Antoine Émaz « Un si long silence »

« Arrêter ? Écrire un poème, c’est commencer, toujours. Donc on n’arrête pas, simplement on ne commence plus. Et ce n’est pas désert mental, dépression sablonneuse, non. Simplement vivre n’accroche plus les mots. Vivre va, les mots vont, mais ça ne s’articule plus.

Avant, le poème allait de soi, quand il allait. Il ne va plus. On doit faire avec cette donne ; la jouer n’est pas le plus difficile ; l’ennui, c’est le temps, la peau de chagrin. »

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« Pas plus d’angoisse de la page blanche que de désir qu’elle se noircisse. Je commence même à pouvoir avouer cet état, sans trop de honte, sans vanité non plus. C’est. Nul besoin de compassion. C’est. »

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« Tu n’as rien à dire, soit. Mais tu dis que tu n’as rien à dire. Donc tu n’es pas vaincu. »

Antoine Émaz, 3 extraits de « Un si long silence » publié dans D’écrire j’arrête, supplément de la revue Triages 2012 aux éditions Tarabuste.

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