrice Machet
9:43 : lecture d’un extrait de Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait (éd. Gros Textes)
12:30 : suite interview
14:40 : à propos de Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire)

Partie 2

0:50 : « équilibre » extrait audio tiré du spectacle « On est là » (2015) par Paul Wamo et Emanuel Campo
2 : 22 : références, influences…
3:50 : suite interview, à propos du multilinguisme
7:30 : à propos de Maison. Poésies domestiques (éd. la Boucherie littéraire)
9:20 : « le monde » (2013) extrait audio

Écouter en ligne Radio Agora Côte d’Azur

Faut bien manger sur les Découvreurs

Merci à Georges Guillain pour cet article de fond à propos de Faut bien manger (éd. La boucherie littéraire) sur le blog des Découvreurs (une mine!). Article en entier ici.

VIVRE DE SA PASSION ? OUI. MAIS À QUEL PRIX. À PROPOS DE FAUT BIEN MANGER D’EMANUEL CAMPO.

Les ouvrages nous permettant de nous faire une idée de la façon dont, au jour le jour, je veux dire dans sa réalité triviale et quotidienne, est vécu le métier de poète, sont à mon avis trop rares pour ne pas devoir être signalés. Entre idéalisation romantique et caricature pseudo-naturaliste, il n’est pas toujours facile de se représenter l’existence par exemple d’un jeune homme d’aujourd’hui entré dans les arts, comme aurait dit Murger « sans autre moyen d’existence que l’art lui-même » et « sans autre fortune […] que le courage qui est la vertu des jeunes, et que l’espérance qui est le million des pauvres ».

C’est pourquoi le petit livre d’Emanuel Campo, Faut bien manger, publié l’an dernier par La Boucherie littéraire, ne doit pas être négligé. Certes, on ne saurait affirmer sans se montrer un brin complaisant, qu’au strict plan littéraire, l’ouvrage apporte quoi que ce soit à l’histoire de la poésie. Écrit avec une certaine désinvolture, recourant à bien des facilités du moment, peu ambitieux donc sur la forme, le travail d’Emmanuel Campo intéresse par autre chose. Une sorte de sincérité ou d’honnêteté retorses par lesquelles il parvient, nous dévoilant l’envers du décor, à faire de ses propres faiblesses, une force et à nous sensibiliser de cette manière aux principales contradictions que la condition d’artiste qui est la sienne, oblige à affronter.

De fait, Faut bien manger – titre révélateur – ouvre comme une série de petites fenêtre sur ce que signifie, pour un poète, un artiste, le fait de se refuser au travail salarié pour s’assurer le bénéfice d’une vie plus confortable. Alors c’est sûr, faut bien aimer les pâtes ; recourir à l’occasion à quelques petits boulots pas toujours rigolos ; traverser bien des moments de doute et de déprime ; et lorsque c’est un peu trop dur de sentir qu’on déçoit bien des membres de sa famille, se surprendre à imaginer d’autres métiers qui donneraient la possibilité de continuer quand même, avec plus de sécurité, son activité d’artiste. Mais quelque chose apparemment de plus fort, comme une exigence intérieure, un dégoût aussi, comme viscéral de l’embrigadement social et de la soumission aux actuelles normalités, l’emporte. Jusqu’à rendre même difficile la relation avec d’autres artistes que leur désir de réussite aura transformé, en tristes et insupportables « communicants » de leur propre travail.

