Hávamál : le plus vieux poème viking

Hávamál, que l’on traduit littéralement par « les dits du très haut » est un recueil d’adages en vers que l’on prête au dieu Odin. Il conseille les mortels sur la conduite à suivre ou sur les moyens de mener une vie prospère. Je n’ai pas trouvé meilleure (re)lecture pour finir l’année. En voici sept extraits :

 

Vigilance

Le meilleur fardeau

à porter en chemin

est un grand bon sens.

Il n’en est de pire

à porter avec soi

que de boire trop de bière.

***

Libations

La cervoise n’a pas

tous les talents

que les hommes lui prêtent.

S’il boit davantage

l’homme ne maîtrise plus

son tempérament.

***

Modération

Les troupeaux savent

quand il faut rentrer

et s’arrêtent de paître.

Mais l’homme ignorant

jamais ne sait

écouter son estomac.

***

Bonheur et modération

Tout homme devrait être

à moitié sage au plus

qu’il ne soit jamais trop sage.

Le cœur du docte

qui s’estime omniscient

est joyeux ben rarement.

***

Voir le bon côté

Doté d’une santé médiocre

tu es loin d’être misérable.

Certains sont riches par leur fils

certains par leur cousinage

certains de par leur richesse

d’aucuns pour leurs actions louables.

***

Compensations

Un boiteux peut chevaucher

un manchot mène un troupeau

un sourd peut manier l’épée.

Mieux vaut être aveugle

que brûlé sur un bûcher

d’aucune ressource est un homme mort.

***

Renommée

Les richesses se perdent

les lignées s’éteignent

et les hommes meurent de même façon.

Mais jamais ne périssent

estime et renom,

la réputation de ceux qui l’ont bonne.

 

– –

extrait de Ce que disaient les Vikings, traduit par Gérard Lemarquis, Gudrun, 1994.

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