Un poème qui commence comme une blague mais qui n’est pas une blague

Trois poètes sont invités à un événement de poésie
à lire leurs poèmes. Ils trônent en un rang
de-trois-chaises placées derrière-le-micro-à-l’avant-scène
et passent l’un-après-l’autre-dans-des-sets-de-5-à-10-minutes-chacun.

Il y a comme un ancien ordre qui se déploie
quand l’un d’entre eux se lève pour aller déclamer.
Le pied de micro n’est pas réglé à sa hauteur. Il se débat, seul, contre lui.
Aucun régisseur ne l’aide.

Les deux autres à l’arrière préparent leur corps à écouter. L’un
se relâche et s’affaisse. L’autre
se raidi sur sa chaise, la main sur le menton il tend l’oreille.
Parfois les yeux se ferment, rarement en même temps.
Tout ça sur scène
dans la lumière des projecteurs
derrière celui qui lit
comme s’ils faisaient partie de son show.

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E.C.

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