C’est, me semble-t-il, l’utilité première de la poésie que de maintenir dans l’espace de plus en plus dévitalisé, fabriqué, manipulé dans lequel nous baignons, l’exigence d’une parole non pas « vraie » mais toujours reliée, comme charnellement, viscéralement, à notre humanité profonde. Aussi, face à ces flux inconsistants mais déréalisants de parole qu’on voit par exemple inonder les réseaux, la meute des satisfaits qui se gratulent, se congratulent, font l’important, exhibent des misères comme s’il s’agissait des toutes nouvelles merveilles du monde, face aussi à tous ceux qui, sans trop savoir à quoi le métier oblige, l’envient, avec un sentiment coupable, de « pouvoir vivre de sa passion », le grand mérite d’Emanuel Campo est d’opposer une attitude, un ton, une liberté, une forme aussi de santé morale, d’incarnation, qui lui permettent de refuser la posture et de ne pas se montrer entièrement dupe de toutes les connivences, les malentendus, les travers, les faux-semblants et les déprimantes trivialités, sur lesquels reposent, quoi qu’on fasse, les formes sociales de l’engagement artistique. Il faut lire à cet égard le texte qu’il consacre à raconter, de l’intérieur, l’une de ses lectures dont il met d’ailleurs en lien la captation vidéo. Sans bien sûr qu’on puisse les ramener aux grimaces dont me parlait le grand tableau de Pelez auquel j’ai tout dernièrement tenté de rendre hommage, les « mines », « simulacres » et « cabotinages » divers qu’évoque ici, même au second degré, notre jeune poète ne sont pas sans dire quelque chose d’une certaine misère de notre poésie d’estrade ou de café qui pousse des procédés élaborés depuis longtemps par des auteurs d’envergure – ici par exemple Gherasim Luca – pour amuser des galeries qui finalement n’en ont pas grand-chose à faire. Venues qu’elles sont, pour la plupart, pour un semblant de convivialité.

Dans cette perspective, l’ouvrage d’Emanuel Campo prolonge un peu pour moi ce qu’on peut retenir de certains ouvrages tels que Chasseurs de primes de Joël Bastard ou du Vocaluscrit de Patrick Beurard-Valdoye dont j’ai en leur temps rendu compte. Son caractère salubre vient de ce qu’il ne se paie pas contrairement à bien d’autres d’illusions ou de prétentions excessives. Et surtout, laisse sa place au doute. Ce pourquoi il nous parle et se révèle, au fond, intelligemment humain.

 

Maison et Faut bien manger par Denis Morin

Denis Morin

Note de lecture par Denis Morin sur mes deux ouvrages à la Boucherie littéraire publié sur son blog. Extrait :

« Les textes sont savoureux, débordent d’esprit, traitent du couple, de la famille, de la société, des communications insensées. On sourit devant l’absurdité de l’existence, mais au fait on pourrait se demander si ce ne sont pas les gens qui tombent dans l’absurdité sans s’en rendre compte. À vous de juger. Ces textes valent la peine d’être lus à voix basse dans le transport public, dans le confort du salon ou sur une scène bien éclairée, micro au bec. »

à lire ici en entier.

 

France Inter

Mercredi 24 juillet 2019, des amis plus matinaux que moi ont pu m’entendre dans le 6/9, la matinale de France Inter dans un sujet autour du festival de poésie Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée à Sète. Courte interview et captation de ma lecture par le journaliste Stéphane Capron. Merci à lui. On y entend ensuite une interview d’Antoine Gallardo de la Boucherie littéraire.
La page du site de la radio relaie un extrait vidéo de la création « On est là ! » de Paul Wamo et moi créée et filmée au Centre culturel le C2 à Torcy en 2015.

https://www.franceinter.fr/emissions/le-petit-journal-des-festivals/le-petit-journal-des-festivals-24-juillet-2019
ou écouter le podcast

 

« Faut bien manger » sur Poezibao

Merci à Jean-Pascal Dubost pour sa critique de Faut bien manger publiée dernièrement sur Poezibao. Article à lire ici dans son intégralité.

Emanuel Campo, Faut bien manger, La Boucherie Littéraire
Le titre est une expression parlée, familière, une de celle de la vie courante qui nous amène souvent à tronquer les phrases par rapidité linguistique et pour répondre à la vie vite. Se dit « faut bien manger » par désabusement las et par excuse de ne pouvoir autrement faire. Emanuel Campo, en assez droite hoirie du réalisme carvérien (revendiquée : « Une fois de plus, la lecture/d’un poème de Raymond Carver m’inspire/un recueil entier »), Emanuel Campo a choisi, au contraire cependant de l’auteur des Vitamines du bonheur, a choisi d’en rire jaune par les voies du sarcasme teinté d’auto-dérision, en cela héritant de Richard Brautigan, mais l’absurde anamorphique en moins. Toute situation peut générer une pensée-poème satirique chez ce poète à la fois désinvolte et impertinent, qui laisse aller et parler ses pensées comme elles viennent en les coupant en vers. Cette poésie relève du spoken word, pratique spontanément orale et urbaine de la poésie dans laquelle Emanuel Campo exerce ses talents, avec le courage de ne pas faire dans la dentelle, de n’épargner personne et ne pas verser dans la séduction :

C’est quand j’ai vu
la vieille dame éternuer
au-dessus du buffet
à volonté
que je m’suis dit
« T’as raison. On aurait dû se faire un kebab. »

Profitant de saynettes de la vie quotidienne, il fait rythme, car les poèmes ne sont pas simples transcriptions des observations, et cela est ce qui préserve les poèmes de la banale banalité d’être simplement banals et sans aucune envergure. […] On imagine fort bien certains des longs et très longs poèmes dits sur scène, micro à la main, comme apparemment improvisés, dits de mémoire et en dansant, comme le fait si excellement John Giorno. Emanuel Campo est de cette veine, moins « humaniste » que le géant américain. Il prend cependant le risque de déplaire, ce qu’on attend quelques-fois des poètes, dans leur liberté de parole affranchie du politiquement et socialement correct des temps d’huy. Jean-Pascal Dubost.

Entretien pour lelitteraire.com

Source : lelitteraire.com

Entretien express pour lelitteraire.com à lire ici. Merci à Jean-Paul Gavard-Perret.

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Les responsabilités.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Ils ont muté en matière recy­clable ou en souvenirs.

A quoi avez-vous renoncé ?
Aux grasses matinées.

D’où venez-vous ?
Là, de suite, de chez l’épicier. Sinon de Dijon.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
Je ne sais pas.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
Café, bière, ver­veine, musique au casque.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres poètes ?
Théo­ri­que­ment rien : cha­cun fait ce qu’il a à faire.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?
Mes mains sur un piano.

Et votre pre­mière lec­ture ?
Ce que j’aimais lire enfant ? “Copain des bois” ! Et d’autres livres sur la pêche, la mon­tagne ou l’archéologie. Mais pas beau­coup de lit­té­ra­ture. Je n’aimais pas les histoires.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Du rap essen­tiel­le­ment, amé­ri­cain majo­ri­tai­re­ment, depuis le jour où à douze ou treize ans j’ai entendu pour la pre­mière fois à la radio le mor­ceau “Affir­ma­tive action” de Nas. Je ne me suis jamais remis de l’entrée de la caisse claire dans le cou­plet du rap­peur AZ. La même année, 1996, je me pre­nais dans la tronche l’album The Score des Fugees. C’était fini. On ne se sent plus jamais seul en écou­tant de la musique dont les artistes qui la font s’adressent à toi sans 4e mur en mode moi-je-ici-et-maintenant. Bref, l’autre amour de ma vie, c’est un truc que je n’ai pas vécu, le Vel­vet Under­ground. Et j’ai quand-même une grosse par­tie de mon cer­veau grillé par le rock et la pop : TV on the radio, The Kinks, Eels, Beck, Ramona Cor­dova, Bowie, Adam Green, les pre­miers Strokes ou Arcade Fire…

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Je n’ai pas de livre monu­ment de che­vet de la mort qui tue. Je relis le plus sou­vent les recueils des copains, et ceux de Dan Fante ou d’Aimé Césaire….

Quel film vous fait pleu­rer ?
Je ne m’en sou­viens plus. Ça fait des lustres que je ne me suis pas posé devant un bon film.

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Ben… moi. Sinon c’est pas un miroir, mais une télé. Ou un miroir de film d’épouvante.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Tiens, je n’ai jamais eu ce sen­ti­ment. Per­sonne je crois. Je crois que si on n’ose pas, c’est que ce n’est pas le moment, que la parole n’est pas entiè­re­ment formulée.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
New York.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
Je ne sais pas. Je ne me sens pas proche des artistes dont j’admire le tra­vail. J’ai ten­dance à cher­cher autre chose.

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Du temps, de la tran­quillité et un lec­teur CD avec un adap­ta­teur Bluetooth.

Que défendez-vous ?
Mon assiette.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
Que je ne suis pas qua­li­fié pour répondre.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Que répondre au pif sans connaître la ques­tion est une manière stu­pide de cher­cher les embrouilles.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
Quel est le meilleur album de A Tribe Cal­led Quest : Low end theory, Mid­night marau­ders ou We Got It from Here… Thank You 4 Your Service ?

Entre­tien et pré­sen­ta­tion réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 27 juin 2019.

 

Faut bien Manger sur Poésie chronique ta malle

Patrice Maltaverne, poète, éditeur au Citron Gare, animateur de la revue Traction-Brabant et bloggeur-passeur de poésie, a lu mon recueil Faut bien manger aux éditions la Boucherie littétraire. Sur son très recommandé blog Poésiechroniquetamalle il écrit ceci :

Deuxième recueil publié par Emanuel Campo aux Éditions de « la Boucherie littéraire », dans la collection « Sous le billot », « Faut bien manger », d’Emanuel Campo parle des conditions de vie contemporaine dans la ville, lieu de tous les travaux (j’avais envie d’écrire « travails ») immatériels, rémunérés ou pas.
J’ai éprouvé du plaisir à lire ce livre, car j’y retrouve l’humour de son auteur qui s’emploie à tourner en dérision des choses pas forcément marrantes, comme par exemple le manque d’argent, la laideur du paysage urbain, les choses qu’on s’oblige ou qu’on nous oblige à faire pour gagner sa vie.
Bref, un texte résolument actuel (pas évident en poésie).
J’y retrouve également cette désinvolture dans l’écriture, ce j’men foutisme apparent qui, peut-être ou peut-être pas, dissimule de plus fines blessures.
Chaque poème de « Faut bien manger » me semble être un tout, une île qui se déplace dans une même constellation thématique. Les poèmes sont assez nettement aussi tournés vers l’oralité, voire, vers la performance, ce qui rafraîchit l’écriture poétique, l’assouplit.

Si « Faut bien manger » se compose de tableaux (ou de scènes) différentes, ces tableaux sont musicaux et impliquent un changement de décor (comme dans un ballet).

 

Retrouvez l’article complet avec un extrait choisit ici.

 

 

Faut bien manger sur lelitteraire.com

Merci à Jean-Paul Gavard-Perret de suivre mon travail et d’avoir écrit un article sur mon nouveau recueil Faut bien manger aux éditions la boucherie littéraire pour le compte de lelitteraire.com

Emanuel Campo, Faut bien manger

Le fil à la pâte

Emanuel Campo fait du poème minute son sport de com­bat, sa reli­gion (athée) afin de détruire la bêtise et se perdre dans la folie à la base de toute connais­sance de soi et des autres comme de toute com­mu­ni­ca­tion inter­per­son­nelle dont il fait son métier afin de gagner sa vie. Le poète par­tage avec ses potes ses doutes, ses peur et ses pâtes. Preuve que se battre pour man­ger est une néces­sité vitale : il est aussi impor­tant de battre le bri­quet pen­dant qu’il est chaud afin de man­ger cuites les Lus­tu­cru.
Ici, sur l’étal de la poé­sie, l’auteur nous livre des mor­ceaux de son jour­nal intime par frag­ments, sauts et mésa­ven­tures. Il ne cherche ni la bra­voure, ni la pose. Mais plu­tôt le zéro de conduite. Figu­rant dans un film, il est obligé de s’étendre au pied d’un arbre où il venait d’uriner. Décep­tif, pré­fé­rant au kebab un buf­fet volonté, il ne peut que consta­ter les éter­nue­ments répé­tés d’une vieille dame sur la boustifaille.

La vie est donc sai­sie au ras du réel non dans un musée de cire mais de cir­cons­tances. Quitte par­fois à les minu­ter seconde par seconde lors d’une lec­ture publique d’un de ses textes (écrit, avoue-t-il, en pla­giant Ghé­ra­sim Lucas — mais c’est sans doute moins véri­dique que pour faire un mot d’esprit à son corps dépen­dant).
Campo prouve que l’existence est rare­ment du Sha­kes­peare sauf lorsque l’Anglais dérive dans ses facé­ties. Mais le poète lyon­nais est ici ce qu’il est dans la vie dite active : bate­leur que “les met­teurs en scènes fas­cinent” car “ils invitent les publics à réflé­chir avec eux”. Ce qui semble pour le moins outran­cier sauf à vivre toute l’années les 15 pre­miers jours de Juillet en Avi­gnon. Du moins à ce qu’on dit, le lec­teur de ces lignes n’y fou­tant jamais les pieds.

Mais l’auteur peut lar­ge­ment prendre son cas pour une géné­ra­lité comme par exemple lorsqu’il parle “du métier” sans avoir for­cé­ment expli­ci­ter lequel ou lorsque son corps (j’entends à l’intérieur) est ana­lysé sans par­ci­mo­nie. Il s’agit alors d’en sou­li­gner les ava­nies et fram­boises là où ça se bouche, suinte, miaule, sue, gonfle, gicle, jaillit et j’en passe.
Mais quoi de plus robo­ra­tif. D’autant que choi­sir d’être publié “sur le billot” (titre de la col­lec­tion) de la Bou­che­rie Lit­té­raire demande néces­sai­re­ment de la tripe. L’auteur en pos­sède et la sert avec des spa­ghetti qui, comme le plus simple des repas, mérite  pour être réussi une bonne pâte. Alors qui donc sinon Campo haut roi (1,83 m) de la sauce tomate et de la salsa ?

jean-paul gavard-perret

 

Faut bien manger par Patrick Joquel

Merci à Patrick Joquel, toujours attentif et partageur, qui signe la première note de lecture consacrée à mon nouveau recueil aux éditions la Boucherie littéraire Faut bien manger. Article publié sur son site.

Emanuel Campo, second livre à la Boucherie Littéraire (le précédent : Maison. Poésies domestiques) et tout aussi surprenant. Un livre plein de surprises, de vitalité, de rebonds. Un livre joyeux. Des poèmes à dire à haute voix, normal pour un auteur qui aime la scène. J’espère bien le voir et l’entendre un de ces jours d’ailleurs…
On est à Lyon dans ce livre et la ville vit sa vie de ville tandis que je
retourne à mon travail
qui sans effort
s’abat sur moi

Dans ce lieu de travail on croise des cadres, jeunes et dynamiques, bien affutés pour défendre leur beefsteak même au détriment des autres ou d’eux-mêmes. Des cadres bien en corps et tout en harmonie avec leurs besoins vitaux. Des travailleurs en prise aux soucis quotidiens : transport, trajet, chronomètre et la peur de manquer d’argent…
Et alors ? Tu mangeras des pâtes. C’est bon les pâtes !

et on y croise l’artiste, le poète. Un être moqueur. Moqueur de lui-même, moqueur des autres et du système qui les met en scène, souvent de maigres publics…
Un livre salutaire, qui claque au vent et qui ouvre de nouveaux chemins à cette exploratrice du langage et de l’humain qu’est la poésie.

http://www.patrick-joquel.com